L’homme du Jour. Fabrice Makoff du Fight Tel Aviv. Monde des arts martiaux.

By |2018-12-23T09:35:28+03:00décembre 23rd, 2018|Categories: SPORT|
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Parisien au départ, Fabrice Fourment Makoff vit en Israël depuis 3 ans, et enseigne à Fight Tel Aviv. Grand champion de karaté kyokushin ( un style de karaté particulièrement difficile et violent où les coups sont réellement portés), professeur de combat russe et de Krav maga, ne pas connaitre le très médiatique Fabrice Fourment quand on est un pratiquant sérieux d’arts martiaux ou de sports de combats relève de la performance.

Fabrice Makoff a également la spécificité d’avoir été un des très rares Français à avoir connu de l’intérieur les redoutables entrainements japonais. Rencontre avec ce guerrier juif franco-israélien qui a été lui aussi confronté à l’antisémitisme.

Quels ont été tes débuts dans le monde des arts martiaux?

Enfant turbulent, mon père m’a mis au judo à l’âge de 6 ans. J’ai touché un peu à tout pendant ma jeunesse, du karaté Shotokan (un style de karaté différent de celui que Fabrice choisira plus tard) à la voile en passant par le kayak. Cela m’aura quand même permis de developper des habiletés et de devenir plus tard un meilleur pratiquant.

De quand date ta rencontre avec l’art martial qui te fera connaitre?

J’ai commencé le karaté Kyokushin relativement tard. J’avais 21 ans, je venais de terminer mon service militaire français et je voulais me lancer dans la vie active en devenant garde du corps pour des personnalités à l’étranger. La boite de sécurité en question exigeait une ceinture noire, peu importe dans quoi,  que je n’avais pas. Je me suis rappelé connaitre vaguement par ma mère un professeur de karaté Kyokushin, je l’ai donc appelé en lui demandant si je pouvais obtenir une ceinture noire en quelques mois (il rit).  Mon expérience martiale se résumait alors principalement à des combats de rue et des combats sauvages organisés à l’armée. Intelligemment ce professeur de Boulogne-Billancourt m’a répondu «  Bien sûr ça ne devrait pas poser de problèmes mais le mieux c’est que tu viennes essayer » ( il rit à nouveau)

Alors ces débuts?

Je me suis fait éclater. Une heure et demie de transport aller, une heure et demie de transport retour pour me faire éclater. C’était incroyable. Des gens super calmes, un club aux entrainements extrêmement difficiles. Au moment des combats même le petit vieux m’a mis une vraie trempe. Le pire c’est que les gens étaient gentils et humbles. Je quitte la salle honteux et déprimé jusqu’à ce que j’arrive chez moi et que je me dise que c’est exactement ça que je veux être.

Tu as continué dans ce club?

J’y suis resté 15 ans. Je m’y suis entrainé chaque jour avec les 3 heures de transport. Au début je n’avais pas accès au cours des gradés mais j’y allais quand même pour regarder. Mon shihan ( professeur) Jacques Legree était terriblement dur avec moi mais il avait raison, c’était le seul moyen de me dompter.
Cette fameuse ceinture noire que j’espérais obtenir en quelques mois il me l’a donné 10 ans plus tard. Sans doute à cause de l’égo sur-dimensionné que j’avais et aussi justement parce que j’étais le meilleur de par ma fréquentation ultra-assidue du Dojo.

Au delà de ton palmarès tu es également connu pour ton expérience assez unique au Japon.

Bien plus tard mes combats ont été remarqué et j’ai été convié par le Japon à être Uchi Deshi, c’est à dire élève interne. C’est comme un pensionnat où tu t’entraines au karaté Kyokushin littéralement du matin au soir dans la pure tradition et mentalité japonaises. Terriblement difficile au point où les Uchi Deshi ont toujours été rares et que cela n’existe plus aujourd’hui. La première semaine j’ai pleuré comme un bébé tous les soirs, je ne me suis accroché que par fierté. J’ai perdu 18 kilos le premier mois. Ils te cassent pour mieux te reconstruire. Ce n’est pas une expression, dès le deuxième jour j’avais une cote cassée. Je le signifie à mon adversaire japonais pour qu’il évite de frapper à cet endroit. Le combat commence il se précipite pour me frapper précisément la côte. Je pensais être tombé sur une tête de con, le combat se termine, je passe à un autre adversaire auquel je signale également ma fracture. Même scénario. J’ai fini par très bien comprendre le message et j’ai gardé mes faiblesses pour moi. C’était moi le con. Pas de place pour les faibles dans la mentalité japonaise. J’y suis resté de longs mois et d’élève j’y suis devenu instructeur.

Auteur de l’article : Benjamin Goldnadel (Franco-israélien)

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