En Israël, le consommateur se laisse tenter par de fausses soldes qu’il paie au prix fort.

By |2018-12-03T10:23:42+00:00décembre 3rd, 2018|Categories: ECONOMIE|
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Le gouvernement israélien promet de réduire le coût de la vie et notamment le prix des produits alimentaires. Y réussira-t-il ? Certains en doutent. Tous les chiffres le prouvent,  se nourrir en Israël coûte cher, plus cher que dans la plupart des pays occidentaux. Et ce n’est pas seulement la faute à la TVA, aux droits de douane ou à la cashrout.

Voici les dix principaux facteurs de la cherté des produits alimentaires en Israël.

1/ DES POSITIONS DOMINANTES – En Israël, 10 marques s’accaparent 57% du marché de l’agroalimentaire. Dans les pays occidentaux équivalents, les dix plus gros fabricants ne totalisent que 25% du marché local de l’alimentation.

2/ L’ABSENCE DE CONCURRENCE – Les positions dominantes s’accompagnent de monopoles qui dominent certains marchés. Par exemple : Tnuva vend 60% des fromages et produits laitiers, Osem domine le marché des produits secs, Strauss monopolise le café et chocolat, Coca-Cola la boisson, Wissotsky le thé, etc.

3/ UN RÉGULATEUR INEFFICACE – L’État qui fait office de régulateur n’a pas su empêcher la formation des monopoles. En toute impunité, les grandes sociétés ont racheté leurs petits concurrents pour les neutraliser, comme Tnuva qui a absorbé Sunfrost et Tirat-Zvi, Nestlé a fusionné avec Osem et Tivol, Coca Cola a racheté Prigat, Strauss a avalé Elite, et

4/ DES PRODUITS SANS MARQUE DÉLAISSÉS – L’Israélien préfère, et de loin, les produits de marque aux produits libres ou sans marque qui sont pourtant vendus moins chers. Les produits sans marque représentent 10% des ventes en Israël, contre 40% en France et 42% en Allemagne.

5/ LA FORCE DES DISTRIBUTEURS – En Israël, ce sont les grandes chaînes de distribution qui déterminent, en dernière mesure, le prix de vente sur leurs étagères ; si un fabricant demande à abaisser le prix d’un de ses produits pour être plus attractif, il n’est pas certain que le distributeur accèdera à sa demande.

6/ LES FAUSSES SOLDES – Si en Europe, la saison des soldes est programmée un an à l’avance, en Israël les soldes peuvent être décidées d’un jour à l’autre par le distributeur. Les fournisseurs ne peuvent donc pas s’y préparer à l’avance, et ils ne bénéficient pas d’incitations financières pour lancer des soldes. Ce qui explique qu’en Israël, la différence entre le prix normal et le prix soldé est très mince : le consommateur se laisse tenter par de fausses soldes qu’il paie au prix fort.

7/ L’ABSENCE D’UN LOBBY DU CONSOMMATEUR – Malgré les appels au boycott de certains produits chers, les associations de consommateurs n’ont pas en Israël l’influence qu’elles ont ailleurs ; elles sont nombreuses mais elles restent divisées. Un lobby plus uni permettait d’accroître sa force et son impact sur les prix.

8/ LA TVA – En Israël, la TVA de 18% sur tous les produits alimentaires (à l’exception des fruits et légumes) tire les étiquettes vers le haut. En Europe, la TVA moyenne sur les produits alimentaires se situe entre 5 et 10%.

9/ LA CASHROUT – Les services de la cashrout sont souvent désignés comme une composante importante du prix de vente. Leur coût est reporté sur le consommateur, ce qui peut augmenter le prix de quelques dizaines de pourcentage.

10/ LE COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR – Le consommateur israélien est « conservateur » : il ne compare pas les prix et même lorsque les prix sont élevés, il continuera d’acheter. Difficile dans ces conditions de contraindre les commerçants à abaisser les prix. On ne le répètera jamais trop : seul un changement dans le comportement du consommateur pourra forcer les distributeurs à baisser les prix.

Autant de raisons qui expliquent la cherté des prix en Israël. Autant de raisons qui expliquent aussi pourquoi les prix ne baisseront pas de sitôt. Une leçon à méditer pour les dirigeants de l’économie israélienne.

En outre, selon LPHinfo.com,  le ministre des Finances Moché Kahlon et le ministre de l’Agriculture ont signé une directive qui amènera à une baisse des prix au consommateur pour les œufs et les produits laitiers, qui sont déjà subventionnés par l’Etat. Les prix des œufs devraient baisser de 4,6% et ceux des produits laitiers de 3% en moyenne.

par Jacques Bendelac IsraelValley

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