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Un article de Jean Klein pour Israël Valley. Si les Françaises de confession juive sont protégées par les lois de la République et ont pu obtenir leur divorce civil, les Israéliennes de confession juive, elles, sont privées d’un tel recours, car il n’existe pas de mariage civil en Israël et pour qu’une séparation soit effective, il faut que le mari donne le « guett« , ce qu’il n’est pas obligé de faire .

Dès lors que le juge rabbinique a condamné le mari, mais que ce dernier continue de refuser, il se verra alors, à son tour, refuser toute une série de droits : interdiction de sortir du territoire, d’utiliser son permis de conduire ou sa carte de crédit. Et risque même de se faire incarcérer pour « refus de guett ».

Certains récalcitrants ont fléchi, bien plus tôt, sous la pression de leur rabbin par exemple. Ce dernier leur interdisait l’accès à leur synagogue, tant que la femme demandeuse était privée du papier émancipateur.

Ce moyen de pression est fréquemment utilisé en Israël, aussi aux États-Unis. Pas en France. Alors en juin 2018, et pour la première fois en France, des sanctions religieuses ont été prises à l’encontre d’un mari récalcitrant. Jusqu’à la remise du guett, ce grenoblois ne pourra plus participer à la prière synagogale et sera exclu du minyan, le quorum de 10 participants nécessaires à la prière. Nissim Sultan et son collègue et co-signataire le rabbin Meïr Knafo, ont placardé ce décret devant les lieux de culte et l’ont diffusé dans le même temps sur les réseaux sociaux. Avec cette initiative, le rabbinat de Grenoble a frappé un grand coup. Si grand que certains fidèles ont confié à leur rabbin leur incompréhension quant à la méthode. Ni les réserves de ses fidèles, ni les menaces reçues, n’ont fait reculer Nissim Sultan, qui a pu compter sur le soutien du grand rabbin de France, Haïm Korsia, de l’écrivain et philosophe Éliette Abécassis et de la professeure, talmudiste et philologue Liliane Vana.

Source : Marie-Claire & Israël Valley

 

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