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Une semaine après la visite du souverain des Pays-Bas au musée d’Anne Frank à Amsterdam à l’occasion de sa rénovation, la société nationale des chemins de fer néerlandais (NS) vient de s’engager « pour des raisons morales » à indemniser les survivants et les proches de personnes juives déportés  vers les camps de concentration nazis.

« La NS a obéi aux ordres des Allemands de mettre des trains à leur disposition. Les Allemands ont payé pour cela, et la NS devait s’assurer que les trains soient à l’heure », a expliqué à la télévision publique NOS Dirk Mulder, du Centre pour la mémoire de Westerbork, la ville néerlandaise où transitaient les juifs avant d’être transférés dans les camps d’extermination. Anne Frank a notamment transité par Westerbork début août 1944 avant de rejoindre le camp de Bergen-Belsen après avoir été dénoncée puis arrêtée par la Gestapo.

Quelque 107.000 personnes de confession israélite habitant aux Pays-Bas ont ainsi été acheminées vers les camps de la mort d’Auschwitz, Sobibór et Bergen-Belsen. L’entreprise de chemin de fer néerlandaise aurait perçu à l’époque l’équivalent de 2,5 millions d’euros.

« Nous avons décidé que cette période sombre de l’histoire de notre pays et de notre compagnie ne devait pas donner lieu à un procès », a indiqué Roger van Boxtel, directeur général de NS.

Concrètement, l’entreprise ferroviaire a annoncé la mise en place d’une commission afin de déterminer les modalités d’indemnisation sur une base individuelle. Les premiers versements devraient intervenir dans le courant de l’année prochaine.

Depuis la reconnaissance de sa culpabilité en 2005 pour avoir fourni un soutien matériel à la politique d’extermination des juifs par les nazis, la NS avait financièrement participé à plusieurs projets de commémoration de ces atrocités. Comme nombre d’autres entreprises néerlandaises, la NS avait poursuivi ses activités au service des occupants nazis après l’invasion du pays par l’Allemagne en mai 1940.

Source : Les Echos et Israël ValleySource

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