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Dans quels domaines professionnels trouve-t-on aujourd’hui majoritairement les Français qui ont fait leur Alya en Israël? Alors que l’emploi représente l’une des principales difficultés à laquelle se heurtent les nouveaux immigrants, de nombreux Français ont littéralement changé de carrière et de vie, expérimentant un « retour à la case départ » en acceptant de s’ouvrir aux nouvelles perspectives que peut offrir Israël, leur terre promise, pleine d’espoirs.

Selon les chiffres du Consulat, plus de 150.000 Français résideraient actuellement en Israël. Pour certains d’entre eux, l’arrivée en Terre sainte est synonyme de nouvelle aventure, y compris professionnelle. Ils renoncent à la carrière qu’ils avaient en France pour donner naissance à des projets qu’ils n’avaient pas pu réaliser et qui prennent ici tout leur sens.

C’est le cas de Danielle, qui habite à Netanya depuis 6 ans et pour qui la reconversion professionnelle s’est avérée indissociable de l’Alya.

« J’ai toujours travaillé en tant que superviseur de magasins de vêtements mais ici au niveau du travail c’est très difficile, »confie Danielle à I24NEWS.

« Il y a quelques mois, j’ai donc décidé de me reconvertir et j’ai choisi toiletteuse pour chiens car c’est ce qui me plait; j’ai commencé une formation qui coûte très cher mais je n’ai pas le choix, je me vois mal travailler encore des années pour 30 shekels de l’heure », a-t-elle poursuivi.

Selon un sondage réalisé par l’organisme Qualita, 37% des olim francophones en âge de travailler n’ont toujours pas trouvé d’emploi au terme de leur seconde année d’Alya et près de 40% sont obligés de travailler dans un domaine différent du leur.

Des équivalences difficiles à obtenir

Remplis de motivation et de qualifications lorsqu’ils arrivent en Israël, la majorité des Français se retrouve confrontée au problème des équivalences de leur diplôme.

Dans certains cas, leurs métiers sont inexistants en Israël ou non-adaptables au marché du travail et les olims (nouveaux immigrants) n’ont donc pas d’autre solution que de choisir une nouvelle voie. L’alternative à la profession qu’ils exerçaient en France n’est pas toujours satisfaisante mais certains y trouvent parfois une vraie motivation, un challenge voire un accomplissement personnel.

Avocat de métier, Laurent a fait son Alya il y a 5 ans avec sa famille depuis Paris; il raconte à I24NEWS qu’il a dû renoncer à sa carrière pour pouvoir rester en Israël, une chose dont il dit « toujours avoir eu conscience. »

« J’étais avocat généraliste depuis 15 ans, et puis j’ai décidé de faire l’Alya quoi qu’il arrive en laissant tout de côté. Je me suis vite rendu compte que ça n’était pas possible de passer des équivalences parce qu’il fallait un certain niveau d’hébreu, et puis je ne me voyais pas défendre des gens en Israël avec ce niveau que je n’avais pas », a déploré Laurent.

Loin de s’être découragé, il confirme que l’on peut réussir tout en se réorientant; même si au début de l’Alya, cette phase de transition est quasiment obligatoire. En effet, les nouveaux immigrants acceptent souvent des emplois alimentaires le temps d’acquérir un niveau d’hébreu suffisant.

« Je me suis lancé dans l’immobilier car c’est facile de passer le diplôme grâce à une formation payante; mais ça ne me satisfait pas pleinement, donc j’ai repris contact avec quelques clients en France pour lesquels je continue de travailler, » a ajouté Laurent.

Les Français assurent par ailleurs que leur nouvel eldorado leur permet paradoxalement de développer leur créativité et de se découvrir de nouvelles passions, dans une société où le monde du travail est en perpétuelle évolution.

Vanessa, jeune maman, dotée elle aussi d’une formation en droit, avoue être passée par plusieurs activités. Elle déclare qu’Israël lui a permis d’envisager des domaines auxquels elle n’aurait jamais pensé ni accédé en France, car c’est aussi cela, « la magie israélienne », le fait de pouvoir toucher à tout.

« Je rêvais d’être avocate spécialisée dans le droit de la famille mais après mon master j’ai échoué au barreau. Je suis alors venue en Israël pour faire un stage et j’ai travaillé en tant qu’éditrice vidéo pendant 2 ans et demi. Et depuis 1 mois, je suis chargée de recrutement. Je n’aurai jamais songé travailler dans les ressources humaines mais aujourd’hui j’en suis très heureuse », a déclaré Vanessa à I24NEWS.

Les Français, nouveaux atouts du marché israélien

Alors que certains se ruent vers l’Oulpan (cours d’hébreu dispensés gratuitement) dès leur arrivée dans l’espoir de maîtriser en quelques mois les fondamentaux de la langue hébraïque, pour la plupart des Français, les quelques heures de cours par semaine ne suffisent malheureusement pas à leur assurer un travail.

Certains ont alors fait de cette lacune une force pour proposer leurs talents aux Israéliens, et en s’adaptant à leurs besoins.

Source : 24 News (Copyrights)

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