« Nétanyahou n’est pas un fauteur de guerre » pour un chroniqueur du Haaretz.

By |2018-11-21T10:36:46+03:00novembre 21st, 2018|Categories: EDITORIAL|
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Dans les colonnes du quotidien israélien Ha’Aretz, le chroniqueur Gidéon Lévy jugé le plus à gauche de la presse de Tel-Aviv publie un hommage inattendu au “pacifisme” d’un Premier ministre pourtant considéré comme le plus à droite des dirigeants israéliens:

« Rendons à César ce qui est à César : dans la mer de haine qui nous encercle et les critiques croissantes contre Benyamin Nétanyahou, il est permis, voire obligé, de mettre en exergue certains aspects clairvoyants de sa politique. Au grand dam du chœur bruyant de ses ennemis, cette clairvoyance est bien réelle. L’exemple le plus parlant est que Nétanyahou n’est pas un fauteur de guerre.

Et les événements de ces derniers mois l’ont à nouveau démontré. L’ennemi public de la moitié de ce pays est un des Premiers ministres les plus pacifistes que nous ayons jamais eus, avec un bilan d’une seule et unique guerre déclenchée durant ses douze années au pouvoir. Le prédécesseur de Nétanyahou, Ehoud Olmert, a priori un homme de paix, a déclenché pas moins de deux guerres durant ses trois années au pouvoir ».  (Gidéon Lévy traduit par Courrier International)

BIO-EXPRESS. Gideon Levy, né le à Tel-Aviv, est un journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz, identifié avec la gauche.

Gideon Lévy est connu en grande partie pour s’être élevé dans des médias israéliens pour dénoncer la politique israélienne à propos de Gaza et Cisjordanie. Il critique aussi les médias et la société israélienne, selon lui insensibles au sort des habitants des Territoires occupés. Il tient dans Haaretz une chronique hebdomadaire sur des activités de l’armée israélienne sous le titre de « Twilight Zone » soit « zone grise ». Lévy se définit comme un patriote israélien. En tant que journaliste, son journal l’a envoyé en mission à Sarajevo pendant la guerre des Balkans. En 2015, il reçoit le Prix Olof Palme avec le palestinien Mitri Raheb.

Gideon Levy a souvent adopté une position très critique à l’égard du gouvernement de son pays et il est à ce titre particulièrement prisé des médias européens. C’est pour cette raison qu’il est, d’après Ben-Dror Yemini, directeur éditorial du journal Maariv, « sans doute le plus célèbre et le plus invité des journalistes israéliens ».

En Israël, il est régulièrement et violemment critiqué par des opposants qui l’accusent de soutenir les palestiniens. En 2008, Arutz Sheva a signalé que quelques extraits de son article « Caterpillar fashion » comme anti-israéliens. Quelques personnalités comme l’écrivain Avraham Yehoshua, le reporter Roni Danie, ou la romancière Irit Dinur ont décidé d’annuler leurs abonnements à Haaretz après des tribunes publiées par Levy, dénoncées comme violemment « malhonnêtes » par ces derniers. Durant la guerre de l’été 2014 contre le Hamas à Gaza, l’animosité de l’opinion publique israélienne à son égard avait contraint son employeur à lui adjoindre un garde du corps.

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