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Le ministre d’Etat Finian McGrath ainsi que cinquante autres députés et sénateurs ont appelé à mettre « fin à un commerce d’armes bilatéral entre l’Irlande et Israël ». Dans une lettre publiée dans le journal Irish Times , les politiciens soutenus par des membres de Sinn Féin et plusieurs autres partis politiques, ont dénoncé « le fait de tuer quelques 205 manifestants palestiniens, dont 40 enfants, et de blesser plus de 5 000 personnes à balles réelles pendant la Grande Marche du retour à Gaza depuis avril ».

Les sénateurs irlandais ont voté en  juillet l’interdiction des importations de biens et services en provenance de Judée et Samarie. La proposition de loi, votée par 25 sénateurs, contre 20, veut pouvoir engager des poursuites contre toute entité violant cette interdiction. Le texte présenté par une sénatrice indépendante, Frances Black, a reçu le soutien de tous les partis irlandais, à l’exception du Fine Gael au pouvoir.

Le secrétaire général de l’Organisation de libération de Palestine (OLP) Saëb Erekat a salué un vote «historique». « C’est un] geste courageux [qui] envoie un message clair à la communauté internationale et en particulier au reste de l’Union européenne : parler d’une solution à deux Etats n’est pas suffisant sans mesures concrètes», a-t-il ajouté.

Une initiative de boycott d’Israël populiste, dangereuse et extrémiste

Israël a réagi en condamnant ce vote qui vient soutenir une «initiative de boycott d’Israël populiste, dangereuse et extrémiste». Dans un communiqué cité par l’AFP, le ministère israélien des Affaires étrangères affirme en outre envisager «une réponse». Le porte-parole du ministère, Emmanuel Nahshon, a de plus fait savoir que l’ambassadeur d’Irlande en Israël, Alison Kelly, était convoqué au ministère en juillet. La diplomate irlandaise avait déjà été convoquée en janvier pour fournir des clarifications sur le texte, dont l’examen avait finalement été repoussé.

La décision du sénat irlandais est de nature à encourager les partisans du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), qui se targue périodiquement de succès symboliques, comme le refus de certains artistes de se produire en Israël, ce qui provoque un grand retentissement médiatique. Pour sa part, le patronat israélien minimise l’impact économique réel de ces appels au boycott. Néanmoins, Alison Kelly avait déjà souligné, en janvier, que le projet de loi n’était «pas une initiative du mouvement BDS».

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