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Malgré des annonces faites à Paris en présence de nombreux interlocuteurs israéliens, Israël ne fait toujours pas partie du programme de visite de Emmanuel Macron. Question de priorité.
Selon (1) : « Emmanuel Macron se rendra du 11 au 14 février en visite officielle au Liban et en Irak, a-t-on appris de sources diplomatiques françaises et arabes. Il s’agira de son premier déplacement au Levant depuis son élection à la présidence de la république en mai 2017. Le chef de l’État devrait rester deux jours dans chacun de ces deux pays, mais dans un ordre qui n’a pas encore été fixé, Bagdad souhaitant que l’Irak soit choisi comme première destination.

Prévue de longue date, cette visite conjointe a été retardée à cause des crises politiques qui ont paralysé les pouvoirs à Beyrouth et Bagdad. Depuis plus de six mois, le Liban est sans gouvernement, mais les dernières tractations entre factions rivales laissent augurer de la formation, à moyen terme, d’un nouveau cabinet.

L’Irak, en revanche, s’est doté, il y a un mois, d’une nouvelle structure du pouvoir – premier ministre, présidents de la république et du parlement – après quatre mois d’impasse politique, consécutive aux élections législatives du 12 mai. Le nouveau premier ministre, Adel Abdel Mahdi, avec qui Emmanuel Macron s’est entretenu le 20 octobre par téléphone, est francophone, après avoir séjourné pendant plus de trente ans dans l’Hexagone où réside encore son épouse. Lors de cet échange, Macron lui a redit l’engagement français à participer à la reconstruction de l’ancienne Mésopotamie.

La question des djihadistes français emprisonnés

En Irak, la France a participé dans le cadre d’une coalition militaire internationale à la bataille menée par le gouvernement de l’ex-premier ministre Haidar al-Abadi contre l’organisation État islamique, qui ne contrôle plus de territoires, mais garde une réelle capacité de nuisance. Des militaires français restent engagés aux côtés de Bagdad pour éradiquer définitivement la menace djihadiste. À Bagdad, la France souhaite l’inclusion de toutes les forces politiques irakiennes dans le nouveau gouvernement, dont certains ministères n’ont pas encore été attribués. Autre dossier au centre de la relation bilatérale, le sort des djihadistes français et de leurs épouses, emprisonnés en Irak, dont certains ont été condamnés à la peine de mort. Bagdad souhaiterait que Paris les récupère. Mais la France n’y est pas favorable.

Au Liban, Paris plaide pour que Beyrouth reste fidèle à sa politique de «distanciation» vis-à-vis des crises régionales – en clair, pour que certaines formations libanaises, dont le Hezbollah chiite pro iranien, se retirent de Syrie, où elles appuient Bachar el-Assad.

Le dossier de l’aide financière, promise lors de la conférence internationale sur le Liban qui s’est tenue en avril à Paris, sera également à l’ordre du jour. Cette aide reste conditionnée à un certain nombre de réformes que le Liban s’est engagé à entreprendre ».

Georges Malbruno

 

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