Accord Weizman Institute (Israël) et le labo de l’X du prix Nobel Gérard Mourou.

By |2018-10-10T22:58:30+00:00octobre 10th, 2018|Categories: SCIENCES|
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Gérard Mourou a reçu le prix Nobel de physique 2018 avec le physicien américain Arthur Ashkin et la chercheuse canadienne Donna Strickland, pour ses travaux révolutionnaires sur les lasers. Il est le 14ème Français a obtenir le Prix Nobel de Physique. Grand spécialiste de l’optique et des lasers, il s’était déjà vu remettre le prix Charles H. Townes 2009 de The Optical Society of America. Professeur émérite à l’École polytechnique, il a dirigé de 2005 à 2009 le laboratoire d’optique appliquée (1) Polytechnique, CNRS, ENSTA ParisTech, qui a récemment signé un accord de coopération avec Weizmann Institute of Science en Israël dans les domaines de la physique des lasers et de l’optique.

Le 28 Juin 2018 (Source Ambassade) : Deux accords de recherche franco-israéliens, dans les domaines de la physique des lasers et de l’optique, ont été signés le 27 juin 2018 à la Résidence de France par le CNRS, École polytechnique, ENSTA ParisTech, Institut Weizmann des Sciences, l’Université de Tel Aviv et l’Université hébraïque de Jérusalem. Un événement célébré en présence de l’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, et de chercheurs français et israéliens rassemblés pour une conférence sur la physique des lasers organisée dans le cadre de la Saison France-Israël 2018 à l’Institut Weizmann.

A SAVOIR.

(1) Le Laboratoire d’Optique Appliquée (LOA) développe depuis plusieurs décennies des lasers femtosecondes intenses. Le LOA a été un des précurseurs dans l’utilisation des cristaux amplificateurs de saphir dopé au titane, nouvelle génération des lasers ultrabrefs. Depuis 15 ans environ ces lasers sont devenus le standard pour l’obtention d’impulsions femtosecondes de forte intensité crête.

Grâce aux développements importants réalisés par le LOA durant les années 80-90, il a été possible de produire vers 1995 des impulsions lasers d’environ 30 fs de durée et d’énergie de plusieurs Joules. A cette époque, ceci a représenté un bond en intensité de plusieurs ordres de grandeur par rapport aux lasers existants commercialement ou dans les laboratoires de recherche. Ce fût surtout le point de démarrage d’un ensemble de thèmes entièrement nouveaux au LOA, tous liés à l’interaction laser-plasma.

Depuis la fin des années 90 et le début des années 2000, les équipes du laboratoire sont les auteurs principaux de remarquables percées scientifiques publiées dans les revues au plus haut facteur d’impact et ont joué un rôle moteur autour des activités de la science ultrarapide, et plus particulièrement sur les sources de rayonnement et de particules :

  • l’accélération d’électrons par champs laser et la création de faisceaux d’électrons femtosecondes (Nature 2006, Nature 2004, Science 2002)
  • la réalisation du premier laser injecté dans le domaine XUV (Nature 2004)
  • la réalisation de sources X compactes ultrabrèves par laser (Nature 1998)
  • la démonstration que les mouvements des atomes peuvent être filmés à leur échelle de temps caractéristique, c’est à dire femtoseconde (Nature 1997, Nature 2001, Rev.Mod. Phys. 2001)
  • le projet Teramobile et la génération de filaments sur longue distance dans l’air (Science 2003)
  • Les sources de rayons X par diffusion Thomson tout optique (Nature Photonics 2012)
  • Les sources de rayonnement harmonique attosecondes (Nature Physics 2012, Nature photonics 2012)

Ces sources offrent des propriétés uniques: brièveté, intensité, énergie, compacité ; et ouvrent de nouveaux champs de recherche dans des domaines scientifiques multidisciplinaires aussi bien au niveau académique, sociétal ou d’intérêts stratégiques pour la défense.

A titre d’exemples : pousser à des résolutions ultimes l’observation spatio-temporelle de la matière (structures, atomes, électrons, noyaux aux temps ultrabref : 10-12 à 10-18 secondes), nouvelles techniques de protonthérapie et radiothérapie sélective de cancer par laser, chirurgie de l’œil par laser femtoseconde, transfert sans fil de haute intensité de courant électrique, accélérateurs compacts de particules énergétiques, vulnérabilité électromagnétique. Leur très grande simplicité de réalisation offre de plus une très excitante diversité d’expériences pompe-sonde. On pourra par exemple utiliser un faisceau de protons de durée picoseconde pour exciter un échantillon qui sera alors sondé par un faisceau de rayons X.

Sonder des plasmas de fusion thermonucléaire, créer des nouveaux états de la matière et explorer leur caractéristiques, filmer les mouvements ultimes de la structure de la matière pour développer les supraconducteurs haute température ou les médicaments de demain, accéder à la physique des hautes énergies par laser, sont autant d’exemples d’applications qui passionnent les chercheurs du LOA.

 

 

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