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L’an dernier, à l’occasion des 20 ans de la disparition de Barbara, les comédiennes et chanteuses Marie Delmarès et Stéphanie Manus ont créé en France un concert en hommage à cette légende de la chanson française.  En Israël, Léa Mimoun chante Barbara. Un superbe concert à la mémoire de Barbara a eu lieu récemment au Café Bialik, 2 rue Bialik à Tel Aviv. IsraelValley avait invité des amis à ce concert très émouvant. La Chambre de Commerce Israël-France prépare un concert avec Léa Mimoun.

LA PLUS BELLE CHANSON. En 2007, alors qu’elle prépare l’enregistrement d’un premier album en studio, Benny Mar, journaliste au quotidien Haaretz dont elle avait fait la connaissance à l’heure de ses débuts à Tel-Aviv, lui propose d’adapter en hébreu quelques chansons de son répertoire.

C’est ainsi que naîtront une version en hébreu de « Sous le soleil exactement » de Serge Gainsbourg ainsi qu’une adaptation de « Göttingen » qui seront aussitôt enregistrées et figureront sur le premier album de Léa : « Barbara, Gainsbourg, Erroll Garner et… moi ».

La chanson Göttingen (chantée de manière formidable par Léa Mimoun en hébreu) est une chanson de Barbara, sortie sur son album Le Mal de vivre en 1964. La chanson évoque les guerres franco-allemandes qui ont divisé les deux pays et leurs nombreuses victimes dont et surtout les enfants, deuils qui unissent les deux nations. Hymne à l’amitié franco-allemande, la chanson a une portée plus générale et milite pour la paix.

Le , Barbara, qui fut une enfant juive se cachant pendant la Seconde Guerre mondiale pour échapper à l’extermination, se rend sans enthousiasme en Allemagne en réponse à l’invitation de Hans-Günther Klein, directeur du Junges Theater de la ville universitaire de Göttingen. Son premier concert faillit ne pas avoir lieu. Barbara a en effet réclamé un piano à queue, et elle est fort énervée en arrivant sur la scène de découvrir un piano droit. Le concert semble impossible, malgré toutes les tentatives de Hans-Günther Klein. Finalement, grâce à la mobilisation d’étudiants qui réussirent à trouver un piano à queue mis à disposition par une vieille dame, le concert put avoir lieu2. Malgré la réaction initiale de la chanteuse et les deux heures de retard du concert, le public l’ovationne chaleureusement. Agréablement surprise et touchée par l’accueil qu’elle reçoit, Barbara prolonge son séjour d’une semaine. Le dernier soir, elle offre une version initiale de la chanson Göttingen, à la fois chantée et parlée, qu’elle a écrite d’un trait dans les jardins du théâtre.

Dans son autobiographie « Il était un piano noir : Mémoires interrompus », elle écrit : « En Göttingen je découvre la maison des frères Grimm où furent écrits les contes bien connus de notre enfance. C’est dans le petit jardin contigu au théâtre que j’ai gribouillé ‘Göttingen’, le dernier midi de mon séjour. Le dernier soir, tout en m’excusant, j’en ai lu et chanté les paroles sur une musique inachevée. J’ai terminé cette chanson à Paris. Je dois donc cette chanson à l’insistance têtue de Gunther Klein, à dix étudiants, à une vieille dame compatissante, à la blondeur des petits enfants de Göttingen, à un profond désir de réconciliation, mais non d’oubli. » Elle retravaille la chanson de retour à Paris pour en donner la version finale que l’on connait aujourd’hui. En mai 1967, elle est à Hambourg pour l’enregistrer, ainsi que neuf autres titres, adaptés en allemand, pour le 33 tours Barbara singt Barbara et revient chanter à Göttingen le 4 octobre.

LE PLUS. LEA MIMOUN. Lors d’un dernier concert en 2018 : « Après un premier concert qui affichait complet le 21 février dernier, devant un public français et israélien unanime et enthousiaste, Léa Mimoun revient au Café Bialik ce 24 mars pour une nouvelle soirée consacrée aux grands noms de la chanson française : Serge Gainsbourg, Jeanne Moreau, Léo Ferré et bien sûr Barbara. Lors de sa dernière saison à Paris, consacrée au répertoire de la grande dame brune, Léa a reçu un accueil exceptionnel, chaleureux et enthousiaste du public venu nombreux pour partager ces moments de vie et d’émotions. Saluée par Télérama, Le Nouvel Obs ou encore France Culture, Léa Mimoun saura vous charmer avec des images familières mais aussi vous surprendre par ses interprétations originales et justes des grands de la chanson française ».

LA TOMBE DE BARBARA. Après un bref passage au Conservatoire et des tentatives dans les cabarets, elle part à Bruxelles et enregistre son premier album. A son retour à Paris, elle est engagée à l’Ecluse où elle chante Ferré, Mac Orland et Brassens, puis c’est Bobino, l’Olympia, où elle fait connaître ses textes d’auteurs d’une grande sensibilité (Göttingen, l’Aigle noir). Elle jouissait d’un énorme capital sympathie en raison des nombreux combats qu’elle mena car elle était une ardente protectrice des libertés et des minorités : c’est ainsi qu’elle devint une icône gaie. Ces obsèques à Bagneux donnèrent lieu à un très grand rassemblement. Aujourd’hui encore, sa tombe très visitée est l’objet de témoignages d’affection variés. Une boite placée sur sa tombe contient deux gros registres, visibles par les visiteurs, qui contiennent les poèmes, dessins et autres témoignages d’affection que ses fans sont venus déposer.

(https://www.landrucimetieres.fr)

Officiellement, la chanteuse BARBARA est décédée à l’hôpital américain de Neuilly-Sur-Seine, à l’âge de 67 ans, le 24 novembre 1997, des suites d’un « choc toxi-infectieux d’évolution foudroyante » lié à une intoxication alimentaire. ( Sources : « Le Monde » du 26/11/97 ).)

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