Les Etats-Unis et Israël, d’accord pour prendre des sanctions envers l’Irlande.

By |2018-07-15T08:07:02+00:00juillet 15th, 2018|Categories: ECONOMIE|
Partager

Les Etats-Unis et Israël se sont mis d’accord pour prendre des sanctions envers l’Irlande après que le Sénat irlandais ait voté une loi instituant un boycott des produits fabriqués en Judée-Samarie et dans la partie orientale de Jérusalem.

Israël avait déjà prévenu que si le processus législatif n’était pas annulé, des mesures seront prises dans le domaine de la coopération économique et sécuritaire. Parallèlement, les Américains ont eux-aussi menacé Dublin de faire jouer la Loi anti-boycott votée par le Congrès. Cette loi interdit aux entreprises américaines de commercer – sous peine de sanctions – avec des pays qui imposent un boycott à des pays qui ont des relations commerciales avec les Etats-Unis. Mais cette loi visait surtout le boycott d’Israël, qui est d’ailleurs l’une des rares existant au monde.

La députée Sharren Haskel (Likoud) a écrit une lettre au Premier ministre lui demandant de prendre des mesures concrètes contre l’Irlande au cas où le processus législatif se poursuit jusqu’à l’adoption définitive de la loi de boycott. La députée propose notamment la fermeture du département économique au sein de l’ambassade d’Irlande en Israël ainsi que l’interruption de l’aide sécuritaire, notamment dans le domaine du renseignement et de la défense cybernétique, dont l’aide d’Israël aux pays occidentaux est très importante.

Source :  lphinfo.com

LE PLUS. La crise de 2008-2009 a balayé de plein fouet l’économie celtique, les économistes parlant même pour l’Irlande d’une crise financière de 2007-2010. La récession est particulièrement violente avec une contraction du PIB de 3 % en 2008, 7 % en 2009 et 0,4 % en 2010 . Ainsi le taux de chômage était de 14,8 % de la population active en 2012. Les années 2011 et 2012 semblent ouvrir la porte à une légère embellie, avec une hausse du PIB de 0,7 % et 0,5 % (estimation) respectivement. Ce retour à la croissance peut s’expliquer en grande partie par la bonne tenue des exportations (multinationales installées en Irlande), la demande intérieure demeurant faible.

Le déficit budgétaire, à cause de l’effondrement des recettes fiscales et de la hausse des dépenses sociales, explose. Les plans de sauvetage des banques irlandaises coûtent une fortune au gouvernement. Le déficit public annoncé pour 2010 avoisinera 32 % du PIB, ce qui est tout à fait hors normes. La dette publique avoisine les 100 % du PIB.

Les prix à la consommation baissent fortement en 2009. Les prix de l’immobilier s’effondrent. Les pancartes to let (à louer) et for sale (à vendre) fleurissent dans toutes les rues des villes du pays. Nombre de ménages connaissent des défauts de paiements sur leurs crédits immobiliers.

Les activités bancaires et financières qui avaient connu un essor sans égal à Dublin sur les bords de la Liffey dans les années 2000 ont été particulièrement touchées par la crise financière d’octobre 2008, mettant en grandes difficultés les principales banques du pays et obligeant le gouvernement à intervenir en recapitalisant ou nationalisant les établissements financiers et éviter une faillite générale du système. Le coût de ces plans de sauvetage est énorme (près de 20 % du PIB en 2010), expliquant le niveau astronomique du déficit public à 32 % du PIB (à titre de comparaison, la France connait un déficit public de 7,8 % du PIB en 2010).

La délocalisation d’une partie des activités de l’informatique Dell de Limerick vers la Pologne, entraînant la perte de près de 2000 emplois, ce qui est énorme à l’échelle irlandaise, est ressentie comme une catastrophe économique et sociale par l’Irlande tout entière pour cette région qui avait connu une renaissance économique dans les années 2000. L’ampleur de cette crise est inédite.

Les difficultés financières s’accumulant depuis plusieurs mois, le gouvernement de Brian Cowen s’est résigné, sous la pression des dirigeants européens, à accepter l’aide financière du FMI pilotée par l’Union Européenne. Ce « plan de sauvetage » sous la forme d’un emprunt de 85 milliards d’euros au taux de 6,7 %, est largement décrié par la population du fait de son coût prohibitif et du plan d’austérité qui y est associé.

La dette continue néanmoins d’augmenter, passant de 91,2 % du PIB en 2010 à 124,8 % (204,696 milliards d’euros) fin 2013, avec un dernier trimestre de cette même année en récession de 2,3 %. Proportionnellement au nombre d’habitants, l’Irlande est en 2016 le deuxième pays le plus endetté au monde après le Japon.

 

Partager