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JOUR 10. Un article de Dan Assayah. Cet été, nous publions l’histoire d’une famille qui a traversé les années dans des villes très différentes. Meknès, Bel Abbès, Marseille, Lyon, Annecy, Villeurbanne, Grenoble, Paris, Toronto, Tel-Aviv, Ness Ziona, Beersheva, Omer,…

Nous recevons à la rédaction de nombreux commentaires positifs sur cette « saga familiale ». Merci à tous nos lecteurs. Nous sommes depuis quelques jours dans la rubrique « frères ».

INTRODUCTION. L’aspiration de David Ben Gourion était de transformer le Néguev, et sa région, en un havre de prospérité socioéconomique et de paix. Mon frère Robert a voulu participer à cette aventure historique de l’Etat d’Israël. Il l’a fait, et continuera a le faire pour longtemps…

Il fallait être fou comme Robert pour croire que Beershéva allait passer de 1984 à 2018, d’une ville bien pauvre à une ville hightech assez riche et bien ancrée dans le futur. Cette ville avait en 1984, date du « débarquement » de Robert à Beershéva, une gestion municipale déplorable. La corruption avait gangrénée cette capitale du désert de +100 000 habitants en 1984.

Selon un blog : « La plupart des Israéliens persistaient à considérer le Néguev comme la périphérie rurale. Des décennies de sous-développement et de promesses non tenues d’investissements dans cette région aride, qui compte près des deux tiers de la surface du pays, mais seulement 8 % de sa population ».

Personne n’aurait pu penser que cette ville (+210 000 habitants en 2018) dédaignée par les élites de Tel-Aviv, allait être citée un jour comme exemplaire. Mon frère Robert a des étincelles plein les yeux et a eu un immense courage dès son arrivée dans l’Etat hébreu. Il les a toujours.

Au départ Robert démarre son parcours au Merkaz Klita de Beersheva (Le centre d’intégration). L’Agence Juive le décrit de la manière suivante : « Il est situé au coeur de Beer-Shéva, à proximité d’un centre commercial comportant des cafés, des banques, un bureau de poste et de nombreux commerces. Il est également proche des écoles municipales générales et religieuses. Outre le logement, le Merkaz Klita dispose de classes d’Oulpan (cours d’hébreu pour immigrants), d’une salle de télévision, d’une salle d’ordinateurs et d’un club pour adultes et enfants. Des immigrants de 28 pays résident dans le Merkaz Klita ».

DELIRES. Grâce à son enthousiasme, il a convaincu, dès les années 1985, bien des visiteurs que cette ville était bien le lieu du rêve de David Ben Gourion. Il le fait toujours.

Robert explique à des hordes de juifs de France qui passent par cette ville « en courant » que leur futur peut être, ici, à Beershéva.

Une description de cette ville en 2018 : « Beersheva est en train de devenir la Silicon Valley du pays. Nombre des plus grandes compagnies mondiales de Recherche et Développement en haute technologie y ont déjà installé leurs principaux cyber-centres et pôles d’investissement, par anticipation. Des multinationales se sont déplacées au Parc de Technologies Avancées de Gav-Yam Negev, qui fonctionne avec l’université BGU ».

Robert est toujours un sioniste militant. Déjà, durant ses années d’études dentaires à Lyon, il était présent pour la cause d’Israël. Hyper-actif. Sa manière de voir et d’agir a toujours été « pure et dure ». Directe et efficace. Difficile de résister à sa fougue. Un personnage de roman. Impatient face aux indécis. Téméraire. Jusqu’au-boutiste.

Un entrepreneur « naturel » qui ne se démonte pas face aux concurrents professionnels qui tentent de porter des coups sous la ceinture. Entouré d’une garde rapprochée d’avocats de rang « A » il n’hésite jamais a se défendre avec talent. Son Alyah a ressemblé à un moment donné à un combat sans fin. Un jour la victoire à sonné.

POLITIQUE. Tout d’abord c’est Itshak Rabin qui lui fait confiance. Son périple avec ce leader israélien de premier plan est impossible à raconter. Grâce à des actions « spéciales » il devient vite un véritable héros dans un milieu fermé. Salué par les Autorités de l’Etat. Son combat, son secret,  l’a marqué à vie. Une poignée d’hommes connaissent ses exploits. Un jour peut-être un CD Rom apparaîtra et donnera des détails sur sa vie… Des hommes politiques de talent ont été en contact avec Robert. Ils le sont toujours. Aucun d’eux n’a été à la hauteur de Itshak Rabin.

FIDELITE. Robert est né à Meknès au Maroc. Il n’a jamais oublié cette ville inspirante. Les odeurs et les sons du Maghreb ne l’ont jamais quitté. C’est lui qui a organisé la venue des corps de ma mère et de mon père en Israël. Sa manière d’agir a été étonnante. Celle d ‘un Général en Chef qui prend des décisions au millimètre. Gardien de la fidélité aux coutumes familiales il a écrit le premier livre historique de ma famille. Il continue dans cette voie.

La ville de Lyon, jumelée avec Beershéva, connait Robert car il a joué un rôle actif pendant bien longtemps. Lyon et Beershéva sont liées depuis 1981 par un accord de jumelage. En 2003, un programme de coopération pour développer des actions culturelles et sportives a été signé.

En 2004, Lyon a organisé et accueilli la Conférence internationale des maires pour la paix au Proche-Orient. Cette rencontre, qui envisageait des coopérations tripartites entre Jéricho, Beer-Sheva et Lyon, a débouché sur un travail entre branches professionnelles palestiniennes, israéliennes et européennes.

En 2004, des représentants du Conseil municipal des jeunes de Beersheva ont eu l’occasion de rencontrer leurs homologues à Lyon pour mettre en place un programme d’échange portant sur l’éducation à l’environnement, et plus spécifiquement sur la thématique de l’eau.

Conseiller de plusieurs Ministres de la Santé, Robert a eu l’occasion de rencontrer Simone Veil dans des circonstances exceptionnelles (signature d’un accord historique de dons d’organes).

Un article publié récemment : « Juive de coeur et soutien permanent à Israël et au sionisme, Simone Veil est décédée à 89 ans. En Israël une grande tristesse touche les franco-israéliens qui l’ont connu. Très peu de personnes le savent. Elle avait signé lors de son passage au Ministère de la santé un accord franco-israélien de dons d’organes. En effet Israël manquait cruellement de donneurs. Cet accord réel mais appliqué avec une très grande discrétion aura permis à de nombreux Israéliens de rester en vie ».

Robert est proche des différents Maires de Beershéva. Son attitude est toujours été celle de « l’homme impliqué ». A la télévision il est suivi par des milliers de fans qui adorent sa verve et son sens de l’humour. « Sans peur et sans reproche » cela pourrait être sa devise. Toujours positif malgré les tuiles de la vie il reste incroyablement jeune. A t-il des plans d’action pour le futur? Certainement. Il n’arrête jamais. Bâtisseur des temps modernes.

ENCADRE. La Ville de beersheva.

(1) VILLE CYBER EN 2018. « David Ben Gourion, père fondateur d’Israël, voulait faire fleurir le désert du Néguev (sud). Ce rêve est en train de prendre une forme contemporaine avec l’éclosion d’une capitale de la cybersécurité à Beer-Sheva. En quelques années, cette cité de 200.000 habitants, a connu une mue spectaculaire. Refuge d’une population pauvre et ouvrière, souvent d’origine séfarade (juifs orientaux), Beer-Sheva avait du mal à faire le poids par rapport à la moderne Tel-Aviv. Mais aujourd’hui, la ville connaît une gentrification accélérée, avec des quartiers de villas des classes moyennes s’étendant à perte de vue. A l’origine de cette transformation, l’ambition de devenir la capitale de la cybersécurité, un secteur où Israël est considéré comme l’un des pays les plus en pointe dans le monde.

La capitale du Néguev, vaste étendue désertique au sud d’Israël, est ainsi devenue une pépinière de talents informatiques et les « jeunes pousses » (start-up) spécialisées dans la cybersécurité y ont fleuri et pris racine. Ces start-up, ainsi qu’une kyrielle d’entreprises israéliennes et étrangères comme Lockheed Martin, Deutsche Telekom, Oracle ou IBM se sont installées dans deux complexes ultra-modernes bâtis dans le parc industriel CyberSpark. 1.500 techniciens, ingénieurs et chercheurs spécialisés en cybersécurité y travaillent déjà. Nombre d’entre eux ont été formés au département des sciences de l’informatique de l’université locale Ben Gourion. Symboles de la symbiose entre l’université et l’entreprise, deux ponts piétonniers partant de la gare relient le campus et le CyberSpark.

« Nous avons établi un écosystème idéal avec une intégration entre des entreprises israéliennes, des multinationales étrangères, l’université et des bases de l’armée israélienne spécialisées dans la cybersécurité, qui vont déménager de la région de Tel-Aviv à Beer-Sheva », se félicite Tom Ahi Dror, chef du projet CyberSpark au Cyberbureau national israélien.

« Ces éléments sont disponibles dans un rayon de 100 mètres, ce qui permet une interaction physique entre les responsables de la sécurité, de l’université et de l’industrie, israéliens et étrangers. Ils se rencontrent, ils se parlent, ils créent ensemble », s’est félicité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la conférence CyberTech à Tel-Aviv ». (Source : Le Point.)

Beer-Sheva est une ville du district sud d’Israël . Beer-Sheva est le centre administratif pour le sud d’Israël. Du fait de sa position géographique centrale et ses gares de trains et de cars, c’est aussi une plate-forme importante pour les transports interurbains du pays. La ville accueille l’Université Ben-Gourion du Néguev, l’hôpital Soroka et l’orchestre Israeli Sinfonietta of Be’er Sheva. La ville s’est considérablement développée depuis la fondation de l’État d’Israël en 1948. De nos jours, la ville est majoritairement peuplée par des Juifs ayant émigré des pays arabes, d’Éthiopie et de l’ex-Union soviétique. Beer-Sheva est entourée de villes-satellites : Omer, Lehavim et Meitar, qui sont des villes majoritairement juives, et Rahat, Tel Sheva et Lakiya, à majorité arabe.

C’est aujourd’hui la plus grande des villes de développement. A la différence des autres villes nouvelles Beersheba a connu une forte croissance démographique et sa situation économique s’est améliorée notamment grâce à des investissements étatiques et à l’implantation d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies.Au cours des années 1950, Beer-Sheva se développe vers le nord. L’hôpital Soroka ouvre ses portes en 1960, et l’Université du Néguev, renommée ultérieurement « Université Ben-Gourion du Néguev », est créée en 1970. En 1973, c’est au tour du Théâtre de Beer-Sheva.

En 1979, le président égyptien Anouar el-Sadate gratifia la ville d’une visite officielle. Au cours des années 1990, un important afflux d’immigrants induit une importante augmentation de la population et de la taille de Beer-Sheva. Les relations entre Juifs et Arabes palestiniens y étaient particulièrement bonnes, notamment avec les nombreux Bédouins habitant la région et travaillant à Beer-Sheva. Cependant, la situation s’est dégradée suite aux attentats suicides du , au cours desquels 16 personnes ont été tuées dans deux bus. Ces attentats ont été revendiqués par le Hamas. Le , un autre kamikaze a attaqué la gare routière centrale, en blessant sérieusement deux gardes de la sécurité.

Rubik Danilovitch est le maire actuel de Beer-Sheva. Depuis 2005, la principale préoccupation a concerné le développement des parcs et des infrastructures. Un nouveau centre pour la jeunesse a ouvert en 2005, et un nouveau centre culturel est prévu pour 2007. Des quartiers de la vieille ville ont été réhabilités et, après des années de restrictions budgétaires, la municipalité a à nouveau présenté un budget équilibré.

 

 

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