Amos Genish, un israélien qui émerge dans le monde des télécoms.

By |2018-05-09T06:42:17+00:00mai 9th, 2018|Categories: HIGH-TECH|
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A la tête de l’opérateur depuis septembre, Amos Genish, le dirigeant israélien a la confiance de Vivendi et celle d’Elliott. Dans la bataille pour le contrôle de Telecom Italia, Vivendi et le fonds Elliott étaient d’accord sur peu de chose, sauf sur… Amos Genish, le patron placé en septembre par Vivendi à la tête de l’opérateur, que chacun assurait de son soutien.
Après la victoire d’Elliott, l’intéressé n’aurait pas encore décidé s’il restait,  selon le « Financial Times » , et demanderait le soutien unanime du nouveau conseil lors du vote d e lundi.Une chose est sûre, si le patron de cinquante-sept ans peut ainsi jouer la diva, c’est qu’il s’agit d’une pointure. Un grand patron des télécoms avec un solide bagage d’entrepreneur.

Un capitaine dans la jungle

Car Amos Genish est parti de zéro. En 2014,  le quotidien israélien « Haaretz » rappelait que, né dans une famille pauvre de 12 enfants de Netanya, au nord de Tel-Aviv, le jeune homme avait été repéré adolescent pour étudier dans une prestigieuse institution de Jérusalem, avant de participer, comme capitaine d’artillerie de Tsahal, à la guerre du Liban.

Reconverti dans les affaires, l’ancien militaire fait la navette avec les Etats-Unis. Mais c’est en Amériq ue du Sud  qu’il va se distinguer. A la fin des années 1990, il participe à la création de Global Village Telecom (GVT).L’idée des Israéliens est de créer un réseau téléphonique par satellite pour les villages reculés du sous-continent. Ils lèvent 50 millions de dollars et Amos Genish part arpenter la jungle au Chili, au Pérou et en Colombie.
Epopée brésilienne

En 1999, une belle opportunité se dessine au Brésil, quand l’ex-monopole d’Etat est privatisé et séparé en quatre. GVT remporte une part du gâteau, en s’endettant copieusement. Une stratégie risquée. Peu après, la bulle Internet éclate. Les entreprises étrangères, dont France Télécom, fuient le Brésil. Mais GVT s’accroche.

La suite lui donnera raison. En 2007, Amos Genish introduit l’entreprise en Bourse au Brésil. Deux ans plus tard, il la revend à Vivendi pour 5 milliards de dollars, tout en restant aux manettes.
Lorsque Vincent Bolloré prend les rênes du conglomérat tricolore à l’été 2014, le patron français décide de vendre à son tour. L’homme d’affaires observe alors la maestria avec laquelle Amos Genish négocie la reprise de GVT par Telefónica pour 9 milliards de dollars. Le groupe espagnol, qui opère au Brésil sous la marque Vivo et veut consolider le marché, se choisit alors pour patron sur place… Amos Genish.

Perle rare

Trois ans plus tard, ce manager réputé dur mais qui a conforté la première place de Vivo sur le marché brésilien quitte Telefónica. Un départ qui intervient dans la f oulée d’une  nébuleuse histoire de licenciement abusif et de diffamation de la directrice marketing du groupe. Mais Amos Genish est aussitôt embauché par Vincent Bolloré, qui en fait, en juillet dernier, le directeur de la convergence de Vivendi, peu avant de le placer à la tête de Telecom Italia.Il faut dire que l’opérateur italien est également numéro deux… au Brésil. Une raison de plus, pour Elliott comme pour Vivendi, de voir en Amos Genish la perle rare.

Sébastien Dumoulin

www.lesechos.fr
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