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Spécial IsraelValley. Dan Assayah à Tel-Aviv. Dans le flot d’informations autour du problème des réfugiés africains en Israël, le silence de la France n’a étonné personne.

La France, n’a pas envie de s’impliquer dans ce dossier explosif. En fait, même si on donnait un droit d’asile aux Soudanais et Erythréens en France, ces derniers n’ont aucune envie de venir dans l’Hexagone.

Cette semaine nous avons interrogé des réfugiés africains « allongés » au soleil sur les pelouses  et parkings proches de la gare Centrale de Tel-Aviv. Ceux-ci, très bien informés sur la législation française par leurs leaders, ne voulaient pas entendre parler de la France.

Nous avons réalisé un microtrottoir, qui est une technique journalistique qui consiste à interroger des personnes ciblées, le plus souvent dans la rue, pour leur poser une question et collecter leur opinion spontanée sur un sujet. La question est toujours la même pour chaque personne interrogée.

Selon certains jeunes africains interrogés (certains parlent très bien l’hébreu) : « Israël, est potentiellement bien plus accueillant que la France. Des jobs existent pour nous en Israël, pas en France. Nous risquons d’être beaucoup plus rapidement expulsés de ce pays. La Cour Suprême d’Israël est à nos côtés ».

A SAVOIR. Correspondant de RFI à Jérusalem, Guilhem Delteil : « C’est un revirement total de Benyamin Netanyahu en moins de 24 heures. Lundi, le Premier ministre israélien avait annoncé la conclusion d’un accord avec le HCR, le Haut commissariat de l’ONU pour les Réfugiés, sur le sort des près de 40 000 Erythréens et Soudanais entrés illégalement en Israël.

Un peu plus de 16 000 devaient être réinstallés dans des pays occidentaux et au moins autant devaient recevoir le statut de réfugié en Israël. Mais sous le feu des critiques d’une partie de sa coalition, il a décidé dans la soirée de suspendre cet accord.

Et le mardi matin, après avoir reçu des représentants d’organisations réclamant l’expulsion de cette population étrangère, Benyamin Netanyahu a décidé d’annuler purement et simplement cet accord.

C’était déjà sous le feu des critiques de l’aile la plus à droite de son gouvernement – y compris de membres de son propre parti – que Benyamin Netanyahu avait décidé hier soir de suspendre cet accord, à peine plus de six heures après l’avoir annoncé. Et c’est encore sous la pression de ces mêmes partenaires de coalition qu’il a décidé d’annuler entièrement ce compromis négocié avec le HCR. Ce mardi matin, le ministre de l’Education, chef du parti nationaliste religieux Le Foyer Juif, réclamait l’abandon total de ce projet.

Après une rencontre avec les représentants des résidents du Sud de Tel Aviv opposés à la présence des Erythréens et Soudanais dans leurs quartiers, le Premier ministre a finalement cédé totalement à ces revendications. Lui qui est mis en cause dans plusieurs affaires de corruption et qui risque une mise en examen est affaibli politiquement. Il ne peut se permettre de froisser une partie de son électorat ».

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