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Israël a annulé lundi un projet controversé d’expulsion de migrants africains et signé un accord avec l’ONU pour la réinstallation d’une partie d’entre eux dans des pays occidentaux.

Le Monde : « Le gouvernement israélien a annoncé avoir conclu un accord avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés concernant des milliers d’Africains entrés illégalement en Israël ces dernières années.

Le projet prévoit « le départ d’au moins 16 250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l’Etat d’Israël réglera le statut de ceux qui resteront sur place », selon le communiqué du premier ministre. Parmi les destinations évoquées figurent « des pays développés comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ».

Des milliers de migrants africains devraient obtenir un statut leur permettant de légaliser leur situation en restant en Israël pendant au moins cinq années supplémentaires, précise le communiqué. « L’accord que nous avons signé établit que pour chaque migrant qui quitte le pays, nous nous engageons à donner le statut de résident temporaire à un autre », a affirmé M. Nétanyahou.

Environ 64 000 migrants africains sont entrés illégalement entre 2007 et 2012 sur le territoire israélien et se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel-Aviv. 42 000 d’entre eux se trouvent toujours sur le territoire, selon le ministère de l’intérieur israélien. Majoritairement Erythréens et Soudanais, ils sont passés pour la plupart par le Sinaï égyptien. La frontière, à l’époque poreuse avec l’Egypte, a depuis été rendue quasiment hermétique avec la construction d’une clôture de sécurité.

Début janvier, Benyamin Nétanyahou avait posé un ultimatum à la moitié d’entre eux – les femmes et les enfants n’étant pas concernés : partir d’ici à début avril dans leur pays d’origine ou dans un pays tiers, ou aller en prison indéfiniment. Le gouvernement proposait 3 500 dollars et un billet d’avion pour gagner un pays africain jugé « sûr ». Selon les médias israéliens, il s’agissait du Rwanda. Ce plan, suspendu par la Cour suprême israélienne, a suscité de nombreuses critiques, notamment des organisations de défense des droits de l’homme et du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU mais aussi, en Israël même, de certains survivants de la Shoah. M. Nétanyahou a précisé lundi que le budget prévu pour le plan précédent serait utilisé à la fois pour développer les quartiers pauvres du sud de Tel-Aviv et pour disperser les migrants à travers le pays ». (Source : http://www.lemonde.fr)

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