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Même si le projet de service national annoncé par Emmanuel Macron ne semble pas encore entièrement défini, i24News nous apprend que des députés de la République en Marche (LREM) se sont déjà rendus à Jérusalem fin Octobre pour discuter et s’inspirer du service militaire obligatoire pour tous les citoyens de l’Etat Hébreu.

La rencontre qui de l’aveu même des participants a été très constructive, a eu lieu à la Knesset, le Parlement israélien. Le Parti au pouvoir en France a envoyé deux de ses nouveaux visages, Aurore Bergé (Députée des Yvelines) et Sylvain Maillard (Député de Paris) dans le cadre d’une visite officielle pour aborder des sujets aussi divers que l’innovation, la culture et la lutte contre le terrorisme.

Sharren Haskel, députée Likoud, a expliqué à i24News « qu’au cours du dialogue ils nous ont dit qu’ils comptaient restaurer le service militaire en France et nous ont demandé des conseils sur la base de notre propre expérience. »

A l’époque de cette rencontre, l’idée du service national n’était encore qu’une proposition de campagne du Président Macron et n’était pas portée publiquement par le pouvoir comme ces derniers jours. A ce titre, encore aujourd’hui le projet donne lieu à quelques cafouillages de l’exécutif qui semble hésiter ses modalités d’application. Dernièrement, ce service militaire réhabilité a été présenté comme étant prévu pour être obligatoire. Sa durée, en revanche, n’a pas encore été clairement fixée.

Sharren Haskel a ajouté « Je n’étais pas surprise. J’ai beaucoup de famille en France je connais la situation là-bas. »

« Ils étaient particulièrement intéressés par la question du brassage des cultures », explique l’élue. « Il est clair que la France aujourd’hui est très divisée. Le pays traverse une période difficile. Nous leur avons expliqué qu’ici en Israël le service militaire permet de rassembler toutes les couches de la population, peu importe leurs religions, leurs différences culturelles ou sociales. Ils semblaient vraiment passionnés par ce point », précise-t-elle. « Ils nous ont aussi posé des questions sur l’intégration des immigrés. Il est connu que Tsahal est un moteur d’intégration pour les migrants du monde entier en Israël. Je crois qu’étant donné les difficultés que connaît la France face à l’immigration, ils ont compris que le cas israélien peut leur servir d’exemple à suivre », poursuit Haskel.

Les épineuses questions de l’identité et du patriotisme ont aussi fait irruption dans les discussions : « En France le sentiment d’appartenance nationale est bien moins ressenti qu’ici. Il ne s’agit pas de nationalisme violent, ces députés veulent simplement restaurer un sentiment de fierté d’être français, que les gens n’aient plus honte de dire ‘je suis français’ », précise-t-elle.

Mais ce service national, s’il est mis en place, ne se fera qu’au prix de certains sacrifices. Les députés français ont fait part à leurs hôtes des limites auxquelles le projet aura à faire face. Sharren Haskel explique : « Ils nous ont dit que pour des raisons budgétaires la France ne pourra pas se permettre d’imposer un service long, ils envisagent un enrôlement de quelques semaines. Mais ça ne suffira pas. Je leur ai dit que pour que ça marche il faudra établir un service d’au moins un an et surtout être patients pour en voir les résultats, c’est un long processus. La France doit décider quelles sont ses priorités sociales et budgétaires. »

Israël qui fait figure d’exemple dans le domaine de la technologie, de la recherche ou de la lutte contre le terrorisme semble aussi être un modèle d’intégration par l’armée. En tout cas pour la République Française.

 

Source : i24News

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