Oct 29

ISRAELVALLEY - PHOTOGRAPHIE SOCIALE REPRÉSENTATIVE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE EN ISRAËL. Analyse descriptif des organisations et des groupements d’intérêts qui l’animent.

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IsraelValley Desk | Économie

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Objectifs spécifiques de la recherche sur la population franco-israélienne: (1) Le premier objectif consistait à identifier et à décrire les caractères de la population originaire de France en Israël. Cette description s’est appuyée sur un échantillonnage effectué parmi les personnes figurant dans les registres consulaires et résidant dans un échantillon de localités petinentes. Cette méthode a été complétée par la technique dite de « boule de neige » qui permet d’identifier des ressortissants français non enregistrés. La mise en évidence des caractéristiques sociales et démographiques de cette population découle de l’analyse statistique de ces deux groupes.

(2) Le deuxième objectif consistait en une enquête d’opinion (sondage par questionnaire) du même échantillon représentatif, se focalisant sur les choix identitaires des sujets, leurs appartenances sociales et culturelles ainsi que sur certains aspects essentiels de leur expérience migratoire. Des questions sur la dynamique communautaire en général, sur leur rapport tant au pays d’origine qu’au pays d’accueil furent de ce point de vue des composantes importantes du questionnaire.

(3) Un troisième objectif visait les associations et organisations actives dans la population qui nous intéresse. Il s’agissait de procéder à un classement systématique en choisissant parmi la multitude de groupements un échantillon de ceux qui jouent un rôle significatif. Ce pan de l’enquête devait s’articuler autour d’interviews semi structurées conduites auprès de personnalités actives soit par leurs fonctions soit par leur implication. Ces interviews devaient affiner le travail de définition des publics, d’identification des orientations et de mesure de l’impact de ces organismes. Un travail de réflexion et d’élaboration de stratégie devrait suivre cette investigation. Il découlera des constats de l’enquête, tout en évaluant l’impact des résultats de l’enquête sur les modes de structuration possibles de la population concernée.

Ce travail tient compte d’un fait incontournable : l’accroissement relatif du nombre d’immigrants français ces dernières années qui, en se regroupant souvent dans certaines localités, jouissent d’une visibilité publique nouvelle. Ces circonstances conjoncturelles incitent à se pencher de manière nouvelle et systématique sur la présence, l’évolution et l’organisation des Israéliens francophones, originaires de France, en tant que composante singulière de la société israélienne. L’investigation que nous présentons ici est d’autant plus pertinente que notre époque est marquée par une multiplication à travers le monde de ce que les chercheurs appellent désormais des diasporas transnationales – mouvements migratoires – qui tendent à amplifier l’expression des « communautés », souvent intimement reliées à leurs pays d’origine tout en s’insérant, selon des modalités nouvelles, dans les sociétés d’accueil. Le contexte israélien actuel est particulièrement sensible à cette évolution – cette société étant depuis deux ou trois décennies de plus en plus traversée par les manifestations de diverses communautés socioculturelles. Ainsi se trouve dessiné le contexte de cette recherche, focalisé sur la population des ressortissants français d’Israël (les franco-israéliens) qui rejoint la société israélienne au cours des années.

La population décrite ici ne comprend que les ressortissants français et leurs enfants qui, bien que français ne connaissent pas toujours la langue française. Cette recherche ne comprend donc pas, à ce stade, les francophones non français. Le caractère aléatoire de l’échantillon des personnes interrogées permet de circonscrire un groupe suffisamment représentatif de l’ensemble de la population. Des données obtenues par sondage seront ultérieurement l’objet d’analyses statistiques qui expliciteront les choix identitaires, les appartenances sociales et culturelles ainsi que les aspects essentiels de l’expérience migratoire. L’enquête qui a suivi le sondage auprès des associations et organisations approfondit notre connaissance des phénomènes pertinents touchant aux enjeux tant sociaux que plus proprement « communautaires ». Elle montre le rôle du patrimoine linguistique, non seulement en tant qu’expression identitaire et collective, mais aussi canal de transmission transnationale dans un contexte « multiculturel ». Enfin une analyse des sites internet à l’intention de la population investiguée complète notre travail.

Les instruments de la recherche Notre échantillon compte 867 personnes, sélectionnées de manière aléatoire à partir des listes de ressortissants français enregistrés dans les consulats de France en Israël. En outre, un certain nombre de personnes ont été interviewées lors de leur passage dans les bureaux du consulat à Tel-Aviv – personnes qui n’étaient pas toujours formellement enregistrées. Les questions factuelles du sondage ont déjà permis de brosser un tableau général de la population investiguée. Le sondage lui-même a cerné les identités, les attitudes et les comportements des sujets, proposant des corrélations entre les attributs contextuels tels l’ancienneté, la religiosité, le caractère plus ou moins lointain de l’émigration, l’instruction, l’âge et le lieu de résidence.

Dans un second temps, nous avons également sondé des associations se revendiquant représentatives de la population franco-israélienne. Le nombre de ces associations est très élevé, de l’ordre de plusieurs centaines, c’est pourquoi nous n’avons retenu que celles dont l’action est la plus visible. Selon les buts de ces associations, nous les avons classées en référence à plusieurs pôles : le social et l’humanitaire : il s’agit souvent d’aide à l’insertion ; le pôle groupe d’intérêts ; les activités communautaires et culturelles ; le pôle de la représentation des français israéliens en tant que public distinct. Dans un troisième temps, nous avons également procédé à l’analyse de ces nouveaux vecteurs de communication que sont les sites internet, qui traversent la population-cible et contribuent dans un même mouvement à la configurer. Nous avons classé ces sites en sites d’information sur Israël et la région, et en sites culturels, religieux et ethniques. Nous présentons ci-dessous un résumé de ce travail dans ses grandes lignes.

Notre échantillon montre que près de la moitié des Français de ce pays sont nés en Israël ou sont arrivés avant l’âge de 8 ans et que, d’autre part, un bon quart des sujets est arrivé après l’âge de 8 ans et y réside depuis moins de 20 ans – le reste étant composé de ceux qui sont ici depuis plus de 20 et sont arrivés, eux aussi après l’âge de 8 ans. Les franco-israéliens comptent un bon tiers de personnes « jeunes » (âgées de moins de 40 ans) et presque le même nombre de personnes âgées de plus de 60 ans. Cette population est majoritairement constituée de personnes issues des classes moyennes pour la plupart, en majorité religieuses ou, pour le moins, respectueuses des traditions. Cette population est dispersée dans le pays, mais plus d’un tiers vit dans des quartiers ou des localités qui comptent de nombreux – ou tout au moins un nombre non négligeable – de franco-israéliens. Nous notons donc tout de suite une tendance communautaire. Cette population est hétérogène par ces origines – que les origines invoquées soient de première, de seconde ou même de troisième génération. L’on peut dire qu’environ deux tiers des sujets se revendiquent originaires du Maghreb, le tiers restant d’Europe.

Il s’agit par conséquent d’une population que certains traits dominent, lui imprimant un caractère d’homogénéité : classe moyenne instruite, religiosité ou tout au moins attachement à des traditions, origine maghrébine. Cette population est par ailleurs hétérogène par d’autres aspects : dispersion ou concentration, présence de fortes minorités dans cette population de personnes d’origines européennes, de conviction laïque, d’ ancienneté variable dans le pays, y compris un nombre important de personnes nées en Israël.

Le sondage auquel nous avons procédé auprès des sujets de l’échantillon tendait à cerner les attitudes et les comportements des individus. Les sujets ont montré que de toutes les identités collectives qu’ils pouvaient partager, c’est l’identité juive qui jouait pour eux le rôle primordial. En règle général, ils se sentent liés par un fort sentiment d’appartenance au ‘peuple juif’ et à Israël. Cette attitude n’empêche en aucune manière une bonne part des sujets de se voir également appartenir à cette population que l’on désigne en Israël comme ‘Juifs d’Afrique du nord’ et, simultanément, au ‘peuple français.’ Au sujet de ce troisième attachement, pas moins de trois quarts des sujets voudraient que les normes et valeurs françaises soient partie intégrante de l’éducation de leurs enfants – en même temps que les normes et valeurs juives et israéliennes. Les pratiques linguistiques. Il s’avère que la moitié des sujets parle principalement l’hébreu avec leur conjoint, quant aux autres, ils parlent principalement le français (un tiers) ou encore indifféremment le français et l’hébreu (un sur sept). Le français est moins actif lorsqu’il s’agit de la langue utilisée par les sujets avec leurs enfants – quant à la langue que les enfants parlent entre eux, c’est évidemment l’hébreu.

Parallèlement, pour la plupart des sujets – sans parler des enfants -, le français est largement utilisé dans la consommation culturelle (lecture, média) sans que pour autant l’hébreu soit ignoré ou délaissé. Pour ce qui est de l’insertion en Israël et, parallèlement aux liens intenses gardés avec la France, les données montrent que nombre de sujets se sentent davantage ‘chez eux’ en Israël. Cette attitude ne dénote cependant pas un manque d’esprit critique – au sujet de l’éducation, pour prendre l’exemple le plus souvent évoqué. De plus, une majorité garde des contacts avec des amis en France et ce pays demeure toujours une destination privilégiée de voyages et de vacances. Le rapport à la France est même plus étroit encore, puisque si pour l’écrasante majorité la participation aux élections législative israélienne va de soi, un large segment de cette population a également l’intention de voter aux prochaines élections présidentielles françaises.

En outre, le fait d’avoir des amis eux-mêmes immigrants de France est particulièrement fréquent, ce qui reflète le rôle que joue l’origine française comme marqueur de milieux distincts. Ces tendances, cependant, ne peuvent être imputées à des ressentiments contre la société d’accueil. Si parmi les immigrants français les plus récents il peut exister des sentiments frustration, sans doute nés des difficultés des nouveaux arrivants, l’opinion quant à l’accueil réservé aux immigrants par la société israélienne est généralement positive. Les sentiments de frustrations pourraient être liés, du moins chez certains, à leur propre manque d’intérêt pour les institutions communautaires. Ainsi, pour de nombreux sujets, leurs identités – juive, israélienne, nord-africaine (éventuellement) et française – ne s’excluent pas. Ni d’ailleurs, les cultures liées à ces identités. Les données concernant par exemple les pratiques linguistiques montrent chez beaucoup des organisations additives plutôt que soustractives. De même, le sondage dépeint une immigration généralement « réussie » et des sentiments d’ancrage dans la société d’accueil qui, cependant, n’excluent pas que l’origine puisse demeurer un facteur dans la vie sociale, et que la continuité soit maintenue dans le rapport à la France.

Sous le titre d’attributs contextuels, nous réunissons nos constatations principales concernant ce qui distingue nos sujets selon leur l’ancienneté dans le pays, leur âge, leur niveau d’études, leur religiosité, l’origine et le lieu de leur résidence en Israël. Certains attributs sont plus marquants, néanmoins – tels l’ancienneté, la religiosité et le lieu de résidence. L’âge, par exemple, n’est significatif comme facteur de différenciation que selon quelques aspects tels que le fait que le français est plus pratiqué dans la vie courante par les personnes âgées qui sont aussi relativement plus nombreuses à participer aux activités des associations et à tenir à participer aux élections françaises. Ces traits sont aisément explicables puisque l’âge va de pair avec une capacité décroissante d’apprentissage linguistique, plus de rigidité des habitudes et l’appétence pour les structures de soutien. Il n’est pas moins évident que le diplôme universitaire accroît en Israël comme ailleurs les chances d’insertion sur le marché du travail dans des domaines où la compétence acquise au préalable est pertinente. En outre, des activités professionnelles de haut niveau impliquent aussi plus de relations avec l’extérieur. Un facteur comme l’ancienneté comporte plus d’impact en termes de différentiation. Nous avons, en effet, trouvé que les immigrants des dernières années font, par rapport aux plus anciens, une utilisation beaucoup plus large du français, tant en famille que dans leur consommation culturelle, et que cette tendance se transmet, dans une certaine mesure, à leurs enfants.

Par ailleurs, ces NVs voient aussi la vie israélienne sous un angle plus favorable et sont moins enthousiastes que les anciens concernant la France. Conjointement, et en termes relatifs, on trouve parmi eux moins de réserve quant à la vie associative et communautaire et une plus forte tendance à se concentrer dans certaines localités. Des données qui ne sont pas moins intéressantes concernent l’impact de la religiosité. Nous avons trouvé que les personnes religieuses ou traditionalistes pratiquent plus la langue française que les laïcs, alors qu’on peut les supposer plus impliquées par l’identité juive. On les imaginerait, en toute logique, se déclarer plus attachées à l’hébreu.

En fait, nous trouvons aussi parmi ces personnes plus d’enthousiasme pour l’adhésion aux associations oeuvrant dans la population française. La religiosité correspond aussi au maintien de cercles d’amis comptant des immigrants venus de France ainsi que l’implication au sein de réseaux de personnes vivant en France. La sensibilité particulière pour l’importance de l’éducation juive n’empêche donc pas, chez les sujets religieux ou traditionnels, des sentiments culturels forts en même temps qu’une plus grande satisfaction du mode de vie israélien. Enfin, un nombre non négligeable de franco-israéliens montrent une tendance réelle à se regrouper en Israël dans certaines villes. Nous constatons également que, dans ces localités, le français est plus largement pratiqué qu’ailleurs. En outre, c’est là aussi que l’on constate un plus fort sentiment d’identification culturelle – surtout sépharade comme à Natanya ou soit sépharade soit ashkénaze comme à Jérusalem.

En bref, les franco-israéliens d’arrivée relativement récente présentent, plus que les anciens, des attitudes positives vis-à-vis de la société d’accueil – ce qui n’exclue pas et va même de pair avec une tendance à participer à un milieu communautaire. Ce complexe d’attitudes n’est pas commun puisque l’on sait qu’en général des tendances communautaires sont le plus souvent associées avec un vécu d’aliénation à la société d’accueil. Un paradoxe semblable concerne l’impact de la religiosité et la fidélité aux traditions. Alors que de tels attributs sont liés plus que la laïcité à une insistance sur l’identité juive et à un attachement à l’Etat d’Israël. Nous les trouvons ici associés, d’une manière assez inattendue, avec une vie sociale plus communautaire, des pratiques plus assidues de la langue française, une attache plus forte aux identités culturelles et un rapport plus solide et permanent à la France. Enfin, la dimension de l’habitat montre également des tendances de concentration de vie communautaire de la part d’une importante minorité de la population franco-israélienne.

Une nouvelle entité sociale Sur la base des corrélations statistiques que nous découvrons entre les divers attributs contextuels, nous pouvons préciser encore notre description de la population franco-israélienne. Avant tout, nous constatons, de ce point de vue, l’émergence au sein de cette population, d’une entité sociale nouvelle, les immigrants des dernières vingt années. En quelques mots et de manière lapidaire,il s’agit d’ un groupe d’arrivée relativement récente, d’instruction supérieure, d’âge plutôt jeune, d’origine maghrébine (directe ou à la génération précédente), plutôt religieux, ou tout au moins traditionaliste, autant de caractéritiques qui sont associées avec une tendance à une plus grande concentration résidentielle. Ce groupe, puisque groupe il y a, se différencie également par certains comportements et attitudes. L’activité linguistique des membres de ce groupe est plus fortement marquée par l’allégeance au français et à la culture française. Le désir est plus grand de préserver des contacts avec des amis en France, et ils sont aussi plus actifs dans les associations communautaires. Par ailleurs, ils sont mieux disposés à subir les vicissitudes de la condition israélienne et plus satisfaits en général par la qualité de vie offerte dans ce pays. Ils sont de même plus massivement en faveur d’un nom hébreu pour leurs nouveaux nés. C’est au sein de cette population que l’on rencontre la plupart de ceux qui voient dans la dimension associative une possibilité de structuration qui vaut l’énergie qu’elle requiert.

La dimension associative Les associations se sont aujourd’hui multipliées au point de créer la confusion, même si pour la plupart, et par la force des choses, leur centres névralgiques se trouvent dans les localités où on trouve de nombreux franco-israéliens – principalement Netanya, Jérusalem et Ashdod. En organisant ce terrain selon la nature des buts déclarés de ces associations, nous avons décrit quatre pôles distincts. Le pôle social et humanitaire regroupe des associations orientées vers la mobilisation de bonnes volontés en faveur de catégories sociales défavorisées en valorisant les compétences véhiculées par les franco-israéliens et leur contribution à la société. Leur apport à la population franco-israélienne est cependant minime en terme de construction communautaire. Il en est un peu autrement avec le pôle des associations qui visent à porter de l’aide aux immigrants français en Israël – face à l’Etat, au marché du travail ou à l’insertion sociale.

Ces associations constituent en fait des structures d’accueil qui, outre les conseils ou parrainages, développent des activités facilitant le passage d’une société à l’autre. Le pôle groupes d’intérêts concerne les associations qui se définissent comme ‘facilitateurs’ et bornent leur rôle à créer des occasions de contacts à l’intention de groupes spécifiques d’immigrants ou, plus généralement, de catégories de la population francophone. Les associations, cependant, dont la présence est la plus forte– parmi lesquelles beaucoup sont de formation récente – expriment une vonlonté de construire ici une sorte de ‘petite France’, dans le même sens que les Américains parlent de ‘little Italy’, c.à.d. des ensembles de foyers d’activités qui rassemblent les membres de la population visée en essayant de leur insuffler une dynamique de groupe. Les associations de ce type recrutent leur membres le plus souvent parmi les immigrants d’arrivée relativement récente.

Elles représentent des tentatives de mobilisation de la population française – et francophone – dans son ensemble. La perspective de ces associations est la cristallisation d’une communauté qui pourrait advenir en tant que composante du multiculturalisme à l’israélienne. Par là, ces associations sont de fait – qu’elle que soit leur réussite – des facteurs de multiculturalisation de la société israélienne elle-même. Le dernier pôle de ce terrain associatif, celui de la représentation, est aussi le plus ancien. Ce type d’associations est toujours dominé par des anciens modèles alors que les Français d’Israël était fort peu nombreux et dispersés. Il s’agit, aujourd’hui, essentiellement de notables formant des cercles restreints dont la légitimité en tant que ‘représentants de la communauté’ découle de leur investissement dans le processus – fort peu suivi – d’élection. Le caractère politique des enjeux explique aussi les tensions qui souvent marquent les rapports entre les acteurs en présence.

Source: (1) Ambassade de France en Israël

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