ISRAELVALLEY. POURQUOI LES SERVICES RENDUS PAR L’AÉROPORT DE TEL AVIV SONT CHERS? Les redevances aéroportuaires sont parmi les plus élevés au monde, environ 15% du prix d’un billet.
Alors que les autorités israéliennes tentent d’accroître la concurrence entre les compagnies aériennes pour faire baisser le prix des billets, les redevances aéroportuaires alourdissent aussi le coût d’un vol qui transite par Ben Gourion. Les redevances que paient les Israéliens qui partent en voyage à l’étranger sont parmi les plus élevées au monde: il s’agit de 25,1 dollars qui s’ajoutent au coût de chaque billet acheté en Israël, et qui sont transférés aux autorités aéroportuaires. Hier, l’Aéroport Ben Gourion a annoncé une bonne nouvelle: la redevance de passagers va baisser d’un dollar, pour passer à 24,1 dollars en 2013; mais c’est une baisse qui sera insuffisante pour influencer le prix d’un billet d’avion.
Avec 12 millions de passagers qui transitent par l’aéroport de Ben Gourion de Tel Aviv, l’effectif des touristes qui entrent en Israël, et des passagers qui en sortent, reste très modeste à l’échelle européenne ou américaine. En revanche, les redevances y sont parmi les plus élevées au monde. En Europe, la redevance moyenne par passager embarqué est de 20 dollars, soit 20% de moins qu’en Israël. Seul l’aéroport Heathrow, de Londres, bat Ben Gourion avec 37 dollars par passager embarqué.
Les passagers qui débarquent à Ben Gourion ne sont pas, eux n’ont plus, épargné par la fiscalité: ils versent 4,96 dollars de redevance passager, ainsi que 5,1 dollars pour le traitement des bagages (ce tarif bondit à 8 dollars entre 4 et 8 heures du matin). Dans beaucoup d’aéroports internationaux, il n’existe pas de redevance pour les passagers qui débarquent, mais uniquement pour les passagers qui embarquent.
En sus de redevances perçus sur le passager, l’aéroport Ben Gourion perçoit aussi une redevance sur les compagnies aériennes qui utilisent ses installations: une redevance d’atterrissage correspondant à l’usage des infrastructures et équipements aéroportuaires nécessaires à l’atterrissage, au décollage, à la circulation au sol; une redevance de stationnement correspondant à l’usage par les avions des infrastructures et équipements de stationnement; une redevance pour les services d’électricité, d’eau, etc. Ces redevances aussi sont plus chères qu’ailleurs: par exemple, un Boeing 737 paiera une redevance d’atterrissage de 950 dollars à Ben Gourion, contre 572 dollars à Charles de Gaulle ou 459 $ à Rome.
En 2011, l’Aéroport Ben Gourion a prélevé des redevances pour un montant de 932 millions de shekels sur les passagers, et pour 368 millions de shekels sur les avions. De plus, l’activité commerciale de l’aéroport plus a rapporté 1,2 milliard de shekels. Au total, l’aéroport bénéficie de recettes annuelles d’environ 2,5 milliards de shekels, soit 500 millions d’euros. Il faut dire que l’aéroport de reçoit aucune subvention de l’Etat et qu’il doit s’autofinancer pour équilibrer ses comptes.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
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