Oct 22

ISRAELVALLEY - UBIFRANCE EN ACTION FRANCE-ISRAËL. De retour d'une tournée effectuée auprès des entreprises françaises intéressées par le modèle économique israélien, Frédéric Szabo fait le point.

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Caroll AZOULAY (Jérusalem) | Économie

UBIFRANCE, l’Agence française pour le développement international des entreprises, est un Etablissement Public Industriel et Commercial placé sous la tutelle du ministre français de l’Economie et des Finances, du ministre en charge du Commerce extérieur et de la direction générale du Trésor. L’agence dispose de 80 bureaux présents dans 60 pays. Ils forment le réseau mondial d’UBIFRANCE, soit près de 1.400 collaborateurs, en France et à l’étranger, dédiés à l’accompagnement des entreprises françaises dans leur développement à l’export.

Frédéric Szabo dirige le bureau UBIFRANCE de Tel Aviv et met l’expertise de son équipe au service des entreprises françaises qui désirent exporter ou s’implanter en Israël. De retour d’une tournée effectuée auprès des entreprises françaises intéressées par le modèle économique israélien, Frédéric Szabo fait le point.

Lepetitjournal.com/Tel Aviv : Quel est le bilan de cette visite en France ?

Frédéric Szabo : Excellent. Avec le chef du Service économique de l’Ambassade de France en Israël, Didier Wisselman, nous avons rencontré 25 chefs d’entreprises françaises en face-à-face à Grenoble, Lyon et Nancy. Ils avaient déjà une connaissance du marché israélien et désiraient avoir une confirmation de la faisabilité de leur projet. 1/3 d’entre eux devraient prochainement se rendre en Israël pour des actions de prospection, et nous espérons qu’une partie de ces entreprises parviendra à concrétiser les projets.

Peut-on savoir dans quel domaine d’activité, ces entreprises françaises sont elles spécialisées ?

Nous avons notamment rencontré une société spécialisé dans le secteur de l’animation, qui compte déjà des clients israéliens sans avoir entrepris des démarches de prospection. Une autre dans le logiciel de e-commerce sur des véhicules utilitaires d’occasion, ainsi que des entreprises des secteurs de la téléphonie, de la santé, de la sécurité. Leur premier objectif sera de conquérir le marché israélien.

Quel a été votre sentiment sur le terrain ? Existe-t-il un réel intérêt des entreprises françaises pour le marché israélien ?

Nos partenaires, les chambres de commerces locales, ont fait circuler un questionnaire d’évaluation à l’issue des rencontres. 85 % des chefs d’entreprises se sont déclaré satisfaits sur la qualité de l’information délivrée, et surtout face à la nouveauté de l’information.

Quelles questions récurrentes vous ont été posées par les entrepreneurs français ?

Des questions techniques portant sur les problèmes douaniers, les circuits de distribution etc. mais très peu de questions liées à la sécurité et la géopolitique ont été soulevées.

La prochaine étape consistera donc à accompagner ces entreprises françaises en Israël. Une tache qui caractérise votre mission. Concrètement, comment ça se passe sur le terrain ?

La première phase consiste à échanger avec l’entreprise française pour connaitre le projet, les moyens et les capacités de la PME a le mettre en œuvre. Exporter ne s’improvise pas. On établit ensuite un cahier des charges dans une logique de validation. Le profil établi, les conseillers de notre équipe se mettent en quête de l’entreprise israélienne à même de répondre à, au moins, 85 % des critères de sélection de l’entreprise française. Ce qui optimise considérablement le taux de transformation d’affaire. Notre qualité de travail se situe dans une grande capacité d’écoute, voire même de reformulation de la demande, afin de coller au mieux à la réalité. Parfois au fil de la discussion, une réévaluation de la stratégie apparait. Le conseil est une part primordiale de notre travail.

Une fois le ‘mariage’ conclu entre chefs d’entreprise israéliens et français, continuez-vous d’accompagner ces entreprises ?

Dans tous les cas de figure, nous conservons des relations privilégiées.Certaines entreprises qui se sont mariées nous demandent d’être le parrain de leurs enfants, et nous sommes heureux de pouvoir le faire ! Mais nous sommes généralement là pour aider les entreprises à prospecter le marché et à concrétiser. Ensuite quand tout va bien et c’est généralement le cas, les entreprises n’ont plus besoin de nous. Il est important de rappeler que la pratique des affaires est très sain en Israël où le droit prévaut. Nos entreprises n’ont donc pas de déconvenues dans ce secteur.

Existe-t-il un modèle identique à UBIFRANCE en Israël ?

Israel export Institute, qui est en Israël ce qui ressemble le plus à notre modèle, est très intéressé à une coopération avec UBIFRANCE pour que nous leur transférions un certain nombre de nos outils de gouvernance, y compris des outils portant sur nos services. Pour l’instant il n’existe rien de concret, mais régulièrement, les responsables de cet organisme nous disent leur intérêt. UBIFRANCE vient par contre de signer une coopération avec l’ANEXAL (association nationale des exportateurs algériens) pour les structurer dans leur stratégie d’exportation.

Cela fait deux ans que vous êtes en poste. Quel est le bilan ?

Venir en Israël était un choix. On ne peut pas comprendre le monde sans comprendre ce qui se passe ici. C’est un lieu de notre planète qui fait partie de notre patrimoine mondial. J’y ai été très bien accueilli. La feuille de route d’UBIFRANCE en Israël est donc une feuille de route passionnante, composée de nombreux défis.Des défis que je relève en équipe, une notion fondamentale, à mes yeux. Les qualités professionnelles, humaines qui caractérisent celle que j’ai la chance de diriger ont permis d’obtenir des résultats : Une multiplication par deux des entreprises françaises en visite en Israël en moins de 18 mois; un taux de transformation de courant d’affaires très élevé avec plus de 30 % de nos clients qui ont concrétisé leur prospection.

Le changement de gouvernement en France a-t-il eu une implication sur votre agence ?

L’objectif d’UBIFRANCE consiste à installer des courants d’affaires pérennes dans les pays dans lequel notre agence est implantée afin de créer de la richesse et de fixer l’emploi en France. Il ne faut pas l’oublier : Nous sommes là pour créer ou maintenir des emplois en France, et c’est ce qui fait la noblesse et l’élégance de notre mission. Ceci dit, l’export des PME française est une priorité nationale. C’est un consensus , et ce, quelles que soient les tendances politiques. Notre agence est donc au cœur de cette politique d’exportation et nous avons la pleine confiance de nos dirigeants. Par ailleurs, Israël est remonté dans le rang des bureaux UBIFRANCE qui comptent. Dans le contexte de modification actuelle des marchés historiques de la France tel que la Tunisie, la Lybie ou l’Egypte, il existe un vrai point d’interrogation. Il est donc possible que nous récupérions quelques entreprises françaises qui choisiront Israël pour son taux de croissance à 3,5 % et pour son économie ultra dynamique. Elles seront agréablement surprises de faire du business avec Israël.

Quels types de sociétés font appel à vos services ?

Principalement des PME ou des EPI dans les 4 grands secteurs organisés au sein de notre bureau.

L’industrie, les transports et les infrastructures qui rassemblent de grandes opportunités pour les sociétés françaises dont l’expertise est appréciée par Israël, un pays qui construit en permanence.

Le deuxième secteur concerne les Télécommunications et les hautes technologies dans lequel les français peuvent parfois être concurrents avec les israéliens, mais où nos deux pays peuvent aussi parfaitement être partenaires. Un partenariat à explorer et à exploiter dans le monde global dans lequel nous vivons et dans lequel Israël sait se positionner. Sans dévoiler de cas précis, car c’est confidentiel, il existe déjà des produits sur lesquels des entreprises françaises et israéliennes coopèrent afin de conquérir le marché américain par exemple. Cela s’est produit dans les énergies renouvelables, ou dans les high-tech où l’on a vu des réalisations pénétrer la Chine, l’Inde ou l’Europe.

Le secteur agro-tech est le 3e secteur dans lequel les entreprises françaises ont une carte à jouer en Israël. L’agro-alimentaire est le premier poste d’exportation français et les israéliens sont intéressés par l’expertise française dans ce domaine.

Enfin, les biens de consommation représentent le 4e secteur de notre activité. Les mœurs et la pratique de la consommation ont changé en Israël. La classe moyenne israélienne qui correspond à un CSP ++ en France consomme bien, et représente un marché potentiel intéressant notamment en ce qui concerne les produits de luxe dans la décoration intérieure, les produits gourmets ou la parfumerie.

La Journée de l’innovation Israël-France étant annulée en raison des législatives israéliennes, quelles seront les grandes échéances qui permettront à la France et Israël de nouer des partenariats économiques ?

Notre agenda 2013 est très fourni. Nous organiserons la semaine de la gastronomie française sur le salon du tourisme israélien en février. En mai, nous serons présents, pour la 3e fois, sur le salon architecture et design et puis nous serons également présents sur le salon Biomed au cours du 1er trimestre 2013.

Propos recueillis par Caroll Azoulay (lepetitjournal.com/telaviv). Octobre 2012

Source: http://www.lepetitjournal.com/tel-aviv-economie/126464-frederic-szabo-qla-feuille-de-route-dubifrance-en-israel-est-une-feuille-de-route-passionnante-composee-de-nombreux-defisq.html

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