Oct 10

ISRAELVALLEY - UNE EXPERIENCE DE TERRAIN UNIQUE : DIDIER WISSELMAN ET FREDERIC SZABO (UBIFRANCE) SONT EN TOURNEE A LYON, GRENOBLE, NANCY POUR PROMOUVOIR LE POTENTIEL COMMERCIAL FRANCE-ISRAËL.

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Caroll AZOULAY (Jérusalem) | Économie

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Didier Wisselmann, chef du Service économique de l’ambassade de France en Israël et Frédéric Szabo, directeur d’Ubifrance en Israël, sont en France pour expliquer l’intérêt des chefs d’entreprises à exporter vers Israël. L’occasion de faire le point avec Didier Wisselmann sur la présence française en Israël, les projets en cours, la création d’un nouveau label franco-israélien, le changement de gouvernement en France et la crise économique.

C.A. : Quels sont l’objectif et les raisons de ce déplacement en France ?

Didier Wisselmann – Les PME françaises ne sont pas naturellement exportatrices. Nous avons 100.000 PME tournées vers l’international contre 600.000 en Allemagne. Ce chiffre vous laisse comprendre pourquoi nous avons 70 milliards de déficit dans la balance globale extérieure alors que les Allemands ont plus de 100 milliards d’excédent. Nous avons un véritable problème de réflexe à l’exportation. Et pour une bonne raison : nous avons un marché intérieur pléthorique avec près de 70 millions d’habitants, et nous n’avons pas naturellement besoin d’exporter. Il le faut cependant. L’exportation permet de se remettre en question, de s’ouvrir, d’innover, et est donc toujours favorable.

Si les Allemands sont plus performants à l’exportation que les Français, c’est aussi parce que leurs entreprises sont plus fortes, en nombre, notamment. Elles comportent ainsi plus de cadres qui peuvent se consacrer entièrement au département ‘exportation’. En France, le chef d’entreprise fait tout. Il a les idées, il met en œuvre la stratégie et en assure la réalisation. Autre constatation, celles des entreprises françaises qui se tournent vers l’exportation vont plus naturellement vers des marchés de proximité ou des marchés émergents qui représentent un intérêt fort. L’Allemagne, le Benelux, l’Europe centrale, le sud de l’Europe, l’Afrique du nord, et plus loin, le Brésil, l’Inde, la Chine, considérés comme des eldorados pour leur marchés gigantesques.

Aller exporter vers Israël, petit pays avec ses 7 ou 8 millions d’habitants, enclavé pour les raisons géopolitiques que l’on connait, n’est pas naturel pour un chef d’entreprise. C’est là que nous devons intervenir. Il y a une nécessité d’information car il y a souvent une grande ignorance sur ce qui fait l’intérêt d’Israël. C’est une économique dynamique, ouverte, innovante, toute entière tournée vers l’exportation et qui s’adresse à un marché global. Israël constitue donc une sorte de plateforme de rebond pour nouer des partenariats et cibler, outre le marché israélien, le marché global : 1/3 vers les USA, Amérique du Nord, 1/3 Europe, 1/3 reste du monde Asie.

C’est ce que nous allons expliquer aux chefs d’entreprises que nous rencontrerons à Lyon, Grenoble et Nancy les 10 et 11 octobre. Nous rappellerons également les fondamentaux macro économiques d’Israël souvent méconnus, l’écosystème de l’innovation et le fonctionnement du marché israélien en démontrant pourquoi ce pays ne peut se résumer à sa taille et son insularité.

C.A: Quelle a été la réaction des CCI locales que vous avez démarchées ?
Très favorable, car elles considèrent qu’il y a un vrai intérêt à parler d’Israël et reconnaissent que ce n’est pas une destination suffisamment connue. La preuve, la France n’est qu’au 10e rang des pays exportateurs vers Israël. Avec mon collègue d’Ubifrance, Frédéric Szabo, nous avons compris qu’il fallait aller chercher les entreprises françaises… en France !

Outre notre travail de réseau habituel, on a donc décidé d’aller sur le terrain, soit en participant à des réunions, soit en les suscitant au travers de ‘journée pays’ comme on en fait sur l’Inde, le Canada ou l’Indonésie par exemple. Cette idée avait particulièrement été encouragée par l’ancien secrétaire d’Etat au commerce extérieur Pierre Lellouche lors de son dernier passage en Israël.

C.A. La situation géo politique influence t-elle l’économie israélienne ?
Du point de vue purement macro économique, si l’on observe l’évolution de la croissance au cours des dix dernières années en Israël, les tendances ont toujours été favorables. Il y a eu évidemment un ‘coup de mou’ en 2009 en raison de la crise économique mondiale mais moins que dans d’autres pays. Enfin, si l’on veut tenter de faire une comparaison entre l’activité économique du pays et les ‘soucis’ d’intensité variable régionaux (guerre du Liban, Gaza, Flottille, Intifada…) on constate une absence de corrélation du niveau d’activité économique avec les aléas géopolitiques et conflictuels. C’est un fait objectif. L’économie israélienne n’est pas influencée par les aléas sécuritaires.

Quelle est l’actualité des échanges économiques binationaux ?
Nous travaillons actuellement sur un projet d’incubateur (pas au sens physique) franco-israélien consistant en un processus de labellisation conjoint qui donnerait aux start-up françaises accès à l’écosystème de l’innovation israélien, et aux start-up israélienne accès aux grands groupes français. Tout cela à condition de recevoir ce label qui sera distribué avec beaucoup de parcimonie par un comité de sélection conjoint.

C’est comme cela que nous pourrons faire des mises en contacts, des ‘matching’ qui permettront à des équipes de se trouver, de travailler et de développer ensemble, sachant qu’en phase précoce, les israéliens sont très bons, et en phase de développement les français sont meilleurs. Il existe donc un potentiel d’enrichissement mutuel, et nous voulons nous appliquer à le développer.

C.A. Quand devrait entrer en action ce label ?
Lors de la prochaine journée franco-israélienne de l’innovation organisée par le gouvernement israélien qui aura lieu le 21 janvier prochain en Israël. La première ‘journée de l’innovation France Israël’ avait eu lieu le 5 décembre 2011 à Paris et avait enregistré un franc succès, avec une centaine de participants israélien lors de ce forum exceptionnel. Le processus est désormais embrayé entre nos deux pays, et nous espérons également la présence d’une centaine d’entreprises, de professionnels et d’institutions françaises le 21 janvier à Tel-Aviv.

C.A. Le changement de gouvernement en France semble ne pas avoir eu d’incidence sur l’organisation de cette deuxième édition, qu’en est-il plus généralement dans le domaine de la coopération économique franco-israélienne?

En ce qui concerne la journée de l’innovation, nos services ont été en contact avec Bercy et plus précisément avec le cabinet de la ministre de l’Innovation et de l’Economie numérique, Fleur Pellerin, qui nous a immédiatement donné son accord pour une présence le 21 janvier.

Plus généralement, nous avons un travail qui se poursuit sans aucun problème sur le domaine des transports publics. Une mission d’experts ferroviaire est venue début septembre pour expertiser le projet de la ligne à grande vitesse Tel-Aviv/Eilat. On est également en train de bâtir un ‘dialogue énergie’ qui concernera les énergies renouvelables, les carburants alternatifs au pétrole et le gaz naturel.

On a une coopération qui a démarré il y a plusieurs années, et qui va se poursuivre. Il n’y a aucun frein, ni changement d’idées là-dessus. Bien sûr il n’est pas évident d’envisager une visite ministérielle immédiate, car c’est un gouvernement qui vient de se former et qui est occupé par des priorités nationales.

C.A. La crise économique qui pèse sur la France, peut elle peser défavorablement sur la politique économique à l’étranger de la France ou au contraire l’encourager ?
Elle doit, vous l’avez dit, l’encourager. La réponse à la crise est double : Améliorer la compétitivité de la France et augmenter son agressivité sur les exportations car c’est un des moteurs du développement, surtout quand la demande intérieure est faible. La diplomatie économique est une priorité absolue du gouvernement, et cela a d’ailleurs été répété lors de la conférence des ambassadeurs par le ministre des Affaires étrangères. La nouvelle banque publique d’investissement qui va bientôt être crée va aussi avoir ce rôle d’identifier systématiquement les zones d’exportations, aider, accompagner et garantir les entreprises qui se tournent vers l’exportation.

La situation difficile dans laquelle on se trouve pourrait être compensée par une plus grande agressivité à l’international. Et encore une fois, l’industrie française peut avoir tout intérêt à venir en Israël pas simplement pour le marché israélien mais pour travailler avec des partenaires israéliens afin d’aller ailleurs, en Afrique par exemple mais aussi aux USA, en Inde ou au Brésil, où les Israéliens se trouvent.

Ce sont des idées à priori pleines de bon sens, mais pour que des acteurs économiques puissent en être convaincus, ils doivent en être informés. A nous de le faire et de leur dire : Venez jeter un œil sur cette économie de type occidentale, ouverte et dynamique dont le fonctionnement entreprenant rapide et direct a de quoi séduire.

Caroll AZOULAY (www.lepetitjournal.com/telaviv.html)

Pour toute information : Didier.WISSELMANN@dgtresor.gouv.fr

Source: http://www.lepetitjournal.com/tel-aviv-economie/124246-interview--didier-wisselmann--qla-france-nest-quau-10e-rang-des-pays-exportateurs-vers-israel-q.html

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