ISRAELVALLEY. ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ANTICIPÉES: QUELLES SERONT LES RETOMBÉES POUR L'ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE? Budget, infrastructures, éducation, fiscalité, etc.
2013 commencera sans budget: telle est la conséquence immédiate de la tenue d’élections législatives anticipées, comme l’a annoncé hier soir le Premier ministre Benyamin Netanyahou, soit avec neuf mois d’avance sur la date normale. Les retombées de cette situation exceptionnelle seront nombreuses pour l’économie israélienne: le budget de 2012 sera reconduit en 2013 sans possibilité d’aménagement, les réformes lancées seront suspendues ou reportées, le financement des infrastructures sera gelé, etc. Bref, la paralysie du gouvernement ne va pas profiter à l’économie israélienne : celle-ci va entrer dans une phase d’incertitude qui se prolongera sur une période d’environ six mois.
Le budget 2012 reconduit en 2013
L’impossibilité de trouver une majorité parlementaire pour voter le budget 2013 est la cause immédiate de la tenue d’élections anticipées. Le ministère des Finances envisageait une nouvelle coupe de 15 milliards de shekels (3 milliards d’euros) pour contenir le déficit budgétaire à 3% du PIB l’an prochain: or, cette cure d’austérité dans les principaux budgets sociaux est rejetée par de nombreux ministres au sein de la coalition gouvernementale.
Dorénavant, c’est le budget de 2012 qui sera reconduit en 2013. Chaque mois, les ministères pourront débourser un douzième (1/12) de leur budget de 2012. Cette situation exceptionnelle se prolongera environ six mois, jusqu’à l’élection d’une nouvelle Knesset et le vote d’une loi de Finances pour 2013. Paradoxalement, ce scénario est presque « idéal » pour le Premier ministre et son grand Argentier: ceux-ci éviteront les fastidieuses négociations avec les formations politiques de la coalition, pour l’augmentation de l’enveloppe budgétaire de certains ministères.
Les réformes reportées
Un budget de transition risque d’avoir des retombées problématiques sur de nombreux secteurs de la vie économique et sociale: les grandes réformes, lancées l’an dernier par la commission Trajtenberg, seront retardées ou reportées. Il s’agit notamment de la gratuité de l’école à partir de 3 ans qui a été mise en place à la rentrée de septembre 2012 ou de la reforme du logement. Pour poursuivre ces réformes, il aurait fallu voter des budgets supplémentaires pour 2013, ce qui ne sera pas le cas d’ici à janvier. Pour l’heure, c’est donc l’incertitude qui règne sur la poursuite de ces chantiers sociaux au début de 2013.
Les infrastructures gelées
Des grands travaux d’infrastructure prévus pour 2013 ne bénéficieront pas des financements qui leur sont nécessaires: il s’agit, par exemple, du réseau ferré régional de transports en commun dans la métropole de Tel Aviv, de la ligne de chemin de fer reliant Eilat au centre du pays, ou de l’achèvement de la construction de la barrière de sécurité à la frontière israélo-égyptienne. Ces travaux seront suspendus jusqu’au déblocage de nouveaux crédits.
La baisse de la fiscalité freinée
Si les coupes dans les dépenses de 2013 sont reportées jusqu’au vote du budget, la baisse des recettes fiscales a pu être freinée à temps: dès le mois d’août dernier, le gouvernement a eu la bonne idée de voter l’augmentation de la fiscalité (impôt sur le revenu et TVA) pour 2012 et 2013. Le Trésor va donc jouir de confortables recettes fiscales supplémentaires qui viendront compenser l’absence de nouvelles coupes.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
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