Oct 7

ISRAELVALLEY DEBAT. Alors que le prix du gaz a crû de 25% en France en 2 ans, aux USA il a été divisé par 3 ou 4. Il se situe à moins de 15 US$ d’équivalent baril contre 100 pour notre gaz importé.

Authors picture

Roger Cukierman | Économie

L’exploitation du gaz de schiste fait débat. Quelles sont les données du problème ? Le gaz de schiste est contenu dans des roches argileuses compactes à environ 3.000 mètres de profondeur. Selon les pétroliers le potentiel de gaz de schiste récupérable en France représenterait un siècle de consommation. En vérité pour connaître ces réserves, il faudrait évidemment en autoriser l’exploration.

Autre donnée : la France importe la quasi totalité de son pétrole et de son gaz, soit 62 milliards d’euros. Or le prix du gaz naturel importé, notamment de Russie, est contractuellement connecté avec le prix du baril de pétrole (autour de 100 $ le baril). Il pèse lourdement sur notre balance commerciale. Nos importations de combustibles représentent 90 % de notre déficit extérieur.
Or l’exemple américain d’exploitation du gaz de schiste depuis près de dix ans est très positif : le prix du gaz a fortement baissé, les USA sont devenus auto suffisants, il y a eu création d’emplois, et c’est une énergie qui émet moins de gaz carbonique que le charbon ou le pétrole.

En outre, nous avons des sociétés françaises parfaitement armées pour développer cette ressource calorique. En tête Total et GDF-Suez. Total a déjà investi dans deux gisements du spécialiste Chesapeake aux USA, et aussi en Argentine, en Pologne, au Danemark et en Chine.

Mais les écologistes s’opposent vigoureusement à l’exploitation du gaz de schiste en raison du risque de pollution. Ils ont le plus souvent l’appui des élus locaux qui craignent la multiplication sur leur commune des forages de gaz de schiste.

En quoi consiste ce risque de pollution ?
Le gaz de schiste s’exploite par la méthode de la fracturation hydraulique. On injecte à très haute pression un mélange de quantités importantes d’eau, avec du sable et des adjuvants chimiques. L’injection ouvre des fissures et libère le gaz qui y était séquestré. Le gaz remonte enfin par le puits pour être capté.
Mais il est arrivé dans les pays qui exploitent le gaz de schiste que des nappes phréatiques soient souillées ainsi que des eaux de surface. Ce ne serait pas dû à la fracturation hydraulique mais à des défauts de cimentation des puits. Un problème d’étanchéité qui explique l’opposition des écologistes.

Que nous dit le modèle américain ?
Les Américains estiment que l’exploitation du gaz de schiste se fait dans des conditions de sécurité comparables à celles des autres combustibles fossiles. Les techniques d’extraction ont bénéficié de progrès décisifs sur les besoins en eau, sur les composants chimiques, sur le risque de pollution des nappes phréatiques et des sols et sur le nombre de puits. Selon Total les quelques incidents relevés aux USA sont le fait de l’arrivée de nombreux petits opérateurs peu regardants sur la sécurité des installations.

Alors que le prix du gaz a crû de 25% en France en deux ans, aux USA il a été divisé par trois ou quatre. Il se situe à moins de 15 US$ d’équivalent baril contre 100 pour notre gaz importé. Les USA n’ont plus besoin d’importer le gaz. Le président Obama a indiqué que plusieurs centaines de milliers d’emplois avaient été créés. Entre 2006 et 2012 la part du gaz dans l’électricité américaine est passée de 20 à 25 % aux dépens du charbon.

Parallèlement les émissions de gaz à effet de serre ont fortement diminué alors qu’en Europe elles augmentaient. Autre avantage l’industrie peut utiliser des dérivés du gaz plutôt que des dérivés du pétrole ce qui abaisse les coûts. De même le gaz permet des coûts du chauffage mieux maîtrisés pour les habitations.

Comment réagissent nos dirigeants face au choix entre les avantages économiques et le risque de pollution?

Le Président Sarkozy avait annulé en Juillet 2011 trois permis de recherche dont un permis d’exploration de 4.000 km2 vers Montélimar détenu par Total mais sept autres titres avaient été maintenus. Selon un sondage, l’opinion publique serait opposée au gaz de schiste alors que le patronat et des personnalités comme Claude Allègre et Bernard Thibault de la CGT se prononcent en faveur du gaz de schiste. Le ministre Arnaud Montebourg disait vouloir examiner de près cette affaire.

En inaugurant le 14 septembre la conférence environnementale, le Président Hollande a tranché. Il a annoncé son refus de l’exploitation du gaz de schiste. Il estime que la fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, n’est pas exempte de risques lourds.

Qu’en pensez vous ?
L’argument du risque sanitaire me paraît contestable. Les américains sont bien plus regardants que les européens en matière de santé. A preuve le FDA qui contrôle les médicaments est beaucoup plus strict que nos instances de contrôle sanitaire.

Peut-on critiquer les hausses du prix du gaz et refuser d’étudier l’éventualité d’une nouvelle ressource bon marché ? Ne faut-il pas rechercher l’autonomie énergétique ? N’est-il pas absurde d’interdire l’exploration sans connaître la réalité des réserves ?

Ne faut-il pas autoriser l’exploration, quitte ensuite à fixer des conditions restrictives. Nous voulons tous pour nos enfants un monde meilleur. Il faut pour cela pouvoir et vouloir profiter des progrès de la science.

Je pense que la décision du Président Hollande est une concession extrêmement coûteuse, probablement de nombreux milliards d’euros, faite au parti des écologistes. J’ose espérer que la politique politicienne n’interviendra pas trop souvent dans les décisions importantes qui relèvent de l’intérêt de l’état.
XXX

Source: Chronique économique de Roger Cukierman sur RCJ 94.8

En France très peu de personnes connaissent le meilleur "Think Tank" de l'Etat Hébreu. Le Reut Institute fait un travail remarquable en Israël. Son objectif est d'aider les décideurs du pays à construire le futur technologique, social, économique du pays. Le Reut Institute est spécialisé dans le domaine de l'innovation sociétale. Une conférence baptisée IL@75 (qui a eu lieu récemment) en Is...

IsraelValley Desk | Économie

Israël ne cessera pas ses exportations de produits agricoles vers la Russie malgré les pressions de l’Union européenne contre Moscou, a indiqué le ministre israélien de l’Agriculture Yair Shamir. Ce dernier a motivé cette décision par le boycott européen des produits israéliens provenant des implantations, lors d’une interview à l’agence de presse russe RIA Novosti. "S'ils viennent (les Europée...

i24News (Tel Aviv) | Économie

La guerre à Gaza a incité le gouvernement israélien à débloquer des crédits pour le Néguev et les villes israéliennes proches de la bande de Gaza. Après l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, le gouvernement a décidé d’accélérer le développement économique et social du sud d’Israël. Cette semaine, le conseil des Ministres débat à Jérusalem de deux plans de développement du ...

Jacques Bendelac | Économie

Les hôtels israéliens ont fustigé le ministère des Affaires religieuses pour la hausse des prix à venir des certificats de cacherout de près de 30 % alors même que l’industrie du tourisme a souffert d’un ralentissement suite à l’opération Bordure protectrice. Le PDG de l’Association des Hôteliers Shevi Shai a critiqué le gouvernement pour avoir annoncé un plan pour aider ostensiblement le se...

Times of Israel | Économie

Il fut une époque ou Nokia avait le vent en poupe dans l'industrie du téléphone portable. Aujourd'hui, Nokia n'est plus que l'ombre de lui-même et la société n'a plus les moyens d'autrefois. Ainsi, le Nokia Stadium Arena, l'un des plus grands stades couverts du pays, à Tel Aviv, qui s'appelait autrefois " Yad Eliyahu Arena " va devoir changer de nom sous peu. Nokia a annoncé son intention ...

IsraelValley Desk | Économie

Les échanges commerciaux entre Israël et le Japon ont débuté dès 1952 avec l'établissement des relations diplomatiques. Ils furent dès le début relativement importants. Israël exportait alors vers le Japon principalement des diamants, fruits et produits chimiques. Si, à l'époque, la balance commerciale était relativement équilibrée entre les deux pays (autour de 1,5 milliard de dollars d'ex...

Dr Paul Balança | Économie

Les salariés grévistes s'opposent à un plan de redressement qui impliquerait de nombreux licenciements. Les représentants du service postal et du syndicat israélien (Histadrout) ont prévu de reprendre les négociations avec le ministère des Finances. Les tribunaux israéliens seront fermés au public ce dimanche, bien que les audiences devraient avoir lieu comme prévu. En outre, les agents du ...

Avner Myers | Économie

Le compromis trouvé par le Premier ministre israélien et son ministre des Finances permettra de boucler rapidement le projet de budget 2015. Ce n’était qu’une question de temps : un accord entre Benyamin Netanyahou et Yaïr Lapid va enfin permettre au gouvernement de débattre de la loi de finances pour 2015 et de la soumettre aux députés israéliens pour son adoption définitive avant la fin ...

Jacques Bendelac | Économie

C’était l’OpenStartUp cette semaine, l’après-midi portes-ouvertes des start ups de Tel Aviv dans le cadre du DLD, le festival de l’innovation. IsraelValley en a profité pour aller rendre visite à Pzartech, une jeune start up israélienne dans le secteur de l’impression 3D qui s’apprête à débuter son Beta Test. Joachim Hagege, Yonathan Aflalo et Jérémie Brabet, les fondateurs de Pzartech, dév...

Yaël Haouzi | Économie

Arrivé à la présidence de Yoplait International en juillet 2012, Olivier Faujour affiche de fortes ambitions. Prochaine étape, la Chine, où le groupe va construire une usine en 2015, comme il le confie dans un entretien au «Parisien Economie». Yoplait est déjà implanté dans près d'une cinquantaine de pays, avec plus de 2 500 références à travers le monde. Sur les 5 milliards de chiffre d'aff...

IsraelValley Desk | Économie

Le thème du « rôle du capital-risque dans l'écosystème de l'innovation » a réuni des décideurs, hommes d'affaires et universitaires israéliens et européens, lors du séminaire de l'innovation UE-Israël, mené chaque année par la Délégation de l'UE en Israël, dans le cadre du Festival de l'innovation DLD à Tel-Aviv. Le séminaire de cette année a été co-organisé par les Etats membres de l'UE, I...

IsraelValley Desk | Économie

Keshet, la société de production israëlienne, poursuit son ascension. Entretien avec son PDG, Alon Shtruzman. Selon tvmag.lefigaro.fr (Copyrights) : "Alon Shtruzman, comment expliquez-vous la réussite de Keshet? Réponse : C'est le résultat de beaucoup de travail. Nous avons lié de bonnes relations avec les studios américains et de grands groupes mondiaux. En nous adaptant à chaque fois au «l...

IsraelValley Desk | Économie

Depuis quelques années, la coopération entre Israël et Madagascar dans le domaine du commerce est en veilleuse. Les échanges commerciaux restent très faibles alors que dans les années 60, lorsque Madagascar a obtenu son indépendance, des produits agricoles ont été exportés en Israël. Pour redynamiser cette relation, le ministre des Finances et du Budget, Jean Razafindravonana et l’ambassade...

IsraelValley Desk | Économie

La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a publié son Rapport sur l’investissement dans le monde 2014 (World Investment Report - WIR 2014) fin juin 2014. Selon animaweb.org : "Après une année 2012 difficile, les investissements directs étrangers (IDE) rebondissent en 2013: les flux d'IDE ont enregistré une hausse de 9% par rapport à 2012, s'établissant à ...

IsraelValley Desk | Économie

Israël ne s'inquiète pas seulement des combats le long de sa ligne de démarcation sur le Golan; une fièvre venue de Syrie menace le cheptel israélien. Les bactéries ne connaissent pas de frontières. Depuis quelques semaines, des bactéries de type coccobacilles touchent le cheptel israélien sur le plateau du Golan. Les vétérinaires soupçonnent la Syrie d’être involontairement à l’origine de...

Jacques Bendelac | Économie