Oct 7

ISRAELVALLEY DEBAT. Peut-on tirer des enseignements des différences entre les politiques menées par la France et l’Allemagne pour expliquer les différences entre ces 2 pays en terme de compétitivité ?

Authors picture

Roger Cukierman | Économie

Headline image

Peut-on tirer des enseignements des différences entre les politiques menées par la France et par l’Allemagne pour expliquer les différences entre ces deux pays en terme de compétitivité ? Je crois que oui. La politique menée par le Chancelier Gerhard Schröder au cours de son deuxième mandat de 2002 à 2005 a probablement changé le sort de l’Allemagne.

Né en 1944, leader du parti social démocrate SPD, il gagne les élections de 1998 contre le libéral Helmut Kohl, unificateur de l’Allemagne qui avait détenu le pouvoir pendant 16 ans. Schröder s’associe alors aux Verts de Yoshka Fisher, et devient Chancelier. Il est réélu en 2002 malgré une situation économique difficile.

Il adopte alors en 2003, pour ce deuxième mandat un « Agenda 2010 » destiné à réformer l’économie allemande. C’est la refonte du modèle social allemand au nom de la nécessaire compétitivité. C’est la base sur laquelle l’Allemagne, malade de l’Europe il y a dix ans, a construit son succès actuel.

Ni Tony Blair en Grande Bretagne, ni Lionel Jospin en France, tous deux également au pouvoir au début des années 2000 sous les couleurs socialistes n’ont adhéré à la politique choisie par Schröder en 2003.

Cet « agenda 2010 » a été établi sur la base d’un rapport d’un Conseil des Sages présidé par Peter Harz responsable professionnellement du personnel de Volkswagen.

Quelle était la motivation de ce Conseil des Sages ?
Ses membres voulaient rompre avec la dérive distributive de l’état providence. Ce plan a été mis en place alors que l’Allemagne était au plus bas : croissance anémique, chômage croissant, 4 millions de chômeurs, déficit public alarmant. Le marasme économique avait fait prendre conscience à ces Sages de l’urgence de réformes structurelles.

Quelles étaient ces propositions ?
Tout d’abord création de mini emplois à 400 € par mois avec imposition et charges allégées mais ne donnant droit à aucune prestation de santé ou de chômage. En matière de fiscalité : élargissement de l’assiette de l’impôt sur le revenu, baisse des taux aux deux extrémités, et baisse de l’impôt sur les sociétés.

Le plus spectaculaire est en matière de chômage l’apparition d’un plafond de montant et d’un plafond de durée des indemnités de chômage. La loi Hatz IV limite l’indemnité de chômage à un an, et 18 mois pour les plus de 55 ans, suivie d’un forfait de base d’aide de 345 € par mois pour les plus nécessiteux.

Le tout accompagné d’un durcissement des conditions de refus d’une offre d’emploi par le chômeur. Ces mesures a priori impopulaires se révèlent efficaces avec l’apparition d’une corrélation entre la fin de la période d’indemnisation et le retour à l’emploi.

Parallèlement des simplifications sont apportées aux pratiques bureaucratiques de l’agence pour l’emploi. En ce qui concerne la sécurité sociale, une hausse de la participation des assurés aux dépenses de santé est imposée. Les assurés doivent désormais payer un forfait pour les consultations, et 10 % de plus pour les médicaments, et les prothèses dentaires ne sont plus remboursées.

Les retraites n’échappent pas à la réforme : moratoire sur la revalorisation des pensions désormais gelées et imposées à l’IR. Une dose de capitalisation est introduite dans le système des retraites. Et surtout le départ à la retraite passe de 60 à 65 ans.

Enfin, des mesures d’assouplissement de la protection contre les licenciements, de libéralisation du travail intérimaire, et l’allongement de la durée maximum des CDD sont mises en œuvre.

Ce programme draconien a dû entraîner la révolte des syndicats ?
Il y a eu certes des protestations et des manifestations mais finalement les syndicats allemands comprennent la nécessité de ces réformes et contribuent à leur efficacité. Ils acceptent chez Daimler Chrysler et chez Volkswagen la hausse du temps de travail sans compensation salariale. Ils ont été des partenaires politiques à part entière acceptant fréquemment l’allongement de la durée de travail, et le blocage des salaires dans des négociations menées essentiellement au niveau des entreprises et non avec l’état. Grande différence avec la France !

L’après 2005 pour Schroder :
L’agenda 2010 établi en Mars 2003 est un succès économique sur le plan de la compétitivité, mais avec au départ de Schröder en 2005 un coût social élevé : 4,7 millions de chômeurs, et un taux de pauvreté qui a augmenté de 4,5 % pendant les mandats de Schröder.

C’est aussi un échec politique pour le SPD parti social démocrate puisqu’il a perdu les élections de 2005 contre Angela Merkel.

Mais la vie continue ! En tant que Chancelier Schröder avait apporté son soutien au gazoduc russe NordStream pour assurer l’approvisionnement direct de l’Allemagne en gaz russe. Peu de temps après son retrait politique il est nommé par Gazprom, donc par Poutine, à la tête du consortium en charge de la construction du gazoduc. Certains ont été choqués par le mélange des genres pratiqué par l’ancien Chancelier.

Suggérez vous que François Hollande pourrait adopter un « Agenda » comparable à celui de Schröder ?

Cela ne me déplairait pas mais je doute que nos dirigeants, de gauche comme de droite, soient mûrs pour de tels changements. D’autant que si la réforme radicale de Schröder a bénéficié grandement à l’économie allemande elle a condamné son auteur à être battu aux élections de 2005.

En tout cas Schröder a estimé que l’intérêt de l’état était plus important que son intérêt électoral. C’est la marque d’un homme d’état. Ils sont rares !
XXX

Les investisseurs israéliens et étrangers se détournent de la Bourse de Tel Aviv en raison de l’étroitesse du marché des actions. En trois ans, 71 sociétés sont sorties de la cote et les introductions sont au point mort. Une seule nouvelle cotation a eu lieu depuis le début de l’année. Il s’agit de celle d’Oron Group Investments & Holdings, un groupe d’ingénierie financière, qui a levé 70 milli...

IsraelValley Desk | Économie

La mondialisation du marché des capitaux et ses conséquences. La concurrence est très rude pour la Bourse de Tel Aviv. Selon Les Echos : "Les entreprises israéliennes qui souhaitent s’introduire en Bourse privilégient New York ou Londres. au détriment de Tel Aviv. A la fin du premier semestre 2015 le spécialiste israélien du matériel médical EndoChoice a fait son entrée sur le Nyse, tandis que ...

Eyal Dayan (Rehovot) | Économie

La Chine s'intéresse aux prouesses technologiques israéliennes et le prouve. Un Groupe Chinois, Shanghai Jiuchuan Investment Group, vient de racheter pour $130 Millions une firme qui aurait pu jouer un rôle fédérateur de la télémédecine israélienne. SHL Telemedicine est une société spécialisée dans les techniques de surveillance médicale et dans les prestations de services de santé à distance. ...

Eyal Dayan (Rehovot) | Économie

C’est la trêve estivale à la Knesset : malgré de nombreux dossiers en instance (budget, gaz, etc.), les députés israéliens partent en vacances. Régulièrement, l'opinion publique israélienne jalouse les conditions de travail de leurs représentants à la Knesset. Et ce n’est pas seulement en raison de leurs émoluments élevés: la longueur des vacances parlementaires fait aussi envie à de nombre...

Jacques Bendelac | Économie

Après un travail acharné et une stratégie offensive de conquête des marchés mondiaux, le sourire des dirigeants de Thales est enfin revenu. Les actions de coopération hightech avec des entrepreneurs israéliens font partie des ingrédients de ce succès. Selon La Tribune : "Thales est enfin sur le chemin de la croissance... Une croissance théorisée lors de l'arrivée il y a un peu plus de trois...

Ilan Rosenthal (Tel Aviv) | Économie

C'est déjà une habitude. Toutes les semaines des startups d'Israël sont vendues à des géants américains où asiatiques. De fait des jeunes trentenaires encaissent des sommes faramineuses. Adam Rappaport et Ami Luttwak ont 31 ans. Roy Reznik a 27 ans. Ce sont les trois nouveaux millionnaires israéliens qui bénéficient de la vente de Adallom à Microsoft. Ils ont tous été des membres de l'Unité myt...

Dan Assayah (Tel-Aviv) | Économie

Les allocations de l’Etat, en faveur des organisations d’aide aux nouveaux immigrants ont été divisées par quatre durant la dernière décennie, passant de 8 à 2 millions de shekels par an, selon un communiqué publié mercredi par la commission parlementaire pour l’immigration et l’intégration. Les causes sont multiples incluant une baisse du budget de l’Etat, un alourdissement de la bureaucratie ...

IsraPresse | Économie

Le gouvernement fédéral a annoncé cette semaine la conclusion des négociations pour l'expansion et la modernisation de l'accord de libre-échange Canada-Israël. Cette mise à jour permettra notamment de réduire les frais transactionnels des entreprises, et de créer de nouveaux débouchés pour les entreprises du secteur canadien de l'agriculture, de l'agroalimentaire, du poisson et des produits ...

IsraelValley Desk | Économie

Le président Reouven Rivlin s’avère beaucoup moins dépensier que son prédécesseur Shimon Péres, selon un rapport du quotidien économique Calcalist publié mardi. Le quotidien base ses informations sur les données que l’ancien président s’était engagé à rendre publiques pour l’année 2013-2014. Au cours des sept premiers mois de 2014, soit lorsque M. Péres était encore en poste, le bureau du...

IsraPresse | Économie

Excellente nouvelle sur le front des relations bi-nationales. Axelle Lemaire sera en Israël début septembre pour une visite officielle qui aura lieu lors de la conférence DLD. A cette occasion, la CCIIF Chambre de Commerce Israël France à Tel Aviv organisera le 9 Septembre un évènement spécial qui devrait rassembler l'élite israélienne et française du hightech. A SAVOIR. C'était dans IsraelV...

Eyal Dayan (Rehovot) | Économie

73 eurodéputés ont dénoncé “la faiblesse des garde-fous du programme Horizon 2020, qui permet à des entreprises comme Elbit Systems, qui fabrique des chars d’assaut et drones militaires de bénéficier de financements européens”. Les eurodéputés pointent du doigt les 6 propositions de projets soumises par Elbit à Horizon 2020, déjà approuvé par la direction israélienne pour la recherche européenn...

Coolamnews.com | Économie

Israël a signé un contrat pour constuire une usine d’énergie solaire de plusieurs mégawatts dans le sud du désert du Neguev pour tenir l’objectif national destiné à augmenter l’utilisation de sources d’énergie renouvelable. L’accord de 1,05 milliard de dollars pour une usine de 121 megawatts a été annoncé par le ministère des Finances dimanche, a rapporté Reuters. Un consortium de Shikun & B...

Times of Israel | Économie

En pleine saison estivale, Israël a évité la pagaille: la grevé prévue pour mercredi a été annulée après la signature d'un accord Syndicats-Trésor. À l'appel de la Histadrout, la puissante Confédération du Travail, les salariés israéliens se préparaient à entamer une grève générale. Au cœur des revendications: les mauvaises conditions de travail des intérimaires, appelés ici « salariés sous-...

Jacques Bendelac | Économie

Environ 49 % des exportations israéliennes, représentant un volume d’affaires de 17,5 milliards de dollars, sont assurés par 10 grandes sociétés (à l’exclusion des diamants) : Intel, Elbit, Teva, Iscar, ICL, Paz et quelques compagnies aéronautiques. Une entreprise, très peu mentionnée par les médias israéliens, mérité d'être connue : ICL. L'entreprise se presente : "ICL est un fabricant int...

IsraelValley Desk | Économie

La compagnie israélienne des chemins de fer a fait l’acquisition d’un wagon de contrôle autrichien pour un montant de vingt-six millions de shekels. Ce wagon est équipé de systèmes optique et informatique parmi les plus perfectionnés au monde et permettra d’effectuer un contrôle de tout le réseau de chemin de fer israélien, une inspection régulière des voies ferrées permettant d’éviter de nombr...

IsraPresse | Économie