Sep 24

ISRAELVALLEY – ISRAËL-PALESTINE: LE TRAITÉ DE LA DISCORDE. Israël accorde un paquet d'aide à l'Autorité palestinienne; les Palestiniens exigent la révision du Protocole de Paris.

Authors picture

Jacques Bendelac, à Jérusalem | Économie

Headline image

Le gouvernement israélien vient d’accorder un nouveau paquet d’aide à l’Autorité palestinienne: augmentation du quota d’ouvriers palestiniens autorisés à travailler en Israël, transfert direct de marchandises de Gaza en Cisjordanie, accélération des procédures de prélèvements douaniers, etc. S’agit-il d’un signe de bonne volonté de la part des dirigeants israéliens en vue de soutenir l’économie palestinienne en proie à des difficultés croissantes; ou s’agit-il plutôt de la crainte d’un “printemps palestinien” qui aurait convaincu les dirigeants israéliens d’assouplir les contraintes qui pèsent sur l’économie locale?

En réalité, le principal handicap de l’économie palestinienne est ailleurs: il se trouve dans un document de 80 pages qui a été signé à Paris, en avril 1994, entre le gouvernement de l’Etat d’Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine, et qui s’intitule « Protocole sur les Relations Économiques ». Cet accord, qui régit les relations économiques entre Israël et l’Autorité palestinienne, est aujourd’hui à l’origine des blocages de l’économie palestinienne et de la cherté de la vie dans les territoires.

Que prévoit le Protocole économique de Paris ?

De façon générale, le protocole établit une union douanière entre les territoires palestiniens autonomes et Israël: il prévoit la libre-circulation des marchandises entre les deux partenaires, sans aucun droit de douane ou taxe à l’importation, et avec des tarifs douaniers communs à l’extérieur de cet espace économique. Les droits de douane sur les marchandises qui sont importées de l’étranger et qui transitent par le territoire israélien, sont perçus par les autorités israéliennes et reversés à l’Autorité palestinienne.

Cependant, pour répondre aux besoins élémentaires des Palestiniens et pour favoriser leur développement économique, des exceptions ont été prévues au principe de l’union douanière avec Israël. Par exemple, l’Autorité palestinienne peut fixer ses propres règles douanières pour certains produits de première nécessité importés de Jordanie et d’Egypte. De même, les Palestiniens sont autorisés à importer certains produits d’autres pays arabes. Enfin, l’Autorité palestinienne a tout pouvoir pour déterminer les droits de douane sur les équipements industriels indispensables à son développement économique. Pour les autres produits, c’est Israël qui fixe les taux d’imposition qui sont aussi en vigueur dans les territoires autonomes.

Pourquoi les Palestiniens réclament-ils l’abrogation du Protocole ?

Le Protocole économique de 1994 visait à encourager « la consolidation des bases économiques de l’entité palestinienne ainsi que l’exercice de son droit à la prise de décision selon son propre programme de développement et priorités ». En d’autres termes, le transfert de pouvoir en Cisjordanie et dans la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne aurait dû permettre à l’économie palestinienne de passer d’une situation de dépendance à un processus de croissance autonome. Seulement voilà: les règles qui ont été fixées pour une période intérimaire (2 à 3 ans), durent depuis près de 20 ans! Les réalités économiques ont largement changé et les besoins de l’économie palestinienne aussi.

En fait, la dépendance des Territoires palestiniens vis-à-vis d’Israël s’est renforcée, notamment pour leur approvisionnement en eau, en électricité et en essence. La liberté d’exportation des produits palestiniens se heurte à l’absence de ports et aéroports; l’obligation de transiter par le territoire israélien a développé la dépendance économique des Palestiniens du bon vouloir des autorités israéliennes, tandis que les bouclages répétés des territoires ont entravé la libre circulation entre les deux espaces économiques. Israël a souvent imposé aux Palestiniens ses propres produits, notamment en alourdissant les formalités d’importation d’un pays tiers.

Quant aux droits de douane perçus par les autorités israéliennes pour les marchandises importées pour les Territoires palestiniens et reversés à l’Autorité palestinienne (400 millions de dollars par an), ils ont souvent été versés avec retard, notamment lorsque des fournisseurs israéliens impayés en faisaient la saisie. Or, près de 60% des recettes du budget palestinien sont subordonnées aux rétrocessions des droits de douane par Israël, ce qui oblige à une coopération étroite entre les deux partenaires.

Pourquoi le coût de la vie augmente dans les territoires palestiniens ?

Les Palestiniens doivent s’aligner sur les prix israéliens et subir les mêmes augmentations des prix qu’en Israël, notamment pour les carburants et l’électricité. Cette dépendance est forte puisqu’aujourd’hui, 75% des importations de l’Autorité palestinienne sont fournis par Israël. De même, le Protocole de Paris prévoit que la TVA palestinienne devra se maintenir entre 15 et 16% pour rester proche de la TVA israélienne (17% aujourd’hui); les Palestiniens ne peuvent donc abaisser unilatéralement leur TVA pour réduire le coût de la vie. Et si l’Autorité palestinienne veut importer de l’extérieur des produits moins chers, ainsi que le Protocole de Paris l’autorise, il ne pourra s’agir que de produits de première nécessité. Pour l’importation de matières premières ou des matériaux industriels, les Palestiniens doivent obtenir l’agrément d’Israël par le biais d’une Commission économique conjointe.

Autrement dit, l’augmentation des prix en Cisjordanie est une “inflation importée” d’Israël. Dans cette situation « intérimaire », mais qui dure depuis deux décennies, l’Autorité palestinienne ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour fixer sa propre politique commerciale (comme signer des accords commerciaux avec un pays tiers) et sa propre politique fiscale (comme déterminer le niveau de sa TVA). Et en l’absence de toute politique monétaire autonome, la capacité des autorités palestiniennes de maîtriser l’inflation reste très réduite.

C’est pour mettre un terme à cette situation anachronique que les Palestiniens exigent une révision du Protocole de Paris; or celui-ci n’est qu’une annexe de l’accord d’Oslo qui a conduit à la séparation politique des Israéliens et Palestiniens. En l’absence de tout nouvel accord politique entre les deux partenaires, une révision des règles économiques reste improbable.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

Il n’est pas courant en Israël de voir des manifestations d’agriculteurs; pourtant, la colère gronde dans un secteur handicapé par des coûts élevés. Depuis quelques jours, les agriculteurs manifestent dans les grandes villes israéliennes au cri "Sauvons l’agriculture israélienne" : routes barrées, déversement de fruits dans les rues, défilés de protestation, rassemblements devant le minist...

Jacques Bendelac | Économie

Le célèbre milliardaire russe Roman Abrahamovitch a par l’intermédiaire de sa société d’investissement Millhouse Capital misé près de 2,25 millions de dollars sur la start-up israélienne IAngels. La société spécialisée dans le financement participatif a été créée l’année dernière. Elle a bâti son succès en offrant la possibilité aux jeunes entrepreneurs du pays de profiter de ses services d...

IsraPresse | Économie

La société israélienne des Chemins de fer lève des fonds à la Bourse de Tel Aviv ; une autre étape dans la privatisation de l’entreprise publique. La privatisation des entreprises publiques touche aussi les Chemins de fer israéliens Il y a quelques jours, "Rakevet Israel" (ou "Israel Railways" en anglais) a levé des fonds à la Bourse de Tel Aviv ; autrement dit, des investisseurs privés en...

Jacques Bendelac | Économie

Le ministère de l’Économie publie un rapport inédit sur la répartition géographique des entreprises exportatrices d’Israël: Petah Tikva est en tête. Beaucoup de surprises dans la liste inédite que vient de publier le ministère de l’Économie à Jérusalem. D’abord, c’est la première fois qu’un classement des villes israéliennes est réalisé selon leur part dans les exportations israéliennes. E...

Jacques Bendelac | Économie

Une semaine après les élections législatives israéliennes des sujets brûlants, alimentant le débat électoral comme la TVA et les taxes municipales, reviennent au front de l’actualité. Le nouveau gouvernement devra examiner lorsqu’il sera formé, un plan proposé par un groupe de travail constitué des représentants des ministères des finances, de l’intérieur et de la construction, sur la taxe...

Anael Dahan | Économie

LIDL, un des principaux distributeur " Low Cost " en France fait l'objet d'une opération de boycott de la part du BDS dans plusieurs villes de France (Marseille, Le Havre, Metz, Montpellier, Nîmes, Paris, Perpignan, Saint-Étienne, Toulouse ou encore Valence). L'enseigne travaille avec l'entreprise israélienne " Mehadrin ". On trouve répartis sur les magasins LIDL pratiquement toute la gamme ...

David Illouz | Économie

Les actions des banques israéliennes étaient en baisse dimanche, alors que les investisseurs commencent à prendre au sérieux l’éventualité de la nomination du chef de Koulanou, Moshe Kahlon, comme ministre des Finances dans le prochain gouvernement. M. Kahlon promet des réformes substantielles dans le système bancaire israélien, notamment l’ouverture du secteur à la concurrence, comme il l’a...

IsraPresse | Économie

SPÉCIAL – D’Agroalimentaire à Zéro intérêt: de nombreux chantiers économiques et sociaux attendent le quatrième gouvernement de Benyamin Netanyahou. Après les promesses électorales, l’heure est aux décisions. Le quatrième gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou devra se mettre rapidement à la tâche pour lancer les chantiers les plus urgents. Certains dossiers sont déjà prêts et attende...

Jacques Bendelac | Économie

ANALYSE – Le mystère reste entier à Tel Aviv: le quartier huppé de Ramat Aviv a voté à gauche alors que les pauvres d’Hatikva ont voté à droite. Les observateurs de la politique israélienne cherchent à expliquer ce paradoxe électoral : depuis plus de trente ans, les Israéliens les plus pauvres votent pour le Likoud et les partis de la droite ; en revanche, les Israéliens des classes moyen...

Jacques Bendelac | Économie

La start-up israélienne Playbuzz a annoncé le 18 mars dernier avoir levé 16 millions de dollars auprès du fonds de capital risque 83North, Saban Capital, Carmel Ventures et First Time Ventures. Fondée par Shaul Olmert en 2012 (fils de l’ancien Premier Ministre d’Israël Ehud Olmert) et par Tom Pachys, Playbuzz est une plateforme de contenu en ligne permettant aux médias, aux particuliers, au...

Anael Dahan | Économie

Dans la plupart des branches d’activité en Israël, les salaires de 2014 étaient inférieurs à ceux de 2001. Par contre, le marché du travail s’élargit. Mettre un terme aux inégalités de salaires : ce sera un des principaux enjeux du prochain gouvernement israélien. Car pour réduire le coût de la vie, il ne suffira pas de faire baisser les prix des produits de consommation courante : il faud...

Jacques Bendelac | Économie

Dans le cadre d'une stratégie de développement international soutenue, Frutarom vient d'acquérir 100% des actions de Taiga (alimentation: additifs, aromes, levures (fabrication, gros) en Belgque. La multinationale israélienne Frutarom Industries, spécialisée dans la fabrication d’arômes et d’essences naturelles pour les industries alimentaires et cosmétiques, figure dans le "Top 8" mondial des ...

Ilan Rosenthal | Économie

Bonne nouvelle pour le prochain gouvernement israélien: 2014 s’est terminé sur un excédent de la balance des paiements courants de $ 9 milliards. Israël a affiché un excédent des transactions courantes de 9,0 milliards de dollars en 2014 dans ses échanges (biens et services) avec le reste du monde. Selon les chiffres que vient de publier l’Institut de la Statistique à Jérusalem, les invest...

Jacques Bendelac | Économie

SAVE THE DATE : le 24 mars 2015 participez à la journée spéciale TV5MONDE dans le cadre du Festival Mauboussin du cinéma français en Israël La première chaîne mondiale francophone TV5MONDE soutient pour la 12e année consécutive le Festival du film français qui se déroulera du 15 au 25 mars prochains à travers Israël, organisé conjointement par l'Institut Français d'Israël et la société Eden ...

talia Blum | Économie

Le nouveau gouvernement aura droit aux 100 jours de grâce: il bénéficiera d’une bonne situation macroéconomique pour lancer des réformes fondamentales. Auprès une campagne électorale agitée, le gouvernement qui sortira du scrutin d’hier, devra se mettre rapidement à la tâche. L’héritage économique laissé par le gouvernement précédent est constitué de plusieurs succès, mais aussi de nombreu...

Jacques Bendelac | Économie