Sep 13

ISRAELVALLEY – MENACE IRANIENNE: L'ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE EST-ELLE PRÊTE À AFFRONTER UNE GUERRE AVEC L'IRAN? secteur public, écoles, banques, électricité, eau, etc.

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Jacques Bendelac, à Jérusalem | Économie

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DOSSIER SPÉCIAL – Une guerre avec l’Iran n’exige pas seulement des préparatifs militaires intenses: elle suppose aussi que les principaux secteurs de l’activité aient pris des précautions pour que l’économie continue de tourner, même au ralenti, notamment les services publics, les banques et la compagnie d’Electricité. A en croire Stanley Fischer, le gouverneur de la Banque d’Israël, l’économie israélienne est prête à affronter une guerre. Fischer est un des rares hauts fonctionnaires israéliens à s’être exprimé publiquement sur la question; avare de mots, il est réputé pour savoir de quoi il parle. Il est vrai que depuis qu’elle existe, l’économie israélienne a appris à se développer à l’ombre de la menace perpétuelle d’une guerre. D’ailleurs, Israël a affronté de nombreuses guerres tout au long de ses 64 années d’existence, et son économie a toujours réussi à y faire face, quitte à rattraper plus tard les pertes causées par un conflit.

En revanche, une guerre avec l’Iran n’aurait rien de comparable avec les Intifada palestiniennes, ni même avec les conflits frontaliers comme avec le Liban, voir l’Egypte. Une guerre avec l’Iran pourrait devenir rapidement un conflit régional, d’une durée et d’une intensité plus forte, ce qui exige des préparatifs économiques plus importants.

Secteur public. Depuis plus d’un an, les services de l’Etat ont réalisé de nombreux exercices de simulation visant à vérifier leur bon fonctionnement en période de guerre. Aujourd’hui, la plupart des ministères sont prêts à poursuivre leurs activités dans toutes situations d’urgence. L’Education nationale est le secteur qui supportera de plein fouet un conflit militaire prolongé; des cours sur Internet ont été préparés pour permettre aux enseignants et élèves de ne pas interrompre totalement les cours.

Parmi les autres ministères qui se sont préparés à un conflit, on trouve notamment: le ministère de l’Industrie, qui veillera à l’approvisionnement de produits alimentaires dans les chaînes de distribution; le ministère du Tourisme, qui sera responsable du rapatriement des touristes étrangers; le ministère de l’Energie, qui devra fournir de l’électricité, de l’eau et du gaz, même sous le feu ennemi; le ministère des transports, qui garantira un service minimum pour les trains et autobus. Par ailleurs, les services déclarés vitaux, comme la Sécurité sociale ou la voirie municipale, continueront à fonctionner avec un personnel réduit.

Secteur bancaire. La Banque d’Israël se prépare à un scénario économique d’urgence: elle a pris toutes les mesures nécessaires pour que les banques israéliennes, ainsi que la Bourse de Tel Aviv, puissent continuer à fonctionner, même en cas d’un conflit prolongé qui toucherait le territoire israélien. C’est en toute discrétion que la banque centrale s’est préparée aux divers scénarios d’une attaque israélienne en Iran: approvisionnement des banques en espèces, gestion des devises, suivi budgétaire de l’Etat, etc. Les banques commerciales devront laisser ouvertes au moins le quart de leurs agences qui desserviront chacune leur clientèle régionale.

A la banque centrale, on estime avoir pris toutes les dispositions nécessaires, précisant que le pays disposait d’un confortable matelas de devises étrangères de 76 milliards de dollars. On ne cache d’ailleurs pas que ces réserves ont été constituées pour faire face aux enjeux géopolitiques de la région. Ces réserves permettront de faire face à une fuite des capitaux, de financer les importations qui ne manqueraient pas d’augmenter en cas de guerre, et de défendre éventuellement le shekel face à la spéculation étrangère.

Energie. La Compagnie nationale d’Electricité a formé des équipés spécialisées qui seront chargées d’intervenir en cas de destruction de matériel ou de pannes prolongées. Des exercices sont effectués régulièrement pour faire face aux différents scénarios de guerre: infrastructures touchées par des tirs ennemis, fuite de produits dangereux, etc.

Par ailleurs, les sociétés pétrolières ont déjà effectuées des stocks d’urgence permettant au pays de disposer d’essence et d’électricité en quantité suffisante. Quant aux compagnies des Eaux, elles disposent aussi d’importants stocks en eau naturelle et minérale, qui seront distribuées aux populations coupées des canalisations d’eau courante.

Croissance soutenue. Les dernières estimations publiées par l’Institut israélien de la Statistique, sont venues rassurer les plus sceptiques: l’économie israélienne résiste mieux que prévu à la crise mondiale. Au second trimestre de 2012, le rythme annuel de la croissance est remonté à 3,2% contre 2,8% au premier trimestre.

La croissance israélienne reste encore tirée par les exportations qui ont redémarré (+ 10%) grâce à la dévaluation du shekel face au dollar et à l’euro; de même, la consommation des ménages reste un des principaux moteurs de l’activité (+ 5,4%). Autrement dit, le déclenchement d’une guerre avec l’Iran bénéficierait en Israël d’un environnement de croissance favorable, ce qui permettrait d’amortir le choc d’une guerre prolongée.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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