ISRAELVALLEY – UN CONFLIT ENTRE ISRAËL ET L'IRAN POURRAIT AGGRAVER LA CRISE ÉCONOMIQUE MONDIALE: hausse du pétrole, rebond du dollar, renchérissement des céréales, etc.
ANALYSE – Alors qu’Israël poursuit ses préparatifs de défense pour faire face à un éventuel conflit avec l’Iran, les économistes israéliens estiment que les retombées d’une attaque israélienne en Iran ne se feront pas seulement ressentir sur l’économie israélienne: l’économie mondiale aussi sera touchée par un nouveau conflit au Moyen-Orient.
Contrairement à la seconde guerre du Liban ou à la seconde Intifada, un conflit entre Israël et l’Iran aura davantage de répercussions sur l’économie mondiale que sur l’économie israélienne. Les observateurs israéliens, qui examinent les retombées d’une guerre que pourrait lancer Israël contre l’Iran, estiment que la crise mondiale sera aggravée par une nouvelle crise pétrolière. La riche expérience israélienne en matière de conflits armés donne une idée des retombées économiques d’une guerre sur l’économie mondiale.
L’expérience israélienne. Pour évaluer les retombées d’une guerre avec l’Iran sur la croissance économique, les économistes israéliens n’hésitent pas à évoquer les retombées de la guerre de Kippour (1973) et celles de la seconde Intifada (2000). Si la guerre de Kippour a été le détonateur de la crise de l’énergie, l’Intifada palestinienne a déclenché la crise du high tech. Dans les deux cas, le PIB israélien a reculé de façon sensible.
Par exemple, à la suite de la guerre de Kippour en 1973, l’économie israélienne a connu une « décennie perdue » (1973 à 1984), caractérisée par de faibles taux de croissance et une forte inflation. Même scénario au cours de la seconde Intifada: à son début en 2000, l’économie connaissait un rythme de croissance de 9,1%. Les trois années qui s’en sont suivies (2001-2004) ont constitué l’une des périodes de récession les plus longues que le pays ait jamais connues.
Crise pétrolière. Une attaque contre l’Iran provoquera une baisse de l’offre mondiale de pétrole et une nouvelle flambée des prix de l’énergie. L’augmentation des coûts de production réduira la marge de rentabilité des entreprises et entraînera l’économie mondiale dans une phase de récession. Dans le contexte actuel de ralentissement de l’économie mondiale, un nouveau renchérissement des prix de l’énergie va accélérer la crise mondiale.
Crise alimentaire. Parallèlement à la flambée de l’énergie, le coût des matières premières (comme les engrais) va aussi s’envoler. Aujourd’hui déjà, le renchérissement des matières premières se répercute sur les prix à la consommation des produits alimentaires. Cette tendance devrait s’accélérer en cas de nouveau conflit au Moyen-Orient.
Crise boursière. L’instabilité caractérise déjà les principales places financières dans le monde. En cas de conflit prolongé au Moyen-Orient, cette instabilité boursière ne manquera pas de se transformer en tourmente en cas de conflit. Et à un moment où l’euro est encore jugé comme une devise à risque, c’est le dollar qui pourrait retrouver son rôle de valeur refuge.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
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