Sep 9

ISRAELVALLEY - INTERDICTION DU PORC EN ISRAËL? Entre motivations religieuses et écologiques, quelles sont les répercussions économiques pour les Arabes chrétiens d'Israël.

Authors picture

IsraelValley Desk | Économie

Headline image

Extraits: "A la naissance d’Israël, en 1948, alors que cette nouvelle nation devait relever le défi de construire un pays au milieu d’une guerre, ses premiers dirigeants ont débattu de nombreuses questions délicates : que faire des réfugiés arabes, comment installer des centaines de milliers d’immigrants et, de manière plus surprenante, la question de savoir si l’élevage des porcs devait être autorisée.

Le porc était (et est resté) un sujet de controverse en raison de l’interdit de la consommation de sa viande selon la loi juive, mais aussi parce que le caractère juif d’Israël était considéré comme partie prenante de l’identité du nouvel Etat. Les politiciens et les écrivains ont tous donné leur avis sur le sujet. Si les politiciens orthodoxes avançaient des arguments religieux, même Natan Alterman, poète laïc, considérait l’importance symbolique de l’interdiction du porc sur le territoire israélien. Il écrivait ainsi dans un éditorial publié dans le journal du parti Mapai: «Si une nation juive accepte la présence de porc sur son sol, son existence est menacée.»

Pourtant, de nombreux sionistes socialistes rejetèrent l’idée de fonder des lois séculières sur la tradition juive. Le journaliste laïc Mair Bareli, tout en prenant la mesure de l’importance du tabou du porc, considérait le faible coup de son élevage, à une époque où le manque de viande était criant, comme une excellente raison de l’autoriser.

Une industrie limitée
L’histoire contemporaine de l’industrie du porc en Israël est vieille de cinquante ans et date du moment où la Knesset a passé une loi interdisant l’élevage de porc sur le territoire de l’Etat hébreu. Cette loi –une des plus controversées de l’histoire d’Israël– a été conçue avec un vide juridique permettant l’élevage de porcs dans les régions majoritairement chrétiennes du nord, comme une forme de concession à l’égard des minorités religieuses du nouvel Etat d’Israël.

Voilà pourquoi les villes majoritairement peuplées d’Arabes chrétiens sont devenues des zones de production porcine. Si les politiciens ultra-orthodoxes ont, à plusieurs reprises, tenté de faire interdire l’élevage de porc en Israël, la loi limite l’expansion de cette industrie tout en protégeant les intérêts des producteurs chrétiens.

Il y a un peu plus d’un mois, un panel de représentants du gouvernement israélien a soudainement recommandé un changement de la loi et demandé que la production porcine soit délocalisée dans le sud afin de «réduire la densité de production de porcs» et de réguler les fermes.

Le porc est généralement considéré comme davantage interdit que la crevette ou le crabe (qui ne sont pas non plus casher) car depuis des millénaires, de nombreuses populations ont persécuté les Juifs en utilisant ce tabou pour les humilier et les punir.

Jusqu’aux années 1990, l’industrie israélienne du porc était presque clandestine, mais avec un afflux d’émigrants venus de l’ex-union soviétique et avec une Cour suprême plus progressiste, le porc est devenu plus répandu en Israël. Le pays étant repassé à droite avec l’élection de Benjamin Netanyahu, certains consommateurs de porcs ont de bonnes raisons de craindre que les membres religieux du gouvernement ne tentent –comme ils l’ont déjà fait à maintes reprises par le passé– de limiter la production porcine en Israël.

Cet été, tandis que je me trouvais à Tel Aviv pour enquêter sur cette industrie, le spécialiste des questions d’alimentation de Haaretz, Ronit Vered, m’a expliqué que le ministre de l’Agriculture ne se soucie guère des porcs. Les porcheries sont bien moins contrôlées que les fermes l’élevage de bovins et les discours sur la santé ou le bien-être des animaux sont quasi-inexistants.

L’intérêt récent que porte le Ministère de l’agriculture à l’élevage des porcs est donc censé porter avant toute chose sur les mauvaises conditions environnementales et d’hygiène. Il est certain que les fermes du Nord, dans les villes d’Ibilin, de Mailya, de Kafr Yasif et de Nazareth sont aussi surpeuplées que peu salubres, un fait que je ne puis que confirmer au vu de ma visite, il y a quatre ans, de la ville d’Ibilin. Je n’étais alors pas parvenu, malgré mes efforts, à échapper à l’odeur pestilentielle du lisier, même en roulant avec ma voiture toutes fenêtres fermées.

Le récent rapport du gouvernement recommande qu’Israël déplace ses porcheries dans le sud ou les cochons auront davantage d’espace et qu’Israël adopte “la directive de l’Union Européenne sur la question des droits des animaux”.

Israël pourrait imposer des conditions d’exploitation plus strictes aux fermes existantes plutôt que de relocaliser 26 exploitations, mais, contacté sur ce sujet, le Ministère de l’agriculture n’a pas souhaité répondre à ma question.

Des répercussions économiques
Si cette initiative se concrétise, les répercussions économiques pour les Arabes chrétiens seront graves, surtout dans une région qui voit le nombre de Chrétiens diminuer. Les Arabes chrétiens ne seront certainement pas prêts à abandonner des villages qu’ils occupent depuis des générations pour déménager dans un désert aride. L’Egypte a connu un précédent fâcheux il y a trois ans de cela lorsque sous couvert d’une «mesure de santé publique» l’ancien président Hosni Moubarak a fait abattre les 300 000 porcs du pays lors d’une éruption de grippe porcine. Les Coptes d’Egypte, principaux éleveurs de porcs, ont subi cette mesure de plein fouet, une mesure considérée par beaucoup comme une attaque déguisée contre cette minorité religieuse vulnérable.

Le risque existe que les consommateurs de porcs en Israël y perdent tout autant que les chrétiens d’Israël. En l’état actuel, le Ministre de l’intérieur doit examiner les recommandations du panel et décider ou non de leur acceptation, entamant ainsi la réforme des lois israéliennes sur le porc. Eli Yishai, Ministre de l’intérieur, est le chef du parti Shas, ultra-orthodoxe, dont les membres militent sans relâche pour l’interdiction du porc et qui critiquent les Israéliens d’origines russes qui en consomment. Si la loi change et que l’élevage de porcs n’est plus autorisé dans les zones chrétiennes, l’interdiction des porcheries pourrait suivre.

Le rapport déjà évoqué demandait à Yishai de «ne pas hésiter à prendre cette question à bras le corps, les porcs étant considérés comme l’exemple même de l’animal non-casher», ce qui montre la coloration religieuse du panel.

Mais ce n’est pas la première fois que les porcs attirent l’attention dans la région. Dans le récit de la Bible du voyage de Jésus au pays des Géraséniens, il y rencontre un homme accablé par des démons. Jésus le soigne en faisant entrer les démons dans un troupeau de porcs qu’il envoie ensuite à la mort en les faisant se noyer en Mer de Galilée. Au vu de cette histoire, le fait que les cochons finissent dans le désert du sud serait finalement un moindre mal".

Jeffrey Yoskowitz

Traduit par Antoine Bourguilleau

Source: Slate. Copyrights.

Samsung a inauguré dimanche un nouveau centre d'investissement dédié à l'innovation et aux startups dans le complexe Sarona de Tel Aviv. Ce centre est le plus récent créé par la branche Samsung NEXT dans le cadre de son programme "Innovation Center Global Samsung". Le centre a pour objectif d'aider les startups à différents stades de leur développement en favorisant de nouvelles id...

IsraelValley Desk | Économie

Henjoy.fr a remporté le "Prix Start Tel Aviv" et sera présente au DLD Tel Aviv. Ce Prix Start Tel Aviv a été remis lors de la soirée, « Femme Entrepreneur » de Parrainer La Croissance, le 14 septembre dernier. La gagnante est Cloé DANA, co-fondatrice de henjoy.fr. START TEL AVIV Start Tel Aviv 2016 est un concours mondial organisé par le ministère israélien des Affaires étrangè...

IsraelValley Desk | Économie

La Banque CIBC (CM aux Bourses de Toronto et New York) a annoncé avoir formé avec la National Australia Bank (NAB) et la Bank Leumi d'Israël une alliance stratégique visant à proposer des façons novatrices d'améliorer l'expérience client. Ce partenariat permet à trois banques sur trois continents de collaborer et de partager des aspects de leurs stratégies d'innovation exclusives e...

IsraelValley Desk | Économie

La tendance va en s'amplifiant : les Israéliens laissent de plus en plus d'argent sur leur compte courant, ce qui ne leur rapporte rien. Selon les bilans des banques israéliennes pour le premier semestre 2016, les Israéliens préfèrent les fonds immédiatement disponibles. En effet, l'inflation quasiment nulle ne pousse pas les épargnants israéliens à placer leur argent sur des comp...

Jacques Bendelac | Économie

Selon les perspectives économiques de l’OCDE, la croissance des économies les plus avancées sera modérée en 2017, mais Israël fera exception. « La faible progression des échanges et les distorsions du système financier exacerbent la lenteur de la croissance économique mondiale » : le message de l’OCDE sur l’économie mondiale est alarmiste. Selon les dernières "Perspec...

Jacques Bendelac | Économie

Selon un haut-responsable de Nasdaq OMX (section européenne de la société boursière), la bourse de Tel Aviv (Tel Aviv Stock Exchange) doit opérer des changements significatifs dans sa structure, son image et sa régulation, sous peine de décliner dangereusement. La bourse américaine est en étroite coopération avec la bourse de Tel Aviv sur diverses problématiques. C’est dans ce ...

Nathan Driot | Économie

Les Israéliens aiment donner et recevoir des cadeaux, notamment à l’occasion des fêtes juives ; cette année, la carte cadeau aura leur préférence. À l’approche des fêtes juives, les Israéliens ont tendance à délaisser les cadeaux traditionnels au profit de la carte cadeau. On peut même dire que la Gift Card (comme les commerçants l’appellent) est devenue le cadeau par exce...

Jacques Bendelac | Économie

Une rumeur persistante en Israël : Elco Holdings Ltd. côté à la bourse de Tel Aviv (TASE: ELCO) et Pelephone Communications Ltd pourraient ensemble racheter Golan Telecom selon le magazine "Globes". Michaël Golan, est un homme d'affaires franco-israélien né en 1978. Il est titulaire d'une maîtrise de sciences de gestion de l'Université Paris-Dauphine (1999) et diplômé de l'ESCP E...

Eyal Kaplan (Tel Aviv) | Économie

Une nouvelle tendance se dessine dans les habitudes de loisirs des Israéliens : ils délaissent les salles de fitness pour le sport en plein air. Depuis toujours, les Israéliens sont des adeptes des salles de sport et de musculation. Or ces derniers temps, des municipalités installent des appareils de fitness en plein air, dans des espaces publics, notamment parcs et plages. Leur utilis...

Jacques Bendelac | Économie

Shraga Brosh, président Association des industriels d’Israël (fédération du patronat), Dov Amitai, président de l’Association des agriculteurs d’Israël, Yair Seroussi, président de l’Association des banques d’Israël, ainsi que d’autres leaders économiques du pays, ont écrit à Benjamin Netanyahou pour lui demander de fixer des objectifs annuels de croissance pour l’écon...

IsraelValley Desk | Économie

ANALYSE – Le nouvel accord d'assistance militaire pour les années 2019-2028 bénéficiera davantage aux entreprises américaines qu'israéliennes. 38 000 000 000 $ : on pourrait aussi écrire 38 milliards de dollars, mais l’Israélien préfère aligner les zéros lorsqu’il s’agit de grosses sommes d’argent qui le font rêver. L’accord est donc signé : Israël recevra des Éta...

Jacques Bendelac | Économie

Judo pour les garçons et danse pour les filles: en cette rentrée 2016, les activités extrascolaires en Israël constituent un marché en plein essor. Les JO 2016 de Rio ont produit leur effet sur les petits Israéliens. Après la médaille de bronze obtenue par le judoka Ouri Sasson, les écoliers israéliens sont de plus en plus nombreux à s’inscrire à un club de judo. En Israë...

Jacques Bendelac | Économie

Les Israéliens vivent beaucoup à crédit, mais l'été dernier ils ont battu un nouveau record; ils ont acheté à crédit 8% de plus que l'été précédent. Avec des taux d’intérêts extrêmement bas, l’Israélien est de plus en plus tenté d’acheter à crédit, et il ne s’en prive pas : cet été, il a fait un usage intense de ses cartes de crédit. C’est ce qui ressort du ...

Jacques Bendelac | Économie

L’économie israélienne est en pleine mutation : si la production continue de croître, la part du high tech a perdu 0,5 point de PIB en 2015. On ne peut pas dire que le high tech israélien soit en perte de vitesse ; mais il augmente moins vite que d’autres secteurs de l’activité, ce qui fait que sa part dans le PIB israélien tend à se réduire. C’est la conclusion qui ressort...

Jacques Bendelac | Économie

La géographie est implacable : Israël est à 60 % désertique. « Le climat est caractérisé par une haute fréquence d’années sèches, de courtes saisons des pluies et une importante évaporation des eaux de surface. Environ 70 % de l’eau de pluie s’évapore, 25 % s’infiltre dans les nappes phréatiques, et 5 % s’écoule dans les lacs et rivières », explique Norbert Lipszyc, ...

IsraelValley Desk | Économie