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ISRAELVALLEY. UN BILAN DE LA SECURITE D'ISRAËL ET LE RÔLE DE TSAHAL. DRONES : LES ANTISIONISTES DE BDS ONT-IL GAGNE DES POINTS EN FRANCE ?

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Richard Darmon | Défense

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De l’avis de tous les stratèges israéliens, l’État hébreu vit aujourd’hui une situation assez paradoxale : d’une part, la situation sécuritaire régionale lui semble favorable en raison des fortes capacités de dissuasion de Tsahal et de son avance technologique ; mais d’autre part, la menace omniprésente du programme nucléaire iranien et l’incertitude, voire la confusion, engendrées par les turbulences islamiques dans tout le monde arabe dessinent de nouvelles menaces sécuritaires et stratégiques qu’Israël doit se préparer à contrer le plus efficacement possible.

Menace nucléaire iranienne avec toutes ses implications déstabilisatrices dans la région du Golfe Persique ; agressivité du Hezbollah libanais dont les arsenaux renferment plus de 60 000 missile et roquettes en tous genres ; fragilité du régime hachémite en Jordanie où les islamistes préparent son « remplacement » ; instabilité en Égypte où la chute du régime Moubarak et l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans (FM) pourraient remettre en cause le traité de paix bilatéral de 1979 et encourager l’extrémisme du Hamas qui gouverne à Gaza depuis 2006 ; le tout sur fond de « libanisation » de la presqu’île du Sinaï livrée aux milices bédouines d’Al-Qaïda et du Djihad global préparant sans cesse des attentats en tous genres contre Israël ; sans oublier le nouveau souci du « front maritime » – surtout localisé au sud-ouest et au sud-est du pays en Méditerranée orientale face à la puissante flotte égyptienne et plus au sud en mer Rouge, le long du canal de Suez et dans le Golfe Persique face à l’Iran et ses alliés…

Le rapide tour d’horizon sécuritaire montre à quel point la poursuite de la folle course des mollahs iraniens au nucléaire, couplée avec les turbulences du « printemps arabe » devenu un véritable hiver islamique, complique la tâche pour les stratèges israéliens…

Voilà pourquoi Tsahal a d’abord mis au point en 2011 un plan stratégique sur cinq ans en vue d’un conflit régional « généralisé ». Tout en continuant d’investir dans différents moyens de défense anti-roquettes et anti-missiles (dont la fusée Arrow (Hetz) de la « nouvelle génération » ), ainsi que dans divers systèmes et innovations ultra sophistiqués pour assumer les défis du « champ de bataille du 21e siècle » (dont la guerre cybernétique), ce plan prend en compte l’hypothèse plus que réaliste supposant que lors de ce futur conflit régional, Israël sera attaqué sur plusieurs fronts simultanément : au nord par le Hezbollah – et peut-être aussi par la Syrie ; au sud par le Hamas et les forces du Djihad global ; et aussi à l’est par les missiles iraniens…

Halamich et Oz : deux plans de Tsahal pour se préparer à une guerre sur tous les fronts

Tout comme le plan « Tefen » élaboré en 2007 par le chef d’état-major précédant, le général Gabby Ashkénazi, le plan Halamich considère que la principale menace stratégique pesant sur Israël est bien sûr l’Iran des mollahs qui, tentant d’élargir sans cesse son emprise hégémonique régionale, poursuit de plus belle sa course au nucléaire, tout en disposant déjà d’une impressionnante flotte de missiles à moyenne portée pouvant atteindre tout le territoire de l’État juif.

Une course à l’hégémonie accentuée par les profonds bouleversements en cours dans le monde arabe qui favorisent le travail de sape iranien dans nombre de pays aussi bien sunnites que chiites du Moyen-Orient. Avec pour conséquence – compte tenu des développements intervenus en Égypte depuis 18 mois – que pour la première fois depuis longtemps un plan quinquennal de Tsahal évoque à nouveau « le danger stratégique égyptien » qui se profile à l’horizon…

Fait hautement significatif de la rapidité avec laquelle la situation régionale évolue sans cesse : comme le Plan Halamich n’avait fait justement qu’aborder de loin la menace militaire émanant du Pays du Nil sans l’analyser (puisque les FM n’étaient pas encore au pouvoir) ni prévoir comment la contrer, Tsahal a dû « pondre », à peine un an après, un autre programme intitulé « Plan Oz » qui prend en compte deux « éléments nouveaux ». À savoir : l’instabilité accrue au nord du pays en raison de l’effondrement probable (tôt ou tard) du régime d’Assad en Syrie, avec ses implications probables sur la situation au Liban ; et bien sûr la nouvelle menace militaire égyptienne !

À tel point que le chef d’état-major de Tsahal, le général Benny Gantz, y recommande vivement aux hauts officiers de rouvrir les cartes militaires du Sinaï, de réviser le déroulement des anciennes batailles de 1956, 1967 et 1973, le tout afin de se tenir « conceptuellement » prêt pour le futur… Car ce que veut éviter à tout prix Tsahal, c’est de se retrouver prise à dépourvu par une guerre surprise sur plusieurs fronts.

Les contours tous azimuts du prochain conflit régional
« Il existe une probabilité grandissante pour que le prochain conflit intervienne sur plusieurs fronts simultanément » : c’est la phrase-clé du plan Halamich (reprise aussi par le Plan Oz) qui insiste sur les deux principes essentiels devant guider les actions de Tsahal dans ce type de scénario : le conflit doit se dérouler très vite et très intensément, de préférence sur le territoire de l’ennemi ; son issue doit être sans équivoque sur chacun de ces fronts et se solder par une nette victoire de Tsahal et une défaite de ses ennemis (contrairement à ce qui s’était passé l’été 2006 contre le Hezbollah).

Israël risque donc de faire face simultanément (au nord) à un Hezbollah paradoxalement à la fois déstabilisé et dopé par la chute en cours du régime syrien d’Assad qui l’avait toujours soutenu ; et affronter (au sud) tous les dangers venant de la poudrière de Gaza aux mains du Hamas et de la presqu’île du Sinaï devenue en un an une véritable « Djihadland »…

Autre préoccupation centrale de ces deux plans face à ce scénario d’attaques aux missiles en profondeur contre Israël sur plusieurs fronts à la fois, avec de probables retombées assez destructrices et meurtrières en cas de grave conflagration régionale : l’indispensable préparation du « front de l’arrière » et des activités du département de la Défense passive de Tsahal auprès de la population civile, en coordination étroite avec les pouvoirs publics régionaux et locaux.

Les limites du système anti-roquettes « Dôme d’acier »
Expérimenté sur le terrain lors des salves continues de roquettes tirées depuis Gaza par les milices palestiniennes en mars puis en juin 2012, le système Dôme d’acier (le premier et seul procédé de ce type dans le monde) a bel et bien pu faire preuve de ses capacités : touchant entre 75 % et 80 % des roquettes terroristes, ses trois batteries déployées en mars autour de Béer-Chéva, Ashdod et Ashkelon, puis en juin autour de Nétivot, ont pulvérisé en vol plus des trois quarts des 170 projectiles ennemis tirés lors de ces deux séries d’attaques. Ce qui constitue, à n’en pas douter, un succès de première importance par rapport à la situation assez dramatique de paralysie créée dans les villes du sud d’Israël lors des précédentes salves terroristes d’avril, août et octobre 2011 lors desquelles Dôme de fer n’était pas encore déployé.

D’après Uzi Rubin, expert stratégique et balistique au Centre Begin Sadate d’Études stratégiques de l’université Bar-Ilan, ce succès s’est illustré au plan statistique par un nombre bien moins élevé de civils blessés (ou tués), et par des dégâts matériels moindres. Ainsi, relève-t-il que si pendant la 2e guerre du Liban, il avait fallu pour le Hezbollah tirer en moyenne quelque 75 roquettes pour tuer un Israélien, ce chiffre est passé à 375 roquettes en 2012 grâce à l’efficacité de « Dôme d’acier ».

Toujours selon Rubin, ce système a pu atteindre deux des trois objectifs centraux qui lui étaient dévolus par l’état-major de Tsahal dans le conflit « asymétrique de basse intensité » contre les Palestiniens : préserver au mieux la vie et les biens de la population israélienne, et fournir aux dirigeants de l’échelon politique du pays un degré supplémentaire de marge de manœuvre tactique et stratégique. Mais son 3e but (rendre plus facile à Tsahal le lancement d’une contre-offensive anti-terroriste décisive à Gaza) n’a pas été atteint. Sans doute pour des raisons plus diplomatiques et politiques que techniques…

Paradoxe dû à ce succès : les attentes suscitées dans la population civile par le déploiement de ces quatre batteries anti-roquettes ont fait naître, un temps, une certaine euphorie sur les capacités de l’armée à stopper tous les missiles ennemis. Ce qui est loin d’être le cas, et ce pour deux raisons : d’abord parce que Dôme d’acier n’est pas un procédé « hermétique » de défense ; et surtout parce que l’intensité des attaques palestiniennes de 2012 ne saurait être comparée à ce qui pourrait arriver en cas de guerre ouverte contre le Hezbollah… ou même l’Iran !

Protection renforcée pour les gisements de gaz israéliens…
L’état-major de Tsahal a récemment approuvé un « plan spécial » – d’un coût de 3 milliards de shekels par an – censé assurer la protection des gisements israéliens en Méditerranée, actuellement défendus par des sociétés privées. Et ce, grâce à l’acquisition, puis au déploiement de quatre navires de surveillance semblables à des torpilleurs à proximité des quatre grandes stations de forage déjà existantes situées au large des côtes israéliennes.

Ce seront en tout quelque 250 marins et artilleurs israéliens qui seront embarqués sur ces navires, lesquels seront tous équipés du système anti-roquette « Dôme d’acier ». On se souvient en effet qu’arguant que ces gisements se situeraient dans le « périmètre » des eaux extraterritoriales du Liban, les chefs de la milice du Hezbollah chiite aux ordres de Téhéran ont déjà menacé à plusieurs reprises de faire attaquer ces plateformes israéliennes par leurs unités de commandos munis – tout comme celles des Gardes révolutionnaires iraniens – de canots pneumatiques ultra-maniables et rapides…

« Les récents bouleversements intervenus au Moyen-Orient n’ont guère épargné l’arène maritime, a précisé le général Ram, commandant en chef de la marine israélienne. Les eaux semblent pour le moment assez calmes, mais sous la surface, divers “tourbillons” en prévision nous obligent à nous tenir prêts… »

Par ailleurs, Tsahal va aussi acquérir sept torpilleurs supplémentaires d’interception afin d’empêcher les passages clandestins d’armes en tous genres venues d’Iran (et parfois même encore de Syrie) à destination du Hezbollah libanais et du Hamas de Gaza.

La France va acheter des drones américains, et non pas israéliens…
Remettant brusquement en cause la décision prise par son prédécesseur, Gérard Longuet, à l’époque du gouvernement Sarkozy, d’équiper l’armée française de drones israéliens de type Héron, l’actuel ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, hésite à présent entre l’achat de drones américains de type Predator et l’« adaptation » des MQ-9 de la compagnie américaine General Atomics (très appréciés par l’armée de l’air française) par le groupe européen EADS.

Prétextant que la plateforme israélienne Héron TP (que Longuet avait prévu de « franciser » en la faisant produire par Dassault Aviation et en la baptisant « Voltigeur » afin de remplacer les vieux drones Harfang en service en France depuis longtemps) était trop coûteuse, le ministre Le Drian se prépare donc à un gros contrat avec les Américains.

Du côté des Industries aéronautiques israéliennes (qui fabriquent le Héron), on fait discrètement remarquer que cette volte-face regrettable du cabinet Hollande n’est sans doute pas sans rapport avec la campagne publique lancée voilà près d’un an par le groupe BDS-France (prônant le boycott total d’Israël), lequel s’est opposé depuis juillet 2011, pétitions et appels dans la presse nationale à l’appui, « au scandaleux et indigne achat par la France de drones israéliens pour une valeur de 318 millions d’Euros ».

Un appel soutenu par quatre Sénateurs français (deux socialistes et deux UMP) qui ont hypocritement prétexté (sans jamais reprendre directement à leur compte les motifs bien sûr antisionistes de BDS) que les drones israéliens Héron étaient « lents et vulnérables, surtout dans les conditions météorologiques dégradées »…

Source: Hamodia (Copyrights)

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