ISRAELVALLEY - LES MESURES D'AUSTERITE FONT LA UNE DE LA PRESSE EN ISRAËL. LES SONDAGES LE MONTRENT : PLONGEON DE BENJAMIN NETANYAHU DANS L'OPINION.
Ce matin le journal Haaretz s’ouvre sur un sondage d’opinion réalisé après les mesures d’austérité du Gouvernement. Pour Netanyahou le pourcentage de non-satisfaits approche les soixante pour cent. les sondés sont très peu satisfaits des décisions du Gouvernement actuel. De son côté, Stanley Fisher semble appaisé.
Hier il a déclaré hier lors du Gala de Gvahim à l’Université de Tel-Aviv que “l’économie israélienne doit se préparer afin d’affronter dans les meilleures conditions une nouvelle crise économique mondiale”. “il y a une forte probabilité de récession sévère en Europe qui aura des conséquences pour ce qui nous concerne”.
Selon Guysen : “Les partis ultra-orthodoxe séfarade Shass et Atsmaout d’Ehoud Barak ont voté en faveur des mesures d’austérité proposées par le gouvernement à la commission des Finances de la Knesset ce mercredi. Parmi ces mesures, l’augmentation de 1% de la Tva à partir du 1er septembre prochain”.
ISRAELVALLEY PLUS. LE 22 JUILLET 2012
Les menaces qui se rapprochent de la frontière-nord d’Israël ne pourront laisser longtemps l’économie israélienne indifférente. Si la crise politique en Syrie n’a, pour l’instant, aucune retombée directe en Israël, le gouvernement israélien suit de près l’évolution à sa frontière syrienne et libanaise. L’incertitude qui règne à Jérusalem, quant à l’avenir du régime d’Assad et quant aux réactions du Hezbollah libanais, commence à influencer indirectement l’économie israélienne: le shekel perd du terrain face au dollar, les investisseurs étrangers retirent leurs placements d’Israël, Tsahal pourrait demander une rallonge budgétaire pour stabiliser la frontière nord, etc. Dans ce contexte géopolitique incertain, le Premier ministre Benyamin Netanyahou ne parvient pas à définir les grandes lignes du budget 2013; à moins qu’il ne préfère opter pour des élections anticipées, ce qui lui permettra de reporter certaines grandes décisions économiques de plusieurs mois.
Le shekel perd du terrain face au dollar. Il y a quelques jours, le billet vert a franchi la barre symbolique des 4 shekels, soit son plus haut cours depuis trois ans. Pour les analystes israéliens, les menaces sécuritaires ne sont pas étrangères aux retraits massifs du dollar de l’économie israélienne. Du côté des industriels israéliens, c’est le soulagement: la hausse du dollar améliore la rentabilité de leurs exportations et renforce leur compétitivité. En revanche, la baisse du shekel renchérit les importations, ce qui pourrait se répercuter sur les prix à la consommation.
Le pétrole remonte. Les spécialistes de l’énergie estiment que ce sont les tensions au Proche-Orient qui ont poussé, cette semaine, les cours du pétrole au dessus de la barre des 90 dollars le baril, soit leur plus haut niveau depuis deux mois. La cause: l’Union européenne, qui absorbait presque l’intégralité des exportations syriennes de pétrole, boycotte désormais le régime de Damas. Selon les experts israéliens, le prix de l’essence à la pompe devrait bondir de 5% dès le début du mois d’août prochain. Associé à une baisse du shekel, le renchérissement de l’énergie va peser sur le coût des importations israéliennes et alourdir le déficit de la balance des paiements.
Les dépenses militaires s’allongent. En fin de semaine dernière, Tsahal a annulé les permissions des soldats israéliens postés sur le plateau du Golan, à la frontière israélo-syrienne. Le bruit des bottes aux frontières nord d’Israël pourrait servir de prétexte à une nouvelle rallonge budgétaire pour la Défense. Pour l’instant, Ehoud Barak a réussi à convaincre Benyamin Netanyahou de ne pas couper dans le budget militaire; la deuxième étape consistera à obtenir une nouvelle rallonge, ce qui ne sera pas difficile s’il est prouvé que l’arsenal syrien (et notamment les armes chimiques) est en passe de tomber entre les mains du Hezbollah libanais.
Le déficit budgétaire se creuse. Après avoir décidé de relever le déficit budgétaire de 1,5% à 3% du PIB en 2013, le Premier ministre a fini par admettre que ce relèvement ne suffira pas à faire face au ralentissement de la croissance qui réduit les recettes fiscales. Pour combler le dépassement budgétaire qui pourrait approcher les 5% du PIB l’an prochain, il faudrait relever certains impôts: c’est une mesure impopulaire en année postélectorale, d’où l’indécision du ministre des Finances.
Les élections anticipées se rapprochent. Benyamin Netanyahou se trouve dans une situation politique inconfortable: la formation Kadima vient de quitter la coalition gouvernementale, les partis orthodoxes refusent tout compromis concernant le recrutement des jeunes haredim dans l’armée israélienne, et le budget 2013 est loin de trouver un consensus au sein même de la coalition. Pour mettre un terme aux différentes pressions qui limitent sa marge de manœuvre, le Premier ministre israélien pourrait bien s’en remettre à des élections anticipées, en novembre ou février prochain.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
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