ISRAELVALLEY - En Israël il est pratiqué. Aux Etats-Unis, le « baiser social » n’en est qu’à ses balbutiements. Mais il gagne du terrain et une étiquette de la bise s’élabore progressivement.
Aux Etats-Unis, le « baiser social » n’en est qu’à ses balbutiements. Mais il gagne du terrain et une étiquette de la bise s’élabore progressivement. Au bout de douze ans de vie dans ce pays, il m’arrive encore de me méprendre sur les intentions d’un Américain affectueux. Il s’avance vers moi, buste légèrement penché en avant. Simultanément, je tends la joue gauche alors que lui m’entoure de ses bras et me tapote le dos. Ma tête ballote dans le vide, je tente de rattraper le « hug » au vol, j’ai l’air idiot.
Ou bien c’est une famille française qui arrive en visite chez des amis américains. Un par un, les enfants s’approchent pour faire poliment la bise à leurs hôtes. Interloqués, ceux-ci s’exécutent… ou reculent, désarçonnés. Idem quand des ados américains se font bisouter par des adultes français plein d’intentions sympathiques. Un mot, dans ces cas-là : « Yuck ! » (« Beurk »).
Evidemment, les milieux artistiques et médiatiques ont leurs propres codes, qui empruntent aux us et coutumes des branchés de New York et Hollywood, lesquels se sont largement inspirés des habitudes françaises et italiennes, « so french, so dolce vita, so chic ». Mettons « so Woody Allen », et on aura compris. Je n’y aurais pas trouvé matière à article si l’édition dominicale du New York Times, dans sa section « Sunday style », n’avait consacré au sujet une bonne demi-page : « Le baiser social, bienvenu ou pas ? »
Apparemment, je ne suis pas la seule à qui la bise en terrain mouvant pose problème :
« Pour de nombreuses personnes, la bise est une des formes d’interaction humaine les plus mystérieuses. » Fichtre ! Reconnaissons, comme le NYT, que les choses sont d’autant plus compliquées que les bises obéissent à différents codes selon les cultures. Je ne vais pas les détailler ici, mais Wikipédia s’en charge sous l’entrée « cheek kissing » (baiser sur la joue). Il suffit de surfer sur le Net pour voir que le sujet génère sa propre littérature aussi en France. Et même des modes d’emploi animés.
Comme tout ce qui est emprunté à une culture étrangère et pas encore bien assimilé par la majorité, la vogue débutante de la bise complique certaines situations, générant chez le Français participant à l’échange un vague malaise. Du genre à se dire in petto : « Finalement, j’aurais préféré un bon vieux “hug”. »
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