ISRAELVALLEY – "CONTRAT DU SIÈCLE": la Compagnie israélienne d'Électricité signe un contrat qui va garantir son approvisionnement en énergie au cours des 15 années à venir.
C’est sans doute le plus gros contrat jamais signé en Israël: la Compagnie israélienne d’Electricité vient d’entériner le contrat signé avec les groupes Delek Energy et Nobel Energy, qui exploitent les puits de gaz découverts au large des côtes israéliennes. Cette transaction, qui est évaluée à 20 milliards de dollars, va garantir à Israël un approvisionnement régulier de gaz au cours des quinze prochaines années. Ce méga-contrat fera aussi oublier le “scandale” du gaz égyptien qui avait provoqué une pénurie de gaz en Israël. Dorénavant, Israël pourra réduire ses achats en produits énergétiques plus chers (comme le mazout) qui lui étaient nécessaires pour produire son électricité, et les remplacer par du gaz.
Un méga-contrat
Après plusieurs années de négociations, la Compagnie nationale d’Electricité a signé en fin de semaine dernière un accord gazier avec les deux sociétés qui exploitent le puits “Tamar” situé en pleine mer méditerranée, au large de Haïfa: le groupe israélien Delek Energy, contrôlé par Itzhak Techouva, et la compagnie américaine Nobel Energy. Ce contrat de 20 milliards de dollars, étalé sur 15 ans, va permettre à Israël de produire son électricité à partir du gaz, et donc d’abandonner les autres sources d’énergie plus polluantes et importées à des prix plus fluctuants. Dans le contrat définitif, l’indexation du prix du gaz a été revue à la baisse, ce qui permettra aussi à la Compagnie d’Electricité de réaliser d’importantes économies.
Les immenses gisements de gaz découverts en Méditerranée, et dont “Tamar” sera le premier à être exploité, assureront à l’économie israélienne un approvisionnement régulier au cours des prochaines décennies. Certes, le gaz naturel ne jaillira de Tamar qu’en avril 2013: pour éviter une rupture des approvisionnements au cours des dix prochains mois, un nouveau puits vient d’être mis en service au large d’Ashkelon et le gaz a commencé à être injecté dans le gazoduc à destination des raffineries israéliennes. Ce nouveau gisement, dit Pinnacles-1, remplacera progressivement le seul puits en fonctionnement (“Yam-Téthys”) mais qui est en train de s’épuiser.
La transition de l’été
Le risque de rupture des approvisionnements en gaz d’Israël est donc repoussé de plusieurs mois grâce à la mise en service du puits Pinnacles-1: celui-ci se trouve à 25 kilomètres au nord-ouest des côtes d’Ashkelon et le gaz est extrait d’une profondeur de 1.850 mètres sous la mer. Le coût du forage de Pinnacles-1 s’élève à 105 millions de dollars (85 millions d’euros) et il garantira les besoins en gaz d’Israël pendant la période de l’été qui voit, généralement, la consommation en énergie augmenter. Les groupes Delek et Nobel, qui sont aussi propriétaires de ce puits, estiment que les réserves de Pinnacles-1 sont estimées à 1,3 milliard de mètres cube (BCM).
Le forage du puits Pinnacles-1 a été réalisé dans un délai record de trois mois, soit un mois d’avance sur les prévisions. Les analystes estiment que la fourniture de gaz du puits Pinnacles-1 permettra à l’économie israélienne d’économiser 650 millions de shekels (130 millions d’euros) durant les mois de juillet à octobre prochain. En revanche, la Compagnie nationale d’Electricité a prévenu que le risque de coupures de courant durant l’été n’est pas écarté. Pour les experts en énergie, le nouveau puits Pinnacles, qui vient d’être mis en service, ne résoudra qu’une partie de la pénurie, ce qui ne pourra pas se traduire par une baisse des prix pour le consommateur.
Le scandale du gaz égyptien
La mise en service des puits israéliens, d’abord Pinnacles-1 et ensuite Tamar, devrait faire oublier le “scandale” du gaz égyptien. On se souvient qu’à la chute du président Hosni Moubarak, les fournitures de gaz avaient été complètement interrompues, obligeant le gouvernement israélien à recourir à d’autres sources d’énergie plus coûteuses. Les pertes pour l’économie israélienne (entreprises et consommateurs) ont été estimées jusqu’à 15 milliards de shekels (soit 3 milliards d’euros).
Le “scandale” du gaz égyptien réside dans le fait que le contrat israélo-égyptien ne prévoyait aucune garantie d’approvisionnement et ne permettait aucun mécanisme de diversification énergétique; de même, gouvernement israélien n’avait exigé aucun dispositif d’indemnisation en cas de rupture unilatérale des approvisionnements. Aujourd’hui, des voix s’élèvent en Israël contre l’exclusivité que le gouvernement israélien accorde aux groupes Delek et Nobel pour fournir du gaz à Israël: il est vrai que le puits Tamar sera le plus grand monopole de l’économie israélienne.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
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