ISRAELVALLEY - ARRÊTER UN TAXI AU MILIEU DE TEL-AVIV N'EST PAS UNE SINÉCURE. Pour éviter une longue attente ou une querelle entre chauffeurs, Get Taxi a créé un nouveau concept.
Tout le monde vous le dira, arrêter un taxi dans les rues de Tel Aviv peut engendrer plusieurs scenarios : l’attente longue ou bien, au contraire, plusieurs chauffeurs se querellant la course.
Get Taxi, qui a commencé son activité à Tel Aviv depuis près d’un an, et récemment implantée à Jérusalem, a créé un tout nouveau concept : commander un taxi depuis son smartphone, pour réconcilier tout le monde. A la suite de la réservation, le taxi le plus proche de la source est ainsi sollicité. Le système localisera alors votre smartphone et indiquera ainsi votre emplacement au chauffeur de taxi, en lui précisant, sur une carte, le chemin le plus court à suivre. Vous aurez également la possibilité suivre le parcours du taxi depuis votre téléphone, ainsi que de noter le conducteur, ce qui a pour effet, selon les dires de la société, de motiver les chauffeurs à effectuer leur travail de façon optimale, dans le but de maximiser les clients, et ainsi, rester dans la liste des conducteurs de l’entreprise.
La simplicité de l’utilisation a permis à Get Taxi de devenir l’une des trois plus grandes sociétés de taxi de Tel Aviv, et de figurer également parmi les plus grandes du pays.
Get Taxi compte pour le moment 400 taxis (tous ne sont pas exclusifs à la société), et selon l’entreprise, plus de 300 chauffeurs de taxis ont été mis sur liste d’attente. Selon les déclarations de la direction, Get Taxi a pour l’instant arrêté de recruter dans le but de préserver l’emploi des conducteurs déjà inscrits.
Les frais d’adhésion à la société attirent d’autant plus de travailleurs, puisqu’ils s’élèvent à 350 shekels par mois, contrairement aux autres stations de taxis qui facturent en moyenne entre 800 et 1200n shekels par mois. De plus, ces paiements fournissent à l’entreprise la plupart de ses revenus.
La réussite israélienne a incité les entrepreneurs Shachar Weiser et Roy Mora à développer le système à Londres ainsi qu’à Moscou. La semaine dernière l’entreprise avait bénéficié d’un investissement à hauteur de 20 millions de dollars, ce qui clôture pour l’instant la vague de financement, avec un total de 30 millions de dollars. Le dernier apport servira notamment à développer l’activité de la société à New York.
« Il peut détruire le marché »
Le concept a néanmoins certains effets néfastes sur les sociétés environnantes. En effet, plusieurs chauffeurs remarquent une baisse de débit dans leur travail, et certains patrons de sociétés de taxis viennent à appréhender : « ce sont des choses qu’on ne voit nulle part » a déclaré Yehuda Bar-On, directeur de l’organisation nationale des taxis. Selon lui : « la société (Get Taxi) n’a pas le droit d’exercer son activité, faute de permis. Elle se comporte cependant comme une vraie station. Il arrive, investit de l’argent, et vole les salaires des gens. Ce n’est pas juste, il n’y plus de compétition sur la qualité. Il a baissé ses prix parce qu’il est riche. Tôt ou tard, il jettera les conducteurs de taxis à la rue ».
« Ils ont changé les règles du jeu, alors que nous travaillons depuis 50 ans de la même manière », a ajouté Eli Pleismann, de la société de taxis « New York » située à Tel Aviv. « Les gens ne recherchent que ça! Nous avons développé une application concurrente, qui nous a coûté 60,000 shekels, mais eux ont des millions. Je paye une agence de communication et ses employés, mais lui a plus d’argent, et paye la moitié. Il peut détruire tout le marché, alors il aura le monopole ».
Cependant, l’organisation nationale des taxis a tout de même déclaré la nouvelle entreprise comme une vraie société concurrente, à condition qu’elle présente les permis requis, ce qui a eu pour effet de générer encore plus d’hostilités à l’égard de Get Taxi.
Le ministère des transports a néanmoins rejeté la requête déposée par l’organisation nationale des taxis, en expliquant « il n’y a aucune obligation, pour une société de taxis privés, de faire partie d’une association. Aucun permis de fonder une station n’est donc nécessaire ».
Get Taxi déclare, quant à elle : « nous sommes en règle à 100%, devant chaque institution. Il y a une tentative de nous déstabiliser en remettant en cause notre légalité, mais nous payons nos impôts, et nous ne bloquons pas non plus les passages piétons, comme une vraie société de taxis ».
Lionel Yrhi (Netanya)
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