ISRAELVALLEY - LA FRONDE DES FEMMES SOLDATS DE TSAHAL. Une unité féminine de Tsahal s'estime victime de discriminations et elle le fait savoir.
La correspondante du Point, Danièle Kriegel : "Les soldates, très nombreuses au sein de Tsahal, s’estiment victimes d’un nombre croissant de discriminations. Et elles le font savoir.
Elles appartiennent à l’unité des gardes-frontières et sont affectées à la sécurité du caveau des Patriarches à Hébron. Il y a trois jours, huit d’entre elles en ont eu ras le bol. Elles ont quitté leur base sans permission, pendant quelques heures. Motif de cette rébellion : la discrimination dont elles estiment faire l’objet. En haut de leur liste de doléances : à la différence de leurs homologues hommes, elles ne sont pas homologuées combattantes, ce qui les prive de nombreux avantages. Elles reçoivent un équipement basique, en général réservé aux unités de soutien, et les possibilités d’avancement sont quasiment nulles.
“Rendez-vous compte, affirme l’une des soldates sous le couvert de l’anonymat. Nous effectuons les mêmes missions que les hommes, mais avec des moyens réduits et sans les mêmes bénéfices : pas de bonus, pas de promotion. On nous envoie assurer la sécurité de civils qui viennent visiter et prier dans un lieu extrêmement dangereux, mais on oublie de nous donner un statut approprié avec tous les avantages inhérents…” Et d’accuser également toute l’unité de sexisme : “Alors que les gardes-frontières mâles étaient envoyés dans une autre base pour recevoir une série d’entraînements et de cours, nous, nous sommes restées pour continuer les patrouilles…”
“Elles chantent durant les moments de repos”
Sans surprise, la réponse du porte-parole de l’unité des gardes-frontières a qualifié les revendications des soldates de totalement infondées. “Il y a une différence significative entre le rôle d’un garde-frontière combattant et celui de leurs homologues femmes qui patrouillent. Ce sont deux jobs différents…” Il ira tout de même jusqu’à concéder qu’un statut de forces d’appui sur le terrain est à l’étude… Seront-elles punies pour cet acte susceptible d’être assimilé à une désertion ? Elles affirment avoir pris ce risque après des mois d’un amer combat mené en interne.
Quoi qu’il en soit, la “grande muette” semble de plus en plus confrontée à un féminisme affirmé. Force est de constater que, depuis plusieurs mois, la hiérarchie militaire fait face à des incidents où des militaires femmes se révoltent contre le statut qui leur est accordé. À l’automne dernier, au cours d’une soirée de célébration de la fête de Simhat Torah, une centaine d’entre elles étaient parties furieuses. Les aumôniers militaires leur avaient interdit de se mêler aux soldats.
En tournée d’inspection dans le nord du pays, le ministre de la Défense, Ehud Barak, avait demandé des précisions sur le rôle des femmes dans l’unité visitée au chef d’état-major qui avait alors répondu: “Elles chantent durant les moments de repos.” La petite phrase, enregistrée par un journaliste, avait fait les gros titres et surtout provoqué l’ire des associations pour l’égalité hommes-femmes et de pas mal de députées. Le chef d’état-major avait été obligé de s’excuser pour ce qu’il avait appelé une “plaisanterie malvenue”.
Cela étant, les clichés et les stéréotypes ont la vie dure. En témoigne cette photo qui court actuellement sur la Toile. On y voit une jeune Israélienne, à la plage, en bikini, avec M16 en bandoulière. Un buzz incroyable avec plus de 500 000 clics. En comparaison, l’histoire de nos huit patrouilleuses de Hébron publiée sur le site en ligne Ynet n’a reçu que 42 “recommandé” et 7 “I like” sur Twitter. Il est vrai que c’est moins glamour !
Elles appartiennent à l’unité des gardes-frontières et sont affectées à la sécurité du caveau des Patriarches à Hébron. Il y a trois jours, huit d’entre elles en ont eu ras le bol. Elles ont quitté leur base sans permission, pendant quelques heures. Motif de cette rébellion : la discrimination dont elles estiment faire l’objet. En haut de leur liste de doléances : à la différence de leurs homologues hommes, elles ne sont pas homologuées combattantes, ce qui les prive de nombreux avantages. Elles reçoivent un équipement basique, en général réservé aux unités de soutien, et les possibilités d’avancement sont quasiment nulles.
“Rendez-vous compte, affirme l’une des soldates sous le couvert de l’anonymat. Nous effectuons les mêmes missions que les hommes, mais avec des moyens réduits et sans les mêmes bénéfices : pas de bonus, pas de promotion. On nous envoie assurer la sécurité de civils qui viennent visiter et prier dans un lieu extrêmement dangereux, mais on oublie de nous donner un statut approprié avec tous les avantages inhérents…” Et d’accuser également toute l’unité de sexisme : “Alors que les gardes-frontières mâles étaient envoyés dans une autre base pour recevoir une série d’entraînements et de cours, nous, nous sommes restées pour continuer les patrouilles…”
“Elles chantent durant les moments de repos”
Sans surprise, la réponse du porte-parole de l’unité des gardes-frontières a qualifié les revendications des soldates de totalement infondées. “Il y a une différence significative entre le rôle d’un garde-frontière combattant et celui de leurs homologues femmes qui patrouillent. Ce sont deux jobs différents…” Il ira tout de même jusqu’à concéder qu’un statut de forces d’appui sur le terrain est à l’étude… Seront-elles punies pour cet acte susceptible d’être assimilé à une désertion ? Elles affirment avoir pris ce risque après des mois d’un amer combat mené en interne.
Quoi qu’il en soit, la “grande muette” semble de plus en plus confrontée à un féminisme affirmé. Force est de constater que, depuis plusieurs mois, la hiérarchie militaire fait face à des incidents où des militaires femmes se révoltent contre le statut qui leur est accordé. À l’automne dernier, au cours d’une soirée de célébration de la fête de Simhat Torah, une centaine d’entre elles étaient parties furieuses. Les aumôniers militaires leur avaient interdit de se mêler aux soldats.
En tournée d’inspection dans le nord du pays, le ministre de la Défense, Ehud Barak, avait demandé des précisions sur le rôle des femmes dans l’unité visitée au chef d’état-major qui avait alors répondu: “Elles chantent durant les moments de repos.” La petite phrase, enregistrée par un journaliste, avait fait les gros titres et surtout provoqué l’ire des associations pour l’égalité hommes-femmes et de pas mal de députées. Le chef d’état-major avait été obligé de s’excuser pour ce qu’il avait appelé une “plaisanterie malvenue”.
Cela étant, les clichés et les stéréotypes ont la vie dure. En témoigne cette photo qui court actuellement sur la Toile. On y voit une jeune Israélienne, à la plage, en bikini, avec M16 en bandoulière. Un buzz incroyable avec plus de 500 000 clics. En comparaison, l’histoire de nos huit patrouilleuses de Hébron publiée sur le site en ligne Ynet n’a reçu que 42 “recommandé” et 7 “I like” sur Twitter. Il est vrai que c’est moins glamour !"
Source: Le Point. Copyrights.
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