News: ISRAELVALLEY. LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE VEUT LIMITER LES DONS FAITS AUX VILLES ISRAELIENNES. Le manque-à-gagner pour le budget des mairies est estimé à 200 millions d'euros par an.
Par Jacques Bendelac, à Jérusalem
Rubrique: Budget
Publié le 27 janvier 2012
La grève, qui a paralysé la semaine dernière les 255 villes d’Israël, semble donner ses premiers fruits: le ministère de la Justice a promis de revoir sa copie concernant les nouvelles règles de dons faits aux villes et collectivités locales israéliennes. En effet, le Conseiller juridique du gouvernement voulait modifier les critères selon lesquelles des entreprises israéliennes peuvent faire des donations aux municipalités. Ce qui aurait conduit à priver les budgets municipaux d’une importante source de revenu: le manque-à-gagner pour le budget des municipalités est estimé à près de 200 millions d’euros par an.
Soupçons de corruption
Le ministère de la Justice justifie le renforcement des règles de donations par la crainte que ces dons ne constituent une tentative de corruption de la part des chefs d’entreprise. Aujourd’hui, le Conseiller juridique du gouvernement explique que les nouvelles directives n’étaient qu’un brouillon, et que rien ne sera décidé sans l’accord des maires.
Toujours est-il que les maires des villes d’Israël ne comprennent pas la différence qu’il y aurait-il entre les dons que leurs municipalités reçoivent, et ceux versés aux universités, musées et hôpitaux du pays qui, eux, sont considérés comme légaux. Pour l’heure, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a demandé à geler les nouvelles règles afin de revoir de près l’ensemble de la procédure juridique.
Des projets vitaux
Les dons effectués par des entreprises israéliennes représentent parfois une part importante des activités sociales des mairies, et notamment dans les villes périphériques, c’est-à-dire éloignées du centre du pays (comme Sderot ou Dimona). Les principales firmes qui consacrent une partie de leurs donations aux mairies sont: le consortium Israel Corporation, la banque Hapoalim, la banque Leumi, le holding IDB, Israel Chimicals, etc.
Selon certains calculs effectués par les maires de la périphérie, les dons faits aux municipalités israéliennes dépasseraient les 900 millions de shekels par an, soit près de 200 millions d’euros. Ces fonds contribuent à mener à bien de projets dans les domaines de l’éducation, la santé, la culture, le sport et l’aide sociale. A Dimona par exemple, le maire explique que ces dons sont vitaux pour de nombreux administrés: les dons permettent à la municipalité de financer des bourses à des étudiants nécessiteux, ainsi que des centres d’accueil et des repas chauds pour les enfants.
Jacques Bendelac (Jérusalem)






