News: ISRAELVALLEY - LE CHIFFRE DU JOUR : L'AGRICULTURE REPRESENTE 2,8% DU PIB ET 2,6% DE LA MAIN D'OEUVRE.

Oct 201106

Par IsraelValley Desk
Rubrique: Agriculture & agroalimentaire
Publié le 6 octobre 2011

FOOD La tradition agricole est ancrée dans la culture israélienne à travers les kibbutzim et les moshavim. Quand les premiers pionniers se sont installés au XIXe siècle, ils ont commencé par rendre cultivables les terres semi-arides rendues inutilisables par la déforestation, l’érosion des sols et l’abandon de longue date. Des champs rocailleux ont été nettoyés, des terrasses construites dans les régions escarpées, des marais drainés, et une grande entreprise de reforestation a commencé, pour contrer l’érosion des sols et réduire leur salinité.

La surface cultivée a plus que doublé, tandis que la production agricole a été multipliée par sept depuis 1948, date de l’indépendance, alors que la population a été multipliée seulement par 6. L’agriculture représente aujourd’hui 2.8% du PIB, et 2.6% de la main-d’œuvre (6.3% si l’on inclut les services à l’agriculture).

Un agriculteur nourrit aujourd’hui plus de 100 personnes contre 15 en 1955, grâce à une multiplication par 5 des rendements. Le pays importe 80% de sa consommation intérieure de céréales (en grande partie des E.U.), mais aussi du sucre, du café, du poisson et de la viande, mais il est indépendant pour les autres produits agricoles (fruits, légumes…). C’est un grand exportateur d’agrumes et de fleurs.

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Les agriculteurs israéliens sont en colère. A tel point qu’ils envisagent de perturber la distribution des fruits et légumes sur les marchés et grandes surfaces du pays. Ils protestent contre la politique du gouvernement qui refuse d’accroître le quota de travailleurs immigrés autorisés à venir travailler en Israël. Or ces dernières années, les ouvriers agricoles thaïlandais sont devenus indispensables à l’agriculture israélienne.

La baisse du quota des travailleurs immigrés

A l’origine de ce mouvement de protestation: la décision prise par le gouvernement, il y a quelques mois, de réduire le quota des travailleurs immigrés employés en Israël, essentiellement dans les secteurs de l’agriculture et de la construction. Dans la seule agriculture, l’objectif du gouvernement israélien est de faire passer l’effectif des immigrés de 28.000 en 2010, à 18.000 en 2015. Résultat: les exploitants ne parviennent plus à achever leurs récoltes dans les délais habituels. Les fruits et légumes pourrissent dans les champs et les prix au détail augmentent.

Les agriculteurs ont donc décidé de s’organiser pour faire pression sur le gouvernement israélien. Il y a quelques jours, ils ont mis en place un « état-major d’urgence pour le sauvetage de l’agriculture israélienne » qui regroupe les cinquante plus gros exploitants agricoles du pays. Ces derniers ont décidé de durcir leur combat: ils envisagent de provoquer artificiellement une pénurie de fruits et légumes vendus sur les étals des marchés; les produits laitiers, œufs et volailles, sont aussi concernés par cette grève éventuelle. Les agriculteurs espèrent que leur union fera leur force: à eux seuls, ces 50 producteurs représentent 75% de la production agricole nationale.

Des légumes à des prix européens

Autre sujet de colère des agriculteurs: l’importation de produits agricoles de l’étranger. Récemment, le gouvernement israélien a supprimé les droits de douanes sur les tomates pour faciliter leur importation et résorber la pénurie. Or pour les agriculteurs, ce n’est pas seulement la canicule de l’été qui est à l’origine de la pénurie de certains produits: c’est aussi le manque de bras pour effectuer les récoltes à temps. Yaacov Neumann, l’un des dirigeants du mouvement de protestation actuel, prévient le consommateur israélien: à défaut de main-d’œuvre, il faudra bientôt « payer les légumes au prix européen: les oignons et les tomates coûteront alors 2 euros le kg ». Et de conclure que l’agriculture, c’est « l’estomac du pays ».

Pour l’heure, le ministère des Finances se défend de défavoriser les agriculteurs en brandissant l’accord qu’ils ont signé avec le ministère de l’Agriculture en 2009: selon cet accord, « la baisse du quota des immigrés est compensée par des crédits supplémentaires que l’agriculture a reçu pour acquérir des technologies qui remplaceront la main-d’œuvre ».

Après la pénurie due à la chaleur de l’été, le pays s’achemine donc vers une pénurie organisée par les agriculteurs eux-mêmes. La date de cette « grève de l’approvisionnement » est tenue secrète pour éviter que les grandes surfaces ne se constituent des stocks de produits agricoles.—

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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