News: ISRAELVALLEY - LES FEMMES D'ISRAËL : Yukhi Brandès (1959) est l’une des plus grandes romancières d’Israël.
Par Eliane Ketterer (1)
Rubrique: Femmes
Publié le 9 juin 2011
Yukhi Brandès (photo) est l’une des plus grandes romancières d’Israël. Elle est née à Haïfa en 1959. Elle étudia dans des lycées orthodoxes du réseau Beit Yaakov à Petah Tikwa et à Haïfa, mais contrairement à ce qui est habituel pour les jeunes filles du milieu orthodoxe, elle poursuivit des études académiques à l’Institut religieux de Jérusalem puis à l’université de Bar-Ilan.
Yukhi Brandès a terminé un second cycle en judaïsme à Jérusalem à l’Institut Schechter, qui appartient au mouvement conservateur. Elle a enseigné durant de nombreuses années la Bible et la pensée juive dans divers lycées et a écrit des programmes d’études en Bible et en judaïsme. Pendant environ dix années, jusqu’en 2007, elle a enseigné au Centre Shimon Beit-Shmuel et donné des conférences dans divers forums sur des sujets touchant la littérature et le judaïsme.
L’écriture de Yukhi Brandès tire son inspiration de la bibliothèque juive dans toutes ses strates : Bible, littérature des Sages, halakha, prière, kabbale et hassidisme. De plus, ses livres décrivent des chapitres centraux de l’histoire sioniste.
La première courte histoire qu’écrivit Yukhi Brandès, « Numéro zéro » ne fut publiée que des années plus tard.
En 1996, elle publia dans la revue Alpaïm un court récit intitulé « Mars ». C’est le récit d’une jeune femme orthodoxe et du secret terrible qu’elle porte en elle au sujet de la naissance de sa fille aînée, qu’elle a attendue des années. Ce court récit est proche par son thème et son style de son premier roman « Ça a bien fini », qui fut publié en 1997. Ce livre, qui valut à Yukhi Brandès sa notoriété comme écrivain, décrit l’effondrement tragique du mariage de Sara et de Benjamin, cousins qui ont grandi dans le monde orthodoxe hassidique de Bné Brak, et dévoile progressivement la biographie familiale qui a conduit à l’échec inévitable de ce mariage. Le livre est rempli des raisons ayant entraîné les changements qui se sont produits dans le monde orthodoxe ashkénaze dans les deux dernières générations. Yukhi Brandès mêle le récit actuel de Sara et de Benjamin aux événements de l’époque de la Seconde guerre mondiale, mélange de périodes qui est devenu par la suite une caractéristique de sa création. Le livre fut réédité en 2003.
Le second roman de Brandes, « Agar » raconte une histoire d’amour houleuse et destructrice d’un étudiant de Yeshiva de Mea Shé’arim qui a fait la connaissance au Palmah, durant la guerre d’Indépendance, de Mayan Shamer, membre d’un kibboutz. En parallèle est racontée l’histoire de la petite-fille hiérosolymitaine qui part après cinquante ans, à la suite d’une crise intime, à la recherche de l’amour d’adolescence tragique de son grand-père, afin d’essayer de comprendre le sens des forces cachées qui dominent sa vie. En 2005, Yukhi Brandès transforma le livre en une pièce de théâtre, jouée pour la première fois par une unique actrice dans le cadre du festival Theatroneto. Depuis lors, cette pièce pour un acteur continue d’être jouée.
Le livre « Eteindre l’amour » (2001) a pour sujet une étudiante qui décide d’écrire un roman historique sur la secte de la Mer morte. Au cours de l’écriture de son roman, elle est introduite dans l’amour d’adolescence de sa mère avec un homme possédant une force d’attraction et de conquête et des secrets obscurs. Le roman traite du lien complexe entre la mère et la fille, d’amours et de trahisons, et de la recherche prometteuse mais menaçante du sens spirituel. Le roman enquête également sur les métamorphoses du sionisme religieux – d’un mouvement oriental des jours d’avant l’Etat à des groupes et des courants différents dans un public de colons de nos jours.
Le livre « Graines blanches » (2003) se concentre sur la force du récit, sur les manières par lesquelles nous choisissons de raconter une histoire, et sur sa force cachée pour influencer nos vies et les transformer. Le roman tresse en parallèle les histoires de deux femmes qui se meuvent entre le désir de la destruction de leur cadre de vie et leur désir d’appartenance. Entre ces deux femmes, il y a un écart de cent années, l’une appartenant à l’époque de la première vague d’immigration, et la seconde à l’Israël de nos jours. Le livre décrit plusieurs relations tortueuses et complexes dans la vie de femmes et d’hommes : liens entre des filles et leurs pères, entre des mères et leurs fils, entre des épouses et leurs maris et entre des amantes et des amants.
« Confession » (2005) est un vaste roman qui revient sur des sujets auxquels s’est consacré l’écrivain dans ses livres précédents, la force du récit et de la création artistique et son influence sur nos vies, et la manière dont chaque interprétation renouvelée du passé façonne le présent ; questions de destin et de choix ; place des femmes dans un monde masculin ; le face à face avec la culpabilité et le pardon. Le roman s’ouvre sur le pogrome de Kishinev au début du 20ème siècle, se concentre sur la résurrection de la culture hébraïque à Odessa et dans la petite Tel-Aviv et s’achève sur l’Etat d’Israël du début du 21ème siècle.
Le dernier livre de Yukhi Brandès, « 3ème livre des Rois », est un roman biblique qui traite de la période du début de la royauté.
Parallèlement à l’écriture littéraire, Yukhi Brandès a créé en 1999 dans le cadre des éditions de Yediot Aharonot la série « Le judaïsme ici et maintenant », où à ce jour sont sortis plus de cinquante livres. Le but de la série est de mettre à la portée du lecteur israélien d’aujourd’hui une variété de sujets touchant le judaïsme et la culture juive. Même si parmi les auteurs on trouve de nombreux écrivains des milieux académiques, les livres sont rédigés délibérément pour un large public, aussi bien laïc que religieux.
Yukhi Brandès intervient de temps en temps sur des sujets publics d’actualités, principalement lorsqu’elle est interviewée lors de programmes radiodiffusés ou télévisés. Au milieu des années 80 du 20ième siècle, Yukhi Brandès participa à l’émission télévisée Tzerufim et publia deux années durant une colonne régulière dans le journal Ma’ariv. Aujourd’hui encore elle publie des articles dans divers journaux.
Yukhi Brandès est mariée et a quatre enfants.
Source: (1) Un Echos d'Israël






