News: ISRAELVALLEY. LES FEMMES D'ISRAËL : Netiva ben Yehuda (1928-2001), commandante du Palmah, écrivain, présentatrice à la radio, lexicographe de l’argot hébraïque.
Par Eliane Ketterer (1)
Rubrique: Femmes
Publié le 4 juin 2011
Netiva ben Yehuda (1928-2001), commandante du Palmah, écrivain, présentatrice à la radio, lexicographe de l’argot hébraïque. Elle a consacré une grande partie de son action à conserver l’héritage de la chanson hébraïque, en particulier de celle qui a précédé la création de l’Etat d’Israël.
Netiva ben Yehuda est née à Tel-Aviv, troisième fille de Barukh ben Yehuda, directeur du lycée Herzliya, et qui fut réputé pour sa sévérité. Elle fit son cursus secondaire au lycée Herzliya, puis étudia la langue hébraïque et la philosophie à l’Université Hébraïque de Jérusalem en même temps que l’art à Bezalel. Avant la guerre d’Indépendance, elle s’était entraînée au lancement du poids et du javelot afin de prendre part aux Jeux olympiques de 1948, mais la guerre changea ses projets : elle se porta volontaire dans l’unité ‘Yiftah’ du Palmah, fut officier de sabotage et combattante régulière, et utilisa le canon Davidka, l’unique pièce d’artillerie de Safed. Elle fut dès cette époque une personnalité hors du commun. Avec la création de l’Etat, elle travailla dans le département des porte-parole du ministère du Travail.
Netiva ben Yehuda a écrit plus de vingt livres traitant de la langue hébraïque, de l’histoire de Jérusalem et de la terre d’Israël, et de l’histoire de la chanson hébraïque. Elle a écrit avec Dan ben Amotz l’ouvrage, ‘Dictionnaire mondial de l’hébreu parlé’ qui est un dictionnaire de l’argot hébreu, qui fut publié en 1972. Son combat en faveur de l’argot peut s’expliquer par son opposition à l’influence de son père qui était tellement strict qu’il s’obstinait à ce que le parler hébreu soit impeccable.
En 1980, à l’âge de 52 ans, on lui découvrit une tumeur au cerveau, et on ne lui donna qu’une année à vivre. A la suite de cela, Netiva ben Yehuda démissionna de son travail afin de consacrer tout son temps à écrire ses mémoires de la guerre d’Indépendance. A la fin de cette même année, elle publia son autobiographie ‘1948-1980’. En fait, les prévisions pessimistes des médecins se révélèrent fausses ; cependant, elle décida de rester chez elle pour continuer à écrire et rédigea deux nouveaux livres qui faisaient suite au premier. Elle publia dans les années suivantes la deuxième partie du ‘Dictionnaire mondial de l’hébreu parlé’ et de nombreux autres ouvrages. A la suite de son livre ‘Autobiographie en chant et chanteur’ qui fut publié en 1990, fut créée une émission de radio sur ‘Qol Israël’ (‘La voix d’Israël’) où furent interprétés des chants des débuts du sionisme.
De 1995 à 2009, Netiva ben Yehuda créa et anima son propre programme de radio ; il était diffusé la nuit et portait le titre de ‘Netiva parle et écoute’. Le programme était un mélange de dialogues avec les auditeurs et de diffusion de chants du début du sionisme jusqu’à la création de l’Etat. Le programme qui était diffusé chaque mercredi dans la nuit eut un franc succès.
Netiva ben Yehuda fut connue pour être une présentatrice alliant des connaissances étendues à un franc-parler et un grand sens de l’humour. En 1993, Netiva ben Yehuda reçut le prix du Premier ministre pour les créateurs. En 1998, elle fut l’une des trois lauréats du prix Itzhak Sadé pour la littérature militaire. En 2004, on lui accorda le titre de citoyenne d’honneur de la ville de Jérusalem. Le chansonnier Dudu Barak composa en son honneur une chanson intitulée ‘Netiva’.
Netiva ben Yehuda mourut à l’âge de 82 ans au kibboutz ‘Lohamei Ha-Geta’ot’ et est enterrée au village de Khalil.
Source: (1) Un Echos d'Israël






