News: ISRAEL-PALESTINE : LE SORT DES NEGOCIATIONS ISRAELO-PALESTINIENNES, OUVERTES A WASHINGTON, PASSE PAR LA CAPACITE DES DEUX PRINCIPAUX ACTEURS A TRANCHER DANS LE VIF.

Sep 201002

Par Mati Ben Avraham
Rubrique: Editorial
Publié le 2 septembre 2010

obama Une caricature, parue hier dans un grand quotidien du pays, disait tout haut ce que pense tout un chacun, ici, de la grande messe qui s’est ouverte à Washington : on y voyait les écoliers Netanyahou et Abbas, cartables au dos, franchir le portail menant à la Maison blanche, sous le regard acéré d’Obama accoudé à l’un des montants de l’entrée. La légende : les vacances sont finies !

Et de fait, le président américain semble décidé à mettre un terme à un conflit régional qui n’a que trop duré et qui, surtout, gêne sa stratégie politique globale. Si, nous l’avons écrit souvent, Barak Obama tend à limiter – autant que faire se peut – la capacité de nuisance de l’islamisme radical, il lui faut renforcer l’influence régionale des pays arabes pragmatiques, ce qui passe par solutionner le différend israélo-palestinien.

En ce sens, les présences à ses côtés, au banquet d’ouverture, du roi Abdallah II de Jordanie et des Moubarak, le président Hosni et son fils Gamal, qui l’an prochain se portera candidat à succéder à son père, étaient significatives.

Reste à savoir si cette ouverture à grand effet médiatique, au plan international mais non israélien où elle n’a pas fait les grand titres des médias, provoquera le déclic salvateur, au-delà des effets déclamatoires. Nul n’oublie, ici, que les principaux accords conclus au grand jour (égypto-israélien, jordano-israélien, Oslo) l’ont été au terme de longues tractations discrètes, au cours desquelles les principaux points de divergence furent gommés. Depuis, les feux de la rampe à Washington (à plusieurs reprises), Camp David, Paris, Annapolis ont plutôt contribué à souligner les divergences…

Reste aussi à savoir, et c’est là l’essentiel, si Binyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas sont taillés pour faire entendre raison à ceux, parmi les leurs, qui se refusent à tout compromis.

Pour le Premier ministre israélien, il s’agit, à la suite de Menahem Begin et d’Ariel Sharon, d’enterrer définitivement l’idéologie fondatrice de la droite israélienne, le Herout d’abord, le Likoud ensuite. D’adopter et d’imposer la vision politique qui a guidé David Ben-Gourion en 1948-49, à savoir éviter tout aventurisme géographique pour donner la priorité à un Etat démocratique à majorité juive. Il lui faudra dire aussi aux tenants de la vision religieuse messianique de l’histoire que le messie peut attendre encore, que l’avenir de la société est bien plus important que la possession d’un lopin de terre en Samarie.

Pour le président de l’Autorité palestinienne, parvenir à un compromis historique passe par dire aux siens, principalement à ceux qui ont été cantonnés dans des camps de réfugiés depuis quelques 60 années, que le rêve s’arrête ici, il n’y aura pas de retour à l’avant 1948, ni à Jaffa, ni à Lod, ni ailleurs en territoire devenu israélien. Il lui faudra aussi se salir les mains pour reprendre ce bien qui a été arraché à son autorité par le Hamas.

Pas facile. Ni pour l’un, ni pour l’autre. N’est pas Yitzhak Rabin qui veut. Ni Menahem Begin. A propos de celui-ci, une anecdote qui peut servir d’exemple, et pour l’Israélien et pour le Palestinien. Peu avant la signature officielle, et en grandes pompes, de l’accord historique entre Israël et l’Egypte, dans le cadre d’une tournée d’inspection dans une grande base militaire du sud, il écoutait patiemment un groupe d’officiers lui expliquer doctement que cet accord allait se révéler comme une catastrophe stratégique pour Israël. A la fin, Menahem Begin a répondu brièvement aux intervenants, je cite de mémoire : " Merci messieurs. Je prends note de vos avis. Mais moi, j’ai décidé de signer ce traité de paix avec l’Egypte et il en sera ainsi. "—

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