News: BRESIL ISRAËL - VISITE OFFICIELLE - DANS LE HAARETZ, LULA DA SILVA N'HESITE PAS A LANCER DES PHRASES QUI NE PLAISENT EVIDEMMENT PAS AUX ISRAELIENS
Par IsraelValley Desk
Rubrique: Actualité
Publié le 16 mars 2010
Laurent Zecchini et Annie Gasnier: "Les Israéliens attendaient le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, lundi 15 mars, à Jérusalem, avec un mélange de sympathie, un peu de condescendance et pas mal d’agacement. Ils sont sensibles à cette visite du représentant du pays le plus influent d’Amérique latine, premier chef d’Etat brésilien à se rendre dans la région depuis la visite du dernier empereur du Brésil, Dom Pedro II, en… 1876. Il s’agissait alors de la Palestine.
Pays émergent de l’économie globalisée, le Brésil souhaite désormais jouer un rôle diplomatique à sa mesure, notamment au Proche-Orient. Les Israéliens ont noté que le président Lula se considère lui-même, grâce à son passé syndical, comme un négociateur-né, un homme de dialogue capable de résoudre bien des conflits, mais ils doutent un peu de sa capacité à résoudre celui du Proche-Orient, qui a détruit les illusions de moult hommes d’état chevronnés.
Dans un entretien publié par le quotidien Haaretz, le président Lula définit ainsi sa “feuille de route” pour le Proche-Orient : “Les parties prenantes au conflit et les gens impliqués dans le processus sont depuis longtemps désabusés. Il est temps d’introduire dans le jeu de nouveaux acteurs qui seront capables d’avancer de nouvelles idées. Ces acteurs doivent avoir accès à tous les niveaux du conflit : en Israël, en Palestine, en Iran, en Syrie, en Jordanie et dans bien d’autres pays.”
C’est à ce propos que le gouvernement du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, trouve les idées de Lula moins amicales. Car le très populaire président brésilien, qui jouit d’un a priori favorable sur la scène internationale, entend jouer les intermédiaires entre l’Iran et Israël. Il l’a prouvé en accueillant, le 23 novembre 2009 à Brasilia, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Certes, cette visite officielle avait lieu quelques jours après celle du président israélien Shimon Pérès, mais, depuis, le Brésil n’a pas adopté une attitude très favorable à Israël, estime-t-on à Jérusalem. En novembre, lors de la réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Brésil, comme la Turquie, s’était abstenu de voter une résolution condamnant Téhéran. En recevant la semaine dernière la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, Lula avait réaffirmé son hostilité à de nouvelles sanctions contre l’Iran, parce que, avait-il expliqué, “il ne faut pas mettre l’Iran, dos au mur”.
Position singulière
Dans Haaretz, il persiste : “Ma thèse est que nous ne devons pas permettre qu’il arrive à l’Iran ce qui s’est produit en Irak. Donc, avant toute sanction, il faut tout faire pour favoriser la paix au Proche-Orient”, insiste le président brésilien, qui a prévu de se rendre en Iran en mai. La position singulière du Brésil risque d’être peu appréciée à Jérusalem au moment où Israël s’inquiète des atermoiements de la communauté internationale pour adopter de nouvelles sanctions contre l’Iran.
Le président Lula assure qu’il a exhorté son homologue iranien à cesser de demander la destruction d’Israël et de nier l’Holocauste, mais il ajoute : “Quiconque compare Ahmadinejad et l’Iran moderne à Hitler et aux nazis fait preuve du même radicalisme dont il accuse l’Iran.” La comparaison ne sera pas du goût des autorités israéliennes, mais elles ne devraient pas prendre ombrage de la “préoccupation” de M. Lula à propos de la poursuite de la colonisation juive à Jérusalem-Est, tant celle-ci a fait l’objet de condamnations tous azimuts."—
Source: Le Monde (Copyrights) : Laurent Zecchini et Annie Gasnier







