News: ETATS-UNIS – ISRAËL : LA VISITE DU VICE-PRESIDENT JOE BIDEN TOURNE A L'AIGRE… SOUVENIRS : Cyrus Vance qui se plaignait que, à chacune de ses visites, Ariel Sharon, alors ministre du gouvernement Begin, lui jetait une nouvelle implantation dans la figure…
Par Mati Ben-Avraham
Rubrique: Actualité
Publié le 10 mars 2010
Ramat Shlomo est une colline située au nord-est de Jérusalem. Tout près, l’agglomération arabe de Shouaffat, dominée par Tel el-Ful où le roi Hussein de Jordanie envisageait de construire son palais. En son temps, le légendaire maire de Jérusalem, Teddy Kollek avait projeté de construire à Ramat Shlomo le stade municipal dont la capitale avait bien besoin. Les partis religieux orthodoxes l’en ont dissuadé. C’est aujourd’hui un quartier réservé aux seules familles de l’orthodoxie religieuse. Ou mieux dit : un fief de cette orthodoxie. Un quartier considéré par la communauté internationale comme partie intégrante de Jérusalem-est.
Et voilà que deux heures avant que le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou et son épouse s’apprêtent à recevoir à dîner le vice-président des Etats-Unis, Joé Biden et sa conjointe, voilà que la commission régionale de l’habitat – qui dépend directement du ministère de l’Intérieur – annonce avoir donné le feu vert à la construction de 1500 unités d’habitation dans ce quartier. Joé Biden a ressenti cette annonce comme un camouflet. En témoigne le communiqué publié par ses services, qui a fait fi du langage diplomatique. La Maison blanche a suivi.
Binyamin Netanyahou s’est dit, lui, stupéfait par l’annonce en question. Il a demandé des explications immédiates au ministre de l’Intérieur, Eli Ichaï, patron du parti religieux orthodoxe sépharade Shass. Celui-ci a déclaré que le moment d’une telle annonce était vraiment inopportune, mais que ce n’est pas lui qui fixait le calendrier des réunions de cette commission régionale.
Ce que les Américains se refusent à croire. Ils parlent d’une provocation délibérée de la part des Israéliens. Ce qui prouve qu’en dépit d’années de pratique, ils ne connaissent pas grand-chose à la gestion israélienne de la chose publique. Ou qu’ils ont oublié le mot de Kissinger qui, à son président qui souhaitait connaître l’opinion du gouvernement israélien, avait répondu : " Je n’en sais rien, monsieur le président, mais si vous désirez connaître l’opinion de chaque ministre israélien, je suis prêt à satisfaire votre demande." Et comment ne pas se souvenir de Cyrus Vance qui se plaignait que, à chacune de ses visites, Ariel Sharon, alors ministre du gouvernement Begin, lui jetait une nouvelle implantation dans la figure…
Il faut croire Binyamin Netanyahou quand il affirme avoir tout ignoré des intentions de la Commission régionale de l’Habitat. Peut-être moins son ministre de l’Intérieur, pour qui Ramat Shlomo représente un fort potentiel électoral. En Israël, et c’est son drame ou son charme, la cohérence politique s’apparente souvent à l’arlésienne de Bizet.
Un mot encore : Joé Biden est arrivé avec une heure et demie de retard au dîner !—






