News: ISRAËL GRÈVE GÉNÉRALE DU PERSONNEL MUNICIPAL : les ordures ménagères ne sont pas ramassées, les PV de stationnement ne sont pas distribués et les services sociaux sont paralysés.
Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: Grèves
Publié le 10 mars 2010
Ce mercredi, le personnel municipal est appelé à une journée de grève. Paradoxalement, ce ne sont pas les syndicats qui ont pris l’initiative de ce mouvement social: ce sont les élus locaux qui ont déclenché cette mobilisation pour protester contre la réduction des dotations de l’Etat au profit des collectivités locales. L’Association des Maires est soutenue par les 100.000 employés municipaux qui cessent leur travail en signe de solidarité.
Les citoyens trouveront donc leurs mairies fermées. Aucun service municipal ne sera fourni, les ordures ménagères ne seront pas ramassées et les maîtres-nageurs déserteront les plages. Quant aux services d’urgence, comme les pompiers, ils fonctionneront au ralenti.
Ce matin, la municipalité de Jérusalem a annoncé qu’elle ne se joindra pas au mouvement de grève: la visite du vice-président américain dans la capitale israélienne exige un bon fonctionnement des services municipaux.
Seuls les automobilistes israéliens ne regretteront pas ce jour de grève: les agents de stationnement, qui sont aussi des employés municipaux, font aussi la grève des PV ! De même, les véhicules mal garés ne seront pas embarqués à la fourrière. En revanche, les autorités craignent des bouchons monstres dans le centre des grandes villes en raison de la grève des agents municipaux.
A l’origine de cette grève, les coupes budgétaires dont les collectivités locales sont les victimes. Pour équilibrer leur budget, les municipalités font appel aux subventions de l’Etat. Or, depuis 2003, les dotations publiques se sont dramatiquement rétrécies; les maires israéliens n’ont pas oublié que c’est le ministre des Finances de l’époque, Benyamin Netanyahou, qui a réduit de 50% les dotations publiques aux municipalités !
Face à la baisse des subventions publiques, les besoins des administrés sont en augmentation. Car depuis le début des années 2000, le gouvernement israélien transfère aux collectivités la responsabilité de certains services, comme les transports scolaires et les services d’incendie, sans pour autant en garantir le financement.
Résultat: le déficit des finances locales se creuse dramatiquement. En 2008, les dotations publiques aux municipalités se montaient à 2,6 milliards de shekels (500 millions d’euros); en 2009, elles ont été ramenées à 2,4 milliards de shekels pour tomber à 1,8 milliard en 2010. Aujourd’hui, les élus locaux réclament du Trésor public de relever leurs subventions à 3 milliards de shekels par an.
L’épreuve de force s’engage donc entre les maires et le Trésor. Le ministre des l’Intérieur, Elie Ishaï a déclaré hier qu’il soutenait les grévistes dans leurs revendications, rejetant la responsabilité de cette crise sur son prédécesseur.—
Jacques Bendelac (Jérusalem)






