News: ISRAËL DRONES – TEL NOF EN DIRECT - L’armée israélienne travaille sa force de dissuasion et présente son nouvel avion sans pilote : le « Heron »
Par Maxime Perez, à Tel Aviv
Rubrique: Défense
Publié le 22 février 2010
Dimanche, à Tel Nof, il y avait foule. Photographes, journalistes, officiels, l’euphorie ambiante n’était pas sans rappeler les festivités de l’indépendance, période à laquelle les bases de l’armée israélienne s’ouvrent au public, permettant à chacun de poser à souhait devant les tanks et les jeeps de Tsahal.
Connue pour abriter des escadrilles de F-15, la base aérienne de Tel Nof offrait hier un intérêt nouveau : le « Heron TP ». Fièrement exposé sur le tarmac, cet avion sans pilote impressionne par sa longueur et son envergure, respectivement de vingt-quatre et vingt-six mètres, une dimension quasi similaire au Boeing 737.
Le drone, baptisé « Eitan » par son constructeur Israel Aerospace Industries (IAI), est l’aboutissement d’une dizaine d’années de travaux de recherches réalisés par les ingénieurs de l’IAI (Israel Aerospace Industries), en étroite coopération avec l’armée de l’air.
Véritable mastodonte, l’appareil pèse près de 4,5 tonnes en configuration optimale, pouvant emporter jusqu’à 1000 kilos d’armements tandis que son matériel de reconnaissance, composé de caméras, radar et systèmes infrarouges, n’excède pas 250 kilos.
Dans un communiqué, l’armée israélienne présente le Heron TP comme une « percée technologique ». Et pour cause. Unique, le nouveau drone dispose d’une autonomie d’une vingtaine d’heures dans les airs et peut opérer à 13.000 mètres d’altitude, des capacités lui permettant d’atteindre aisément le Golfe persique et d’y effectuer des missions cartographiques.
« Le Heron a les moyens de mener des opérations d’un nouveau type si elles s’avèrent appropriées », a prévenu Ido Nehushtan, le commandant de l’armée de l’air israélienne, au cours de la cérémonie d’inauguration du drone à Tel Nof.
Sans désigner explicitement l’Iran, nombre d’officiers israéliens ne cachent pas que l’avion sans pilote s’avère un atout de poids dans le contexte de tensions régionales actuelles, cristallisées autour des ambitions nucléaires de Téhéran et de ses mises en garde belliqueuses à l’égard de l’Etat hébreu.
Au sein de Tsahal, le « Heron », sous ses différents modèles (Harfang, Eagle), est incontestablement le drone le plus utilisé sur le terrain, comme ce fut le cas lors de l’offensive à Gaza en janvier 2009.
Les avions sans pilote sont devenus au fil du temps des éléments essentiels du dispositif opérationnel de l’armée de l’air et des unités d’infanterie. Illustration de leur rôle croissant dans les opérations, le temps de vol des drones israéliens a décuplé depuis la deuxième guerre du Liban, passant de 4176 heures par an en 2006 à près de 15.000 heures en 2008.
Israël a été un précurseur dans l’emploi des drones puisque son industrie militaire a commencé à en produire dans les années 1970. Leur première apparition sur un champ de bataille date de la guerre de Kippour, puis en 1982, plus massivement, contre les bases de l’OLP au Sud-Liban.
L’Etat hébreu est aujourd’hui le concurrent le plus sérieux des Etats-Unis dans la commercialisation de ces appareils. Les principaux clients des industries israéliennes sont la France, le Brésil, l’Inde, l’Australie et la Turquie. —
MPrn






