News: ISRAËL DEFENSE – Pour l’industrie militaire israélienne, le début d’année confirme les tendances de 2009. La Turquie n’est plus un partenaire de premier choix, au contraire de l’Inde
Par Maxime Perez, à Tel Aviv
Rubrique: Défense
Publié le 18 février 2010
Le niveau de coopération militaire entre deux pays est souvent révélateur du climat politique. Indéniablement, l’alliance israélo-turque pâtit des tensions diplomatiques à répétition entre Jérusalem et Ankara. En 2009, la Turquie a exclu Israël d’exercices aériens conjoints, tandis que l’interminable contentieux portant sur la livraison d’avions sans pilote a confirmé la réticence de l’Etat hébreu à fournir des matériels sensibles.
Sur ce dossier, l’acquisition par la Turquie de six drones Heron a finalement été confirmée en début de semaine après deux années de multiples rebondissements. Devant une délégation officielle turque, les appareils ont passé avec succès une série de tests dans les hangars de l’IAI (Israel Aerospace Industries). Le montant de l’accord a été fixé à 183 millions de dollars.
Pour autant, il apparaît encore bien prématuré de parler d’un retour à la normale des relations militaires israélo-turques. A la recherche d’un système anti-missile performant pour protéger ses agglomérations et ses grandes bases, Ankara vient d’écarter le « Arrow 2 » des prétendants possibles à un tel projet.
Considéré comme le plus performant sur le marché, le système israélien semblait le mieux placé dans la course et devait rapporter de un à deux milliards de dollars à l’IAI. Contre toute attente, la Turquie aurait décidé de privilégier des entreprises russes, chinoises et américaines.
A l’inverse, l’Inde continue d’ériger l’Etat hébreu comme partenaire privilégié. La coopération israélo-indienne est exponentielle depuis le conflit du Kargil en 1999 et puise donc ses ressources au Cachemire, zone de tension récurrente avec le Pakistan voisin.
Dernier exemple en date, le missilier Rafael et Bahrat Electronics négocient actuellement la mise en place d’une « joint venture » pour le développement de systèmes de missiles avancés. Il s’agit d’une première pour les industries militaires israéliennes et indiennes. Bahrat Electronics, qui possède neufs usines en Inde, détiendra 74% des parts de cette affaire.
Le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays avait été débattu en décembre dernier à New Delhi. Suite à une série de réunions conjointes, l’Inde et Israël ont prévu d’entamer courant 2010 la conception d’une multitude de nouvelles technologies : drone, missile de croisière pour sous-marins, microsatellite de surveillance, opérations centrées en réseau (NCO), munitions de précision et lunettes de vision nocturne.
Ces six derniers mois, l’Inde a accentué sa collaboration avec les sociétés israéliennes d’armements. Le programme le plus important concerne la production d’un missile supersonique sol-air inspiré du Barak et d’une portée de 70 kilomètres. Ce système anti-aérien, développé par l’IAI (Israel Aerospace Industries) et le DRDO indien (Defence Research and Development Organisation), devrait être opérationnel en mai 2011. Il équipera alors les marines indiennes et israéliennes.
L’IAI et le DRDO tentent parallèlement de mettre au point un autre missile sol-air, capable de détecter et neutraliser tout avion ennemi à une distance de 80 kilomètres. Au total, ces programmes devraient permettre à l’industrie militaire israélienne d’empocher 1,5 milliard de dollars, une somme qui confirme le positionnement de l’Etat hébreu comme premier fournisseur d’armes de l’Inde, devant la Russie. —
M.P






