News: FRANCE ISRAEL - MERCI QUI ? LE CADEAU DE COLETTE ALLOUCH AUX AMOUREUX DE L'HEBREU ET DU FRANCAIS: UN SUPERBE DICTIONNAIRE JURIDICO-COMMERCIAL

Feb 201011

Par Mati Ben-Avraham (Jerusalem)
Rubrique: Culture
Publié le 11 février 2010

livre INTERVIEW EXCLUSIVE – IL ETAIT TEMPS QUE QUELQU’UNE REPARTE A ZERO. Et ce quelqu’une n’est autre que Colette Allouch, qui nous avait donné, il n’y a guère, un premier dictionnaire français-hébreu juridico-commercial. Son dictionnaire est présenté officiellement ce soir à l’Institut français de Tel-Aviv.

Mati Ben-Avraham : Votre métier, votre passion dirai-je, a été la traduction. Et voilà que vous signez un dictionnaire. Comment s’est opéré ce basculement ?

Colette Allouch : De manière progressive. Tout simplement, les dictionnaires existants ne me donnaient pas satisfaction. J’ai donc commencé à noter, dans un petit carnet, la traduction qui me paraissait la plus appropriée de mots usités mais ignorés de ces dictionnaires. Et pour cause : il n’existe en fait qu’un seul dictionnaire hébreu-français et français-hébreu rédigé voici 40 ans. J’ai donc noté, noté, noté, rempli des petits carnets. Puis, je me suis mise à l’ordinateur et là, cela a pris des proportions énormes. Après mon départ à la retraite, j’ai disposé de davantage de temps. J’ai mis de l’ordre dans mes notes et, petit à petit, je me suis retrouvée avec une liste de plus de 100 000 mots ou termes. J’ai écrit un petit dictionnaire, axé sur le juridico-commercial. Et puis, un jour, il m’a été proposé de corriger, d’actualiser, d’enrichir un petit dictionnaire. J’ai refusé, me disant qu’il était préférable de rédiger mon propre dictionnaire, tel que je l’entends, basé sur ma propre expérience. Bon, cela m’a pris une bonne dizaine d’années pour le rédiger. Et sa mise sous presse n’a pas été une mince affaire non plus. Les éditeurs, semble-t-il, ne sont pas très chauds pour lancer ce type de produit. Peut-être que ça ne rapporte pas, je n’en sais rien. Finalement, Prolog, avec lequel j’avais déjà travaillé sur de petits dictionnaires et des manuels pour l’apprentissage du français, a décidé de publier ce grand dictionnaire, qui est sorti voilà trois mois.

MBA : Dites-moi, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce va-et-vient d’une langue latine à une langue sémite? Le rav Léon Ashkenazi, à un colloque à Cordoue, avait ouvert son propos en disant que, pour éviter tout malentendu, il faudrait tout d’abord s’entendre sur le sens des mots…

Colette Allouch : La difficulté est là, justement, dans la recherche des équivalents. La surmonter exige une connaissance approfondie des deux cultures. D’une manière générale, j’ai évité d’entrer dans les domaines philosophique, religieux où, et la Bible en est un bon exemple, les traductions varient d’un auteur à l’autre. Je me suis surtout attachée aux termes de tous les jours, ceux que l’on entend à la radio, que l’on lit dans les journaux, que l’on parle dans la rue. C’est-à-dire les termes dont on a le plus besoin.

MBA : Votre dictionnaire est bi-directionnel…

Colette Allouch : … Oui. La plupart des dictionnaires sont unidirectionnels, c’est-à-dire français-hébreu et hébreu-français, en ce qui nous concerne, font l’objet de deux ouvrages distincts. Le mien offre les deux possibilités en un seul volume.

MBA : Pouvez-vous me donner un exemple des difficultés rencontrées ?

Colette Allouch : Dans l’introduction, j’évoque ces difficultés, venant surtout des termes, des mots qui relèvent de l’actualité scientifique, informatique, militaire où, difficulté supplémentaire, les Israéliens utilisent les termes en anglais, transcrits phonétiquement, Alors, pour l’exemple, un mot fait fureur, le mot " spin". On dit le “spin” journalistique, ou politique. Il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver son équivalent en français. Ce qui me pousse aussi à une recherche approfondie, c’est les gens eux-mêmes. De par mon ancien métier de traductrice, 30 ans de pratique, les forums, mon nom est connu. Alors, des personnes m’appellent, ou m’interpellent : " Vous, comment traduiriez-vous ceci ou cela ?" Parfois j’ai la réponse toute prête, mais parfois non. Ce qui me pousse donc à trouver la traduction adéquate. Ce n’est pas évident du tout. Il m’est même arrivé d’échouer.

MBA : Et le “spin” alors ?

Colette Allouch : Une manipulation.

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