News: ISRAËL BRESIL – Polémique au Brésil autour de l’acquisition de drones israéliens. La coopération sécuritaire avec Israël agite la classe politique brésilienne, notamment le parti des travailleurs du président Lula.

Jan 201006

Par Maxime Perez
Rubrique: Coopération
Publié le 6 janvier 2010

Drone Héron La coopération sécuritaire avec Israël agite la classe politique brésilienne, notamment le parti des travailleurs du président Lula. La polémique a éclaté mardi après l’utilisation par la police fédérale, pour la première fois, de drones de fabrication israélienne lors d’une opération de surveillance. Valter Pomar, le secrétaire aux relations internationales du parti des travailleurs a immédiatement dénoncé « l’importation de l’oppression israélienne ».

Plus virulent, Maurizio Campos, responsable du réseau social des communautés contre la violence, une organisation qui milite pour la défense des quartiers défavorisés au Brésil, appelle à la mobilisation. «L’acquisition d’équipements en provenance d’Israël, un pays ultra-militarisé, est devenu systématique. Nous avons convoqué une Assemblée générale pour ce jeudi et nous comptons fermement protester ».

Rencontre Peres-Lula à Rio (novembre 2009) La vente de drones israéliens au Brésil avait été conclue en novembre dernier, lors de la visite du Président Shimon Peres à Rio. L’accord, estimé à 350 millions de dollars, était intervenu quelques semaines après qu’un gang de la favela avait abattu un hélicoptère de la police à l’aide d’un lance-roquettes.

La semaine dernière, la presse brésilienne révélait que la police avait également manifesté son intérêt pour l’achat de six mini-drones Skylark, fabriqué par le groupe Elbit. Cet engin, miniaturisé et portatif, est actuellement en service dans les unités d’infanterie israéliennes et utilisé en Irak par les forces armées australiennes.

La présence israélienne au Brésil
Elbit est jusqu’ici l’entreprise israélienne d’armements la mieux implantée au Brésil. En dix ans d’activités, elle totalise 750 millions de dollars de contrats locaux. La firme gère actuellement quatre projets qui nécessitent l’emploi de plusieurs centaines d’ingénieurs brésiliens dont certains ont été préalablement formés en Israël.

De son côté, l’IAI a intensifié depuis un an ses activités au Brésil. Il y a six mois, le leader de l’aéronautique israélien a établi une « joint venture » avec Synergy Group, propriété de l’homme d’affaires brésilo-colombien German Efromovitch.

La collaboration entre les deux géants porte sur le développement d’avions sans pilote, de radars et de systèmes anti-missiles. Dernièrement, c’est l’IAI qui a fourni à la police brésilienne des drones « Heron » pour la lutte anti-drogue et la surveillance des ressources naturelles du pays.

Enfin, le groupe Rafael serait sur le point d’acquérir l’une des plus prestigieuses industries de défense brésilienne. Le montant du rachat s’élèverait à 50 millions de dollars et constitue un préambule à d’autres acquisitions similaires dans un futur proche. Interrogés sur ce dossier, des responsables de Rafael ont confirmé vouloir élargir les opérations de leur groupe au Brésil.—

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