News: ISRAËL ÉCONOMIE – L'AVENIR DES RETRAITES EN ISRAËL PRÉOCCUPE LES SYNDICATS: un vif débat a opposé hier soir le Premier ministre, le ministre des Finances et le chef de la Histadrout.
Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: Economie
Publié le 2 décembre 2009
La situation des retraites préoccupe les Israéliens et les débats sur les réformes à entreprendre sont souvent vifs. C’est ce sujet qui a réuni hier, sur une même scène, les trois hommes clés de l’économie israélienne : Benyamin Netanyahou, le Premier ministre et ministre de la Stratégie économique, Youval Steinitz, le ministre des Finances, et Ofer Eini, le secrétaire général de la centrale syndicale, la Histadrout.
La rencontre entre les trois dirigeants s’est déroulée hier soir à Tel Aviv, dans le cadre de la conférence annuelle organisée par le quotidien de l’économie Calcalist et qui était consacrée à l’épargne retraite.
Le système israélien de retraites a connu une profonde réforme en 2005. Pour affaiblir l’influence des banques dans l’économie du pays et favoriser la concurrence, les banques commerciales se sont vues interdire de proposer à leurs clients des plans d’épargne retraite. La gestion des fonds de retraite et épargne mutuelle a été transférée à des fonds d’investissement et compagnies d’assurance privées. Or, toutes les enquêtes montrent que cette réforme a coûté cher à l’assuré: les frais de gestion ont fait un bond de près de 70%, amputant d’autant le montant des retraites.
Pour le secrétaire général de la Histadrout, Ofer Eini, le gouvernement n’exerce pas convenablement son rôle de contrôleur des marchés financiers: selon lui, ce « laisser-faire » a conduit les épargnants et retraités à perdre une partie de leurs économies lors de la dernière crise financière internationale. Sans compter l’augmentation incontrôlée des frais de gestion prélevés sur les portefeuilles financiers.
Hier soir, Ofer Eini a menacé de rompre le calme social qui règne depuis deux ans. Il envisage de reprendre la lutte syndicale dès le 1er janvier 2010 si, d’ici là, le gouvernement israélien n’annonce pas des mesures pour protéger l’épargne à long terme des Israéliens.
Coïncidence des dates : le ministère des Finances a annoncé hier son intention de présenter à la Knesset un projet de loi obligeant les travailleurs indépendants à souscrire à une épargne retraite. Aujourd’hui, seuls les salariés israéliens doivent cotiser à un fonds privé de retraite. Les indépendants et professions libérales n’ont pas d’obligation de cotiser à une retraite complémentaire, et ils doivent souvent se contenter du minimum vieillesse fourni par la Sécurité sociale israélienne.—
Jacques Bendelac (Jérusalem)






