News: ISRAËL FINANCES – LE « MADOFFISME » FAIT DES ÉMULES EN ISRAËL: des financiers peu scrupuleux recrutent leurs victimes chez les ultraorthodoxes

Oct 200926

Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: Banque & finance
Publié le 26 octobre 2009

Les agents du fisc ont perquisitionné hier au siège du club de basketball du Maccabi Tel-Aviv pour vérifier les rumeurs de malversations financières. A l’origine de cette enquête fiscale hors du commun: le suicide de Moni Fanan, une des personnalités marquantes du basketball israélien.

Ce drame a révélé au grand jour que le « madoffisme » n’est pas seulement une pratique américaine. Comme Bernard Madoff au Etats-Unis, des personnalités charismatiques ont créé en Israël de véritables « banques privées » qui leur ont permis de s’enrichir sur le dos des déposants. Jusqu’à ce que le château de cartes qu’ils ont bâti s’écroule avec fracas.

En Israël, les cibles de ces banquiers privés sont très diverses: le monde du sport, la communauté orthodoxe des Harédim ou les militaires de carrière; même les indemnités reçues par les Israéliens ex-habitants de la bande de Gaza y sont passées. Les plus grands financiers amateurs ont pour nom: Moni Fanan, Asher Spernovitz et Charles-Ouriel Amar. Trois portraits de gestionnaires peu scrupuleux.

Une banque grise chez les Talmudistes
Plusieurs banques « grises », c’est-à-dire à la limite de la légalité, ont été découvertes en Israël ces dernières années et démantelées par la police. Le cas du fonds d’investissement Homesh Ashkaot Bealya fonctionnant dans le milieu ultraorthodoxe, est le plus récent. Fondé il y six ans par Asher Spernovitz, un Juif orthodoxe qui se fait passer pour un « génie de la finance », le fonds promettait 6% de profit par mois à ces victimes innocentes qui lui confiaient leurs économies.

S’appuyant sur sa propre notoriété et sur un bouche-à-oreille savamment entretenu, Asher Spernovitz a amassé de façon continue d’immenses quantités d’argent. Il y a quelque semaines, sa « banque » est en cessation de paiements: l’escroquerie se chiffrerait à 30 millions de dollars, mais beaucoup de ses clients ont choisi de ne pas porter plainte. Parmi ses victimes: des membres de la communauté ultraorthodoxe Hassidout Gour, de Bnei-Brack, qui ont confié la gestion de leur portefeuille financier au « Madoff harédi ».

Toutes ces escroqueries financières ont un même point commun: l’attrait de l’argent facile. En Israël comme ailleurs, les apporteurs de capitaux espèrent recevoir de gros intérêts en pensant limiter les risques. Et il y aura toujours des financiers peu scrupuleux pour exploiter la naïveté d’individus fortunés en mal de placements attractifs.—

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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