News: ISRAËL EN GUERRE – ÉLECTIONS: malgré l'offensive militaire à Gaza, la campagne électorale se poursuit sur le Web et ses réseaux sociaux: YouTube, Facebook, Twitter, etc...
Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: Actualité
Publié le 12 janvier 2009
L’interruption de la campagne électorale pour cause de guerre donne un regain d’importance aux technologies virtuelles qui permettent aux candidats israéliens de faire entendre leur voix.
Objectif: devenir le candidat des réseaux sociaux sur Internet. Ce qui va renforcer la volonté de Netanyahou, Livni et Barak d’imiter Obama…
En Israël comme aux Etats-Unis il y a quelques mois, la question n’est plus de savoir si les médias vont faire l’élection du prochain Premier Ministre; aujourd’hui, les directeurs de campagne se demandent quelles sont les technologies qui pourraient le mieux favoriser la victoire d’un candidat ou d’un parti aux législatives israéliennes.
Le développement spectaculaire des réseaux sociaux sur le Web israélien va permettre aux candidats de toucher un nombre plus important d’électeurs potentiels: Facebook, Youtube, sites Internet ou blogs participatifs, toutes les technologies virtuelles sont bonnes pour accroître l’audience et la notoriété des candidats aux législatives.
L’importance que les partis israéliens accordent aux réseaux sociaux peut se mesurer par les budgets qu’ils y consacrent. Parmi les trois principaux partis, c’est le Likoud qui prend la tête avec un budget de 10 millions de shekels pour sa campagne sur Internet. Kadima est en seconde position avec un budget Internet de 5 millions de shekels, suivi du Parti travailliste avec 4 millions de shekels.
Le candidat qui croit le plus au rôle des réseaux sociaux est Benyamin Netanyahou. Et tous les moyens technologiques sont bons: le candidat Netanyahou a décidé de ne négliger aucun réseau. A un mois des élections, il revendique 1.770 amis sur Facebook, 435 correspondants sur la messagerie instantanée Twitter, 88 vidéos sur YouTube. Ses photos et discours apparaissent aussi sur des réseaux moins connus comme Snooz, FlikNr et LinkedIn. Un groupe de supporters américains a même créé un blog “Bibi Report” qui reprend les principaux slogans de la campagne de Netanyahou; bien qu’il se présente comme un site “privé”, le blog “Bibi Report” est pourtant annoncé sur le site officiel du Likoud.
Chez Kadima aussi, on croit aux vertus des réseaux sociaux. La candidate Tsipi Livni a inauguré un site personnel où l’électeur peut suivre ses discours et déplacements, photos et vidéos à l’appui. Sur son Facebook personnel, Livni a réussi à attirer 3.080 supporters. Du reste, il semble que Livni croit fortement aux séquences filmées et diffusées sur YouTube. Des centaines de vidéos ont déjà été visionnées par des milliers de surfeurs. Et il y a même un best-seller: à l’instar des “Obama Girls”, la campagne électorale israélienne a ses “Livni Boys”, un vidéo clip qui a été visionné 15.000 fois!
Au Parti travailliste (Avoda), l’usage d’Internet reste encore modeste, mais un staff de 30 experts en Web se consacre activement à rattraper son retard. Pour l’instant, le candidat Barak n’a “que” 406 amis sur Facebook et 42 vidéos sur YouTube, mais le parti promet qu’il ne s’agit que d’un début. Par contre, Ehoud Barak est le seul des trois principaux candidats à avoir un blog sur le réseau social “TheMarker Café”, qui se présente comme le “networking” de ceux qui savent joindre le “business” au “pleasure”. D’ailleurs, c’est sur Internet que les Travaillistes préfèrent mener leur campagne électorale: les bannières publicitaires d’Avoda ont déjà été cliquées plus de 200.000 fois!
Pour ne pas rester à la traîne, les médias traditionnels israéliens essayent aussi de prendre part à l’influence du Web sur les électeurs potentiels. Il y a quelques semaines, la Chaîne 2 de la TV israélienne a signé avec YouTube un accord de coopération sur la Toile: ils ont lancé ensemble un site Internet sur lequel les électeurs posent des questions aux candidats en se filmant directement depuis chez eux. Un accord identique avait été signé aux Etats-Unis entre Youtube et la CNN durant les dernières élections présidentielles.
Qu’il s’agisse des réseaux sociaux ou des networks plus traditionnels, une chose est sûre: les technologies de l’Internet constitueront un support décisif dans les prochaines élections législatives israéliennes.—
Jacques Bendelac (Jérusalem)


