News: ÉCONOMIE ISRAËL – SPÉCIAL : 2009 SERA UNE "ANNÉE PERDUE" POUR L'ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE; LA RÉCESSION SERA ÉVITÉE DE JUSTESSE.

Jan 200905

Par Jacques Bendelac à Jérusalem
Rubrique: Actualité
Publié le 5 janvier 2009


CONFLIT MILITAIRE, CRISE FINANCIÈRE, RÉCESSION MONDIALE, ÉLECTIONS LÉGISLATIVES: tous les baromètres montrent que 2009 sera une année perdue pour l’économie israélienne.

Certes, le bilan économique de l’année 2008 est globalement positif puisque les différents facteurs de crise ne se sont déclenchés qu’au dernier trimestre. Selon les dernières estimations de l’Institut de la Statistique qui viennent d’être publiées à Jérusalem, le PIB israélien a progressé de 4,1% sur l’ensemble de 2008, soit bien plus que dans la majorité des pays développés.

Par contre, la croissance n’a pas été uniforme tout au long de l’année: le PIB n’a progressé que de 1,8% au second semestre 2008, contre 4,9% au premier. Et pour cause: les trois principaux moteurs de la croissance se sont éteints à la fin 2008; les exportations, la consommation privée et l’investissement ont freiné leur progression et ont amorcé un net recul.

Frappées par le ralentissement de la demande mondiale et par le resserrement du crédit, beaucoup d’entreprises israéliennes ont commencé à ralentir leur production et parfois même à supprimer des emplois. Certes, la baisse des prix enregistrée à la fin 2008 est une bonne nouvelle pour le consommateur, mais la spirale déflationniste pourrait entraîner une nouvelle baisse de la production.

Si la récession sera évitée de justesse en 2009, les prévisions ne sont pas très encourageantes. Au mieux, le PIB progressera d’un petit 2%, soit un minuscule taux de croissance par habitant. Autrement dit, 2009 sera une année “perdue” pour l’économie israélienne. Tout comme l’avaient été les années 2001-2003 de l’après-Intifada.

Quant à l’actuel conflit militaire dans la bande de Gaza, son coût global devrait tourner autour de 1% du PIB, ce qui semble relativement modeste. Et comme souvent dans les situations d’après-guerre, la réparation des dégâts permettra à l’économie israélienne de rebondir et de récupérer la production perdue pendant le conflit.

Qu’est-ce qui va donc changer en 2009 ? Pas grand-chose. Les retombées de la crise mondiale vont encore se faire sentir sur l’économie israélienne, en tous cas durant le premier semestre de l’année. Et ce n’est pas la paralysie politique (jusqu’aux élections législatives du 10 février 2009) qui va pas contribuer à la relance de l’activité économique.

En outre, l’économie israélienne aborde 2009 sans budget! Certes, en l’absence de budget pour 2009, c’est celui de 2008 qui va être appliqué cette année aussi. Autrement dit, le gouvernement israélien pourra dépenser chaque mois un douzième du budget de 2008. Aucune nouvelle dépense ne pourra être engagée, aucun nouveau projet ne pourra être lancé; c’est tout juste si les dépenses liées à l’offensive de Gaza pourront être couvertes par des acrobaties budgétaires.

L’économie israélienne n’est pas encore tombée dans la récession mais elle tourne au ralenti. Le nouveau gouvernement qui se mettra en place le mois prochain devra très vite agir pour limiter les dégâts de la crise mondiale, freiner les destructions d’emplois et récupérer les pertes économiques engendrées par les opérations militaires dans la région de Gaza.

Dans tous les cas, il semble d’ores et déjà que 2009 sera une année “pour rien”, que les économistes préféreront oublier…—

Jacques Bendelac à Jérusalem

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