News: ISRAËL ETATS-UNIS - CRISE FINANCIERE AUX USA - Le Congrès a fermé ses portes jusqu'à mercredi pour fêter le Nouvel An juif...
Par IsraelValley Desk et DR
Rubrique: Bourse
Publié le 30 septembre 2008
En Israël, pas de bourse en raison des fêtes juives. La crise ne se fait donc pas encore sentir. Dans deux jours les Israéliens verront donc plus clair.
Revue de presse – Le Point.fr: " La campagne présidentielle américaine a été totalement submergée lundi par l’accélération d’une crise financière dont la gravité est en passe de rendre anecdotique la campagne des deux candidats, John McCain et Barack Obama. Ceux-ci ne peuvent qu’assister impuissants et marginalisés à la catastrophe en cours.
L’un et l’autre avaient pris position en faveur du plan de sauvetage de Wall Street d’un montant de 700 milliards de dollars négocié en fin de semaine dernière par le secrétaire au Trésor Henry Paulson et les dirigeants démocrates et républicains du Congrès. L’un et l’autre avaient aussi pressé les membres de leur parti à entériner ce plan le plus vite possible, soulignant la gravité de la menace qui pèse sur l’économie américaine et mondiale. Ils avaient fait état de leur optimisme sur l’issue du vote. La campagne Obama avait même distribué lundi matin des communiqués tenant pour acquis l’adoption du plan, et cherchant à s’en attribuer pour une part le mérite. Efficacité de leurs interventions : nulle…
En milieu de journée, la Chambre des représentants, à l’issue d’une séance dramatique qui restera dans les annales de la démocratie américaine, a rejeté par 228 voix contre 205 le plan qui avait été présenté comme celui de la dernière chance d’éviter un krach boursier, la récession et le spectre d’une nouvelle Dépression. Puis, les élus du peuple américain sont partis en vacances. La maison Amérique brûle, mais le Congrès a fermé ses portes jusqu’à mercredi pour fêter le Nouvel An juif…
Le secrétaire au Trésor Paulson, véritable chef de l’État par intérim
La bombe à retardement qu’ils ont laissée derrière eux a aussitôt explosé. Le New York Stock Exchange a dégringolé, subissant la plus forte chute sur une seule journée de son histoire : – 777 points, soit – 7 %, pire qu’au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. 1.100 milliards de dollars ont été effacés des comptes en quelques heures. Les Américains paniqués se sont aperçus qu’ils venaient de perdre chacun en un jour 600 dollars pour 10.000 dollars qu’ils ont investis en Bourse. Et ce n’est qu’un début, prédisent les experts qui se succèdent sur les écrans de chaînes d’information continue. Or, 62 % des Américains ont des fonds de retraite (les 401 k) investis en Bourse, et 75 % sont directement ou indirectement concernés par l’évolution des cours à Wall Street.
Ils ont appris en même temps qu’après WaMu (mise en faillite, saisie, et soldée à la banque JP Morgan/Chase), une autre grande banque nationale, Wachovia, venait de sombrer et d’être reprise (ainsi que ses 42 milliards de pertes) par Citigroup, géant qu’on dit lui-même en petite santé financière, mais qui a bénéficié d’un coup de main du gouvernement fédéral. Treize grandes banques ont déjà fait faillite ces derniers mois, mais le département du Trésor aurait recensé plus d’une centaine d’autres qui vacillent au bord de l’abîme, et plusieurs centaines d’autres qui vont mal.
En campagne à Denver dans le Colorado, Barack Obama a appelé à “garder son sang-froid”, et a demandé à ses collègues du Congrès de “faire leur boulot”. John McCain a répété de son côté depuis Des Moines dans l’Iowa qu’"il est vital pour tous les Américains que la crise du crédit soit résolue". Paulson et les dirigeants du Congrès ont déclaré être prêts à reprendre le dossier pour tenter de modifier le plan. Mais démonstration a été faite que l’influence des deux candidats sur les parlementaires est presque aussi limitée que celle du président Bush, dont l’autorité a été ouvertement bafouée par son propre parti. D’ailleurs, il paraît de plus en plus fantomatique, le secrétaire au Trésor Paulson faisant figure de véritable chef de l’État par intérim.
John McCain a été lui aussi particulièrement décrédibilisé par le coup de Jarnac du Congrès. Il avait suspendu sa campagne et menacé d’annuler son débat avec Obama pour se rendre à Washington, escomptant apparaître comme un des acteurs du compromis bipartisan et le chef d’un parti républicain responsable et pragmatique qui, au nom de l’intérêt supérieur de la patrie, accepte des mesures allant à l’encontre de son dogme idéologique. En réalité, il a été incapable de convaincre les parlementaires républicains d’agir de manière responsable et courageuse.
McCain et Obama tentent de s’exonérer de toute responsabilité dans le désastre
La clé du vote des représentants tient en effet à un seul mot : la peur de perdre leur siège. Les adversaires du plan Paulson se sont bien sûr abrités derrière des justifications idéologiques. Les 95 démocrates qui ont voté non ont fustigé le plan comme n’étant qu’un cadeau fait aux riches. Les 133 républicains ont, au contraire, dénoncé le plan Paulson comme un viol de l’idéologie libérale, une forme d’assistance sociale aux financiers ou, comme le représentant du Michigan Thad McCotter l’a expliqué, une étatisation comparable à “la révolution bolchevique de 1917”.
Mais en réalité, la ligne de partage est tout autre. Ont voté pour le plan les élus qui ne craignent pas d’être battus le 4 novembre à l’occasion des législatives qui auront lieu en même temps que la présidentielle. Ont voté contre ceux qui sont en difficulté et redoutent de payer dans les urnes un soutien à un plan très impopulaire dans l’opinion. Celle-ci ne comprend pas que les contribuables déboursent 700 milliards pour acheter aux banquiers de Wall Street leurs créances pourries, alors que les simples citoyens de Main Street sont invités à ne pas compter sur l’assistance de l’État. Cette contradiction est évidemment encore plus gênante pour des élus républicains qui ont fait carrière en prêchant l’infaillibité du dogme libéral.
Lundi soir, chacun en était réduit à échafauder des hypothèses pour la suite. Les plus optimistes misent sur l’aggravation rapide de la crise, et l’écroulement de la Bourse d’ici le retour des parlementaires mercredi. L’ampleur de la catastrophe, disent-ils, pourrait faire suffisamment peur aux électeurs pour que ces derniers virent de bord et fassent pression sur leurs élus pour qu’ils votent le plan de sauvetage avant qu’il ne soit vraiment trop tard. Un début de panique bancaire pourrait également ramener à la raison les opposants au plan.
En attendant, McCain et Obama, qui ne semblent pas avoir grand-chose à proposer, manoeuvrent pour s’exonérer de toute responsabilité dans le désastre. Le démocrate met en cause, avec quelque raison, la “cupidité et l’irresponsabilité” entretenue par l’idéologie libérale de Bush et des républicains, tandis que le républicain accuse de manière un peu forcée les démocrates de faire preuve d’"esprit partisan" quand ils accusent leurs adversaires d’être responsables du sinistre au lieu de chercher la sortie de secours".—
Source: Le Point.fr (Copyrights)






